Emma Watson, belle et rebelle ?

Emma Watson

Célèbre pour son rôle d’Hermione Granger dans Harry Potter, Emma Watson a grandi avec ma génération. Nous l’avions connue actrice, mannequin, mais depuis Juillet 2014, elle est devenue ambassadrice de bonne volonté pour l’ONU Femmes. Revenons sur un discours qui éclaire bien l’idéologie de notre siècle…

L’ONU libère la femme !

Précisions que l’ONU Femmes est une entité des Nations Unies pour « l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. » Cette organisation regroupe quasiment tous les pays de la planète. La question est donc de savoir si le discours prononcé par Emma Watson s’adresse aux femmes du monde entier ? La réponse est non, trois fois non ! Les premières cibles de l’ONU sont des femmes indiennes, chinoises, rwandaises… mais en aucun cas les femmes occidentales, puisque nous sommes à la fois les modèles et les porte-paroles. C’est le féminisme égalitariste et universaliste qui est le fil rouge du discours d’Emma. Ce féminisme nie les différences biologiques entre les hommes et les femmes, mais aussi les particularités culturelles en cherchant à imposer notre modèle de femme libérée au monde entier.

C’est bien le travers d’une organisation comme l’ONU qui passe son temps à essayer d’universaliser chaque problème, comme si nous affrontions les mêmes enjeux partout dans le monde. Les défis de la femme occidentale ne sont pas ceux de la femme asiatique, africaine ou sud-américaine. Le féminisme peut, lui aussi, être identitaire !

Les hommes avec nous !

« Je veux que les hommes se saisissent de ce combat ! » Emma exhorte les hommes à rentrer dans la danse. En effet, merci Emma, le rôle de la femme dans la société ne peut être compris sans prendre en compte le rôle des hommes, et vice versa. Mais ce qui est plus inquiétant, c’est de se rendre compte à quel point la théorie du genre est aujourd’hui chose commune dans les bureaux et les conférences de l’ONU : les hommes sont eux aussi victimes de la théorie du genre et soumis aux attentes de la société à leur égard. « On ne parle pas souvent des hommes enfermés dans les stéréotypes de genre, mais je vois qu’ils le sont ! Et quand ils s’en seront libérés, les choses changeront pour les femmes comme une conséquence naturelle. Si les hommes ne doivent pas être agressifs pour s’imposer, les femmes n’auront pas besoin de se soumettre. Si les hommes ne doivent pas contrôler, alors les femmes n’auront pas besoin d’être contrôlées ».

Le féminisme est mort, vive les femmes !

Notre chère Emma a bien remarqué que le féministe était pourtant a bout de souffle. Le terme de féministe est devenu impopulaire. « Plus je parlais de féminisme, plus je me rendais compte que se battre pour les droits de la femme étaient trop souvent associé à la haine des hommes. » Voilà au moins un pas qui est franchi, les hommes sont avec nous et non contre nous ! Ce que cela veut surtout dire pour nous, c’est qu’il y a de place pour un nouveau féminisme. Un féminisme qui ne serait pas une guerre contre les hommes, ni une lutte pour l’indifférenciation des sexes. Le féminisme des années 70 est arrivé au bout de son cycle sans parvenir à se renouveler.

Emma est encore un peu trop conformiste à notre goût, pas encore Belle & Rebelle… Si elle tient absolument à se dire féministe, nous pouvons toujours lui rétorquer, que ce n’est pas de féministes dont nous avons besoin, mais bien de femmes ! Et des vraies !

Féminines et non féministes !

Diane Prullé-Rousseau

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