Belle et Rebelle a lu MERCI POUR CE MOMENT !

Merci pour ce moment

« Autrefois, on se vantait des prouesses de ses ancêtres, pas de leurs humiliations. » Romaric Sangars

On en parle, on en parle, mais il y a quoi dans ce livre ? Pour vous évitez de perdre votre temps et votre argent, Belle et Rebelle a décidé de se sacrifier pour vous en faire un petit compte-rendu.

Un ramassis de lamentations et de pleurnicheries

Pour faire court, le livre est un résumé de la relation de Valérie Trierweiler et de François Hollande. Dans le désordre, se succèdent des anecdotes de leur vie commune depuis le début de leur histoire à la présidence de la République.

Ce qui m’a frappée, c’est l’absence de combativité qui ressort du livre.  Ce livre est un cri de faiblesse, un désir de se raconter comme une victime. Si le livre a sûrement des vertus thérapeutiques, il ne lui rachète pas une dignité.

En lisant ce genre de pages, je deviens féministe : non, nous ne devons pas tout accepter des hommes, si amoureuses que nous soyons. Nous méritons toutes une vraie relation et devons refuser la soumission.

Valérie semble déçue de ne pas avoir eu une relation « normale ». Bien sûr que les fonctions de Président et de Première Dame sont des fonctions « anormales » ! (c’est à dire qui sortent de la « norme ».) Cela ne veut pas dire au-dessus de la norme, mais en dehors d’elle. Toutes les personnes que j’admire et qui m‘inspire sortent à leur façon de la norme. C’est pour cette raison, qu’elles sont une source d’inspiration.

A fonction anormale, vie anormale, c’est ce qu’elle n’a jamais compris. Certaines fonctions demandent des sacrifices ! Et la force, la dignité et la combativité ne sont en aucun cas l’apanage des hommes.

La populace au pouvoir

 L’homme de bien, l’honnête homme est bien éloigné de l’idéal de ceux qui nous gouvernent. Ils ne possèdent aucune des trois vertus qu’Aristote jugeait nécessaire à l’homme politique à savoir : la prudence, la tempérance et le courage. Ils sont imprudents, intempérants et lâches.

 Ils sont seulement soumis à leurs affects. Racontant l’affaire du tweet, Valérie Trierweiler écrit : « ma colère occulte ma raison ». Pour régler ces différents après qu’un journaliste ait retourné sa veste, elle utilise le moyen de transmission le plus efficace en terme de communication et de franchise : le TEXTO : « Je lui dis ce que je pense par SMS ». Et elle ose se demander après l’élection du Président pourquoi les gens s’étonnent de la voir continuer à travailler : « Pourquoi aurais-je dû être la seule femme en France qui n’ait pas le droit de travailler ? » Mmmm… peut-être parce que tu es juste la compagne du Président de la République ?

Rappelons, juste pour rire, que François Hollande a allègrement trompée Ségolène Royale avec Valérie Trierweiler, qu’elle-même a allègrement trompé son mari « j’ai avoué à mon mari que j’ai rencontré quelqu’un » alors en terme de personne loyale et sincère, peut mieux faire. On ne reçoit que ce qu’on mérite.

Ce que ce livre dit sur le mariage 

Aucun média n’a voulu interpréter l’ouvrage et le scandale sous cet angle, mais en fait, ce livre en dit long sur le mariage !!

 Tous les problèmes de Valérie Trierweiler ont commencé depuis qu’elle ne s’est pas mariée. Cette femme n’avait pas de statut, elle n’était rien. Non seulement, François Hollande n’a rien fait pour y remédier (alors que Nicolas Sarkozy avait quand même fait l’effort d’épouser Carla Bruni) et au lieu, de s’effacer totalement de la scène médiatique, elle a voulu y jouer un rôle.

 Zoom sur quelques passages où elle parle de ce sentiment d’illégitimité :

« Nous avons parlé plusieurs fois de ce sentiment d’illégitimité. Il ne voyait pas le problème puisque que nous vivions ensemble et nous nous aimions. » Tout est dit : la différence entre le mariage et le concubinage, c’est que les mariés ont un projet et un désir d’avenir commun. Une copine, on en change, on se trompe et on recommence. Une « girlfriend » ne remplacera jamais une épouse.

La fonction présidentielle est encore soumise à une image traditionnelle du couple et à une certaine répartition des tâches. Aux hommes, l’international, l’économie, le travail, aux femmes, l’humanitaire. Elle est un bastion où les féministes ne sont pas encore parvenues. Que possède de plus un Président marié par rapport à un Président célibataire ? Une stabilité affective qui le rend d’autant plus disposé à s’occuper des affaires d’Etat plutôt que de sa vie sentimentale.

Valérie Trierweiler est une victime de son temps. Elle a cru à tous les mensonges populaires. Elle a cru à la femme libérée, celle qui veut tout et qui n’a rien. Elle a cru que les réseaux sociaux étaient un moyen de communication, et elle pensait que les personnes au pouvoir pouvaient avoir une vie normale.

Diane Prullé-Rousseau

Source : Merci pour ce moment, Editions les Arènes

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