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I love le Beurre !

La cuisine au beurre

Stop aux idées reçues : la cuisine au beurre est une cuisine du cœur

Je pense pouvoir affirmer que nous avons toutes un jour vu nos mères hurler sur nos grands-mères les voyant jeter la moitié d’une plaquette de beurre dans la poêle pour faire cuire deux escalopes. Simple conflit générationnel et esprit de contradiction, ou influence grandissante de la cuisine moderne  au détriment de la tradition?

Belle et Rebelle toujours à contre courant, prend aujourd’hui la défense d’un mets décrié, bien souvent  victime d’idées reçues : le beurre. Lire la suite →

La cuisine des rêves

La cuisine des rêves

Avez-vous remarqué ce phénomène tout à fait fascinant qui s’opère en ce moment sur nos écrans de télé, oui, mais avec une accélération assez effrayante dernièrement ? On n’y parle plus le français, on y parle la bouffe-langue !

On va partir sur un pot-au-feu revisité, ensuite je vais envoyer un plat qui revendique sa gourmandise, qui assume l’appétit.

Ça ne vous dit rien ? Vous avez bien de la chance, car pour nous autres, non favorisées par le destin, tout autour de nous part sur…réinterprète « à ma façon »…construit des plats qui revendique…Le langage a mué pour devenir une sorte de sabir ourlé d’emporte pièces langagiers, de tics verbaux, tout ça pour évacuer une logorrhée moulée à la louche. On monte la langue en brochette pour mieux la dévorer. Qui n’a pas eu une crise d’urticaire ou faillir s’étouffer de rage un soir au resto devant son binôme qui sort au serveur qu’il va « partir sur un hareng pomme à l’huile en entrée », et qu’ensuite, il « va partir sur l’andouillette-frites et sa sauce moutarde à l’ancienne » ? Qui ???

« Va te faire cuire un œuf ! » ; oui mais un œuf revisité alors !

Car la contagion est inéluctable, l’épidemie, fatale. Au bureau, on vous demande de partir sur un travail, on trouve que vos dossiers ne font pas assez le choix de la radicalité, de la pureté ou que sais-je encore.

« Ce soir, les enfants, on va partir sur des coquillettes en beurre fondu et rapance de fromage d’alpage accompagnées de leurs roulés jambonné » (-> coquillettes/beurre/râpé/jambon) « J’espère que ce plat portera ses promesses, assumera sa gourmandise et soutiendra le parti pris du produit authentique ».

Car non, on ne cuisine pas, on prend parti. On va vers un produit que l’on travaille (NOOOON malheureuse! on ne jette pas les courgettes dans la sauteuse : on travaille, on sublime, on magnétise le légume !)

Non, on ne fait plus popote (quelle vulgarité !) on élabore des mets qui revendiquent des choix, qui assument un avis, des plats qui soutiennent des thèses. On ne mange plus, on comprend, dans une sorte de symbiose parfaite entre vous, le commis et le cuistot : on accepte une théorie proposée non plus par un vulgaire cuisinier, mais par un doctorant du piano de cuisson, un conférencier des casseroles, un thésard des fourneaux mieux un théoricien du goût.

Vous avez bien de la place pour le dessert ?

Et si la cuisine de la télé c’était de l’idéologie finalement ? Parce que quand on prétend revisiter la blanquette de veau, quand on soutient qu’on réinvente le pot-au-feu, qu’est ce qu’on reproche à ces plats ? Leur manque d’exotisme ? Leur conformité ? Soit. Pourquoi pas. Il est tout à fait compréhensible de vouloir un peu de piment dans son assiette.  Alors pourquoi ne pas manger des plats thaï, japonais ou sénégalais ? Plutôt que de réinterpréter. Si l’on fait la blanquette de la même façon depuis des décades, il y a sans doute une raison. Non, dans la cuisine de la télé, il faut désidentariser la nourriture ; il faut qu’on ne puisse plus savoir si le plat a une histoire, un lieu de naissance, des ancêtres. Un plat, selon la télé, c’est forcément une belle rencontre, une hybridation de saveurs, un croisement de cultures. La cuisine est panache. La cuisine est méli-mélo. Il ne faut surtout pas qu’un plat soit suspecté de cohérence identitaire. Si vous voulez mon avis, cette fascination pour la bouffe à travers la multiplication d’émissions consacrées à la télévision est bien le symptôme de quelque chose de plus grave : les gens mangent pour se sentir vivant. Et devant la télé.

Louise Demory