Plaidoyer pour un nouvel homme éthique et moral

Paidoyer pour un nouvel homme

Continuer d’aimer la vie tout en méprisant ce monde, c’est la douleur infinie des âmes qui se sont voulues elles-mêmes.

Il ne fait nul doute aujourd’hui que la désintégration de l’homme arrive à son apogée. Nous nous accordons désormais unanimement sur le fait que la situation semble condamnée, que le point de non-retour pour l’homme des temps modernes est atteint. Nous vivons vraisemblablement l’une des dernières phases de la dégénérescence humaine : celle où il n’y aurait plus d’espoir. L’homme n’est plus un malade mais devient un véritable mourant. Tout ce que l’éthique ou la morale avaient lentement dompté est parti en lambeaux depuis déjà longtemps et n’a épargné ni la personne, ni la famille, ni la patrie, ni les aspirations les plus hautes. La raison humaine libre, indépendante, autonome et capable par ses seules forces de reconstruire un monde nouveau se dissipe au profit d’un esprit conformiste violentant la nature et forçant le Destin. Tous les instincts mis en action se sont inéluctablement usés à la tâche. Dorénavant, plus rien ne supporte l’homme qu’un faible instinct, impuissant à porter le poids dont il est chargé.  

Mais on ne va jusqu’à l’espérance qu’à travers la vérité, au prix de grands efforts. Pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir.

S’il périt et doit périr, gardons à l’esprit que l’homme éternel ne meurt pas et ne peut pas mourir. Aussi longtemps que la mort terrestre n’aura pas eu lieu et tant que subsistera l’Homme, la résurrection sera possible : les lois de l’être sont invincibles. On ne change point la nature humaine ; l’étincelle transcendante qui luit en elle ne peut pas être étouffée car ce qui est, est. Un type d’homme meurt et c’est un homme nouveau qui naîtra si nous le souhaitons. Pour que l’homme vertueux ressuscite, il faut un effort qui ne dépend que de nous. Il faut que l’homme s’applique à revivre et à réincarner sa nature concrète d’homme, esprit et vie étroitement unis, raison et volonté plongés dans de nobles et impérieuses nécessités. Tout est donc à refaire. Il est véritablement urgent de renouer avec les principes les plus éprouvés (le sentiment de fidélité clanique, la pudeur, la loyauté, l’honneur, la charité, l’obéissance, la vénération des êtres qui nous dépassent et de la patrie, la spiritualité de l’âme et la distinction entre le juste et le mauvais, …).

Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux.

De même, c’est par l’accomplissement des plus simples mais sincères vertus qu’il faudra recommencer. Parmi celles-ci, il n’en est aucune qui soit plus profonde et qui touche plus au fondement ontologique de l’être que l’affirmation de soi-même. Il ne s’agit pas ici d’une prise de conscience, ni moins encore d’un étalage vaniteux de soi-même, ni d’une sincérité presque toujours suspecte.

Le moi doit se vivre dans l’œuvre et dans les actes.  

La connaissance de soi reste le privilège de ceux qui parcourent les chemins. Il est nécessaire d’appliquer une spontanéité qui rejette délibérément le camouflage, le masque, la duperie, le mensonge intérieur. D’autre part, la reconnaissance de ce que l’on est réellement, c’est-à-dire de l’humilité, le jaugeage exact de notre personne, se doit impérativement d’être mis en exergue. Le monde moderne considère l’humilité comme une faiblesse, une défaillance de la vie, un refus d’être. Elle est justement le contraire car elle ne consiste pas en effet à opérer sur soi une soustraction ontologique, à se diminuer et à se soumettre au laminage d’un ascétisme antinaturel, mais à remplir exactement sa capacité réelle telle qu’elle est donnée à chaque instant de l’existence.

Il ne suffit pas de poser les exigences d’ordre éthique, il faut les accomplir pour leur donner vie.

C’est pourquoi l’incarnation vertueuse n’est vertueuse que si elle est vécue et qu’elle exige de nous de réaliser notre nature humaine. La vie ne doit être cultivée que par la force et le goût de l’âme qui chante sa joie d’exister. Cette incarnation ne peut être que progressive, allant de bas en haut, selon le rythme propre à toute croissance naturelle. Il est plus que jamais temps de retrouver cette part d’authenticité irréductible qui sommeille en nous, authenticité à atteindre non pas dans un désir de perfection mais de totalité. Ainsi rejaillira la flamme de nos âmes qui brûlent.

Marémy de Lazevey

3 commentaires pour "Plaidoyer pour un nouvel homme éthique et moral"

  1. Stéphanie dit :

    Excellent article! A diffuser massivement!!!

  2. Dr Gobbi dit :

    Bon article !

  3. Bruno dit :

    C’est une excellente analyse.
    Plaidoyons maintenant pour une nouvelle femme épique et ubique, belle et rebelle ! ;-)

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