L’entretien du Mercredi :: Julien Ruzé

Rock n Ball

Bonjour Julien, tu es l’auteur du livre Rock’n’ball dont nous allons parler aujourd’hui.
Peux-tu te présenter en quelques mots, ainsi que ton ouvrage?

Bonjour à vous ainsi qu’aux lectrices de Belle & Rebelle. J’ai 29 ans, je suis un amoureux de la ville de Paris et j’ai fréquenté assidûment les travées du Parc des Princes par le passé. De plus j’ai toujours apprécié la lecture, et, allant de paire, l’écriture. Un beau jour je me suis donc lancé, un peu au hasard il est vrai, dans cette belle aventure qu’est l’écriture d’un ouvrage. Au début ce n’était pas vraiment le but, mais de ligne en ligne, de page en page, le roman a pris forme. C’est donc un roman fictif, d’aventures urbaines des temps moderne, sur de jeunes hommes passionnés et radicaux que l’ont nomment Hooligans.

Le Hooliganisme, un univers typiquement féminin !

Effectivement, ce milieu est quasi exclusivement masculin. Contrairement à d’autres milieux pourtant qualifiés de radicaux, je pense notamment à la politique ou l’on trouve de nombreuses femmes, celui-ci est réservé aux hommes. Pour autant, dans d’autres catégories de supporters, fans ou ultras, nous pouvons croiser des passionnéEs.

Il y a donc une place pour nous, malgré l’image que l’on peut avoir, dans les tribunes hexagonales?

Chez les supporters les plus radicaux je dirais que cela est plus que rare, voir inexistant. Bien qu’il me soit arrivé d’en croiser une lors d’une rencontre des plus tendue… Surement l’exception qui confirme la règle. Après, chez les ultras, il y a des femmes dans de nombreux groupes. Ne faisant moi-même pas partie de cette catégorie de supporters, j’imagine que l’intégration est plus difficile que pour un homme. Personnellement, j’en ai connu qui étaient de vraies passionnées, que ce soit pour leur club ou leur groupe. Malgré tout, il ne faut pas se leurrer, cet univers est assez machiste voir même misogyne.

En lisant ce roman, on peut voir que tu essayes d’aborder la difficulté de vivre une passion parfois destructrice avec une vie de couple. Du vécu?

Oui. Mais tout individu qui vit “dangereusement” a dû connaitre ce genre de situation. Il faut avouer que nos compagnes ne sont pas forcément ravies de nous voir rentrer amochés, d’attendre un retour de garde-à-vue, de nous savoir à l’autre bout de la France ou de l’Europe, etc. Mais cela va de paire avec le mode de vie choisie. Dans ce livre, j’ai voulu, un peu creuser le sujet via le prisme de la répression abusive. C’est à dire en montrant les fameuses “Interdictions de stade préventive”, où le supporter doit se rendre au commissariat de police les soirs de match pour pointer. Cette mesure est pénible, et est décidée directement par le préfet, sans même te laisser une chance de te défendre équitablement comme lors d’un passage au tribunal. La décision prise, le supporter doit se rendre au poste durant des mois et parfois deux fois durant le même match. Une mesure liberticide aberrante, illégale, qui est assez épuisante moralement et socialement.
Avec ce genre de sentence, tu peux oublier les restaurants, cinémas ou autres sorties avec Madame…

Qu’est-ce qui dans ce livre, selon toi, pourrait attirer nos lectrices ?

Les curieuses qui ont leurs copains qui fréquentent le stade, les virages ou les kops. Par contre Messieurs, si votre amie n’est pas trop au courant de ce que vous faites de vos week-end, ne laissez pas ce livre sur votre table de chevet. Par ailleurs, il y en a certaines qui s’intéressent aux contre-cultures en générale, et le hooliganisme en fait partie. D’autres qui espèreraient y trouver la réponse à cette fameuse question : “Mais pourquoi font-ils cela pour du football… ? »

Dans tous les cas cette lecture sera moins poétique que Baudelaire, moins niais qu’un Musso, moins émouvante qu’un Venner, ou moins palpitante qu’un Tolkien, et de plus je n’ai aucunement la prétention d’expliquer le pourquoi de cette frénésie hooligan. Je raconte une histoire, tout simplement.

Tu nous parles de contre-culture, et d’ailleurs l’on remarque que tu parles pas mal de musique dans ce roman. Donc si l’on te demande de nous citer une chanson militante, une interprétée par une femme, une qui aborde le supportérisme, une d’amour et une autre qui te fait vibrer.
Que répondrais-tu du tac-au-tac?

Comme ça de but-en-blanc je dirais :
In mémoriam – Idéaliste.
Kate Nah – Foundations
Hotel Stella – Justice pour Julien
The Smiths – There is a light that never goes out
New Order – Ceremony & Oasis – Don’t look back in Anger

Tu parles également de la mode dite Casual…

Un peu, mais ce n’est pas un livre sur le casualisme et expliquant cette mouvance et cet état d’esprit. Mais une certaine forme de dandysme existe chez certains, ainsi que des codes vestimentaires. L’esthétisme dans l’action en quelque sorte.

On termine par une question piège. Par pure curiosité féminine, l’on peut voir qu’un personnage s’appelle Marie, et que ce même prénom se retrouve dans les remerciements. Une seule et même personne?

Il fallait la trouver celle là. Ce que je peux dire qu’effectivement une Marie, qui se reconnaitra probablement, a été, et est importante à mes yeux. Je n’irais pas aussi loin qu’Aristote qui disait que “derrière chaque grand homme il y a une femme”, mais durant l’écriture de ce bouquin il y en avait une, et d’autres copains et copines que je n’oublies pas bien évidemment, qui m’a motivé à aller jusqu’au bout de l’aventure.

Merci à toi pour avoir pris le temps de répondre à nos questions. Nous te laissons le mot de la fin.

Merci à vous de m’avoir laissé m’exprimé sur votre webzine. Je vous souhaite une bonne continuation et que ce blog perdure. Je souhaitais saluer les copains du stade et d’ailleurs, ceux et celles qui m’ont aidé dans ce projet “Rock’n’Ball”, les copines qui me supportent au quotidien. Encore merci à vous et continuez à être Belles et Rebelles, surtout dans ce monde qui tend à l’uniformisation et au conformisme.

Rejoignez la page Facebook de l’auteur!

 

3 commentaires pour "L’entretien du Mercredi :: Julien Ruzé"

  1. Alix L'intrepide dit :

    Un super livre, que j’ai dévoré avec plaisir… on attend le deuxième impatiemment…

  2. Lance dit :

    J’aime bien cet interview. Ya quelque chose d’émouvant.
    Bravo pour ce blog et bonne continuation à Julien.

  3. Lance dit :

    Toutefois, j’ai quand même envie d’être chiant.
    Moi ce qui me dérange dans cette culture, c’est la fascination pour un style de vie anglais. Tout est repris, musique, vêtements, même des mots (donc des concepts), je trouve ca quand même dommage d’adopter les codes des autres, d’autant plus quand on connait la guerre culturelle qui dure depuis tant de siècles entre nos 2 pays.
    Pourquoi ne pas avoir interprété cette culture urbaine avec nos propres codes, nos vêtements, notre musique, nos endroits parisiens et notre façon romantique de voir les choses ?
    Manque d’imagination, manque de culture ?
    Come on Krash..

Un truc à dire ?