Tu seras une femme ma fille

Tu seras une femme ma fille

C’est peut-être parce que je n’ai qu’une tribu de garçons (pour l’instant !) que je fantasme sur la personne que tu seras ma fille…mais qui sait ? Peut-être que lorsque tu sauras ce que je propose de t’offrir tu te décideras à venir…

Exit la théorie du genre, si tendance de nos jours : tu seras une fille, une vraie ! Non pas que je veuille te faire évoluer dans un monde rose bonbon où Barbie et Hello Kitty seront tes meilleures (et seules) amies. Non, tu ne porteras pas que des robes roses à smocks et des rubans dans les cheveux. Bien sûr, tu pourras jouer avec les petites voitures de tes frères, tu pourras construire des cabanes dans les arbres et je t’y aiderai même, si tu le souhaites.

Ce n’est certainement pas une théorie fumeuse (qui d’ailleurs devrait plutôt s’appeler du « non-genre ») qui me poussera à ne t’habiller qu’en jean, à ne jamais te laisser prendre un balai, à te couper les cheveux « à la garçonne » (de même que mes fils -à qui j’achète des déguisements de chevalier et pas de poupée !- n’auront pas de frange à la Justin).

Dès le berceau je ferai tout pour que tu veuilles devenir ce que tu es. Plus féminine que féministe ! J’essayerai de t’apprendre que les relations homme/femme ne sont pas des conflits de domination, des matchs perpétuels où chacun compte ses points. Mais qu’au contraire tout réside dans l’équilibre de la complémentarité.

Tu seras une femme dans ce qu’elle a de plus grand et de plus noble.

Pas une de ces bimbos plus préoccupée par son apparence et ce qu’en pensent les autres, que par ce qu’elle est vraiment.

Pitié ! Ne deviens pas non plus le stéréotype de ces femmes carriéristes, qui ne s’associent à un (ou plusieurs) hommes que pour avoir une « situation » en apparence stable. N’essaie pas d’humilier les hommes, uniquement pour montrer que tu leur es supérieure.

Ce n’est pas parce que toi tu sauras un jour (j’espère !) mener de front une vie active trépidante, tout en gérant les petits en rentrant le soir, faire le ménage en dansant, changer une couche en répondant à ta belle-mère au téléphone, que tu peux te passer des hommes. Alors on range les joggings difformes au placard, on sort les jupes et le rouge à lèvre, on jette les baskets et on sort les talons !

Il paraît que derrière chaque grand homme il y a une femme.

Je dirai même que c’est parce qu’il y a une femme derrière lui qu’un homme devient grand. Qu’elle soit mère, sœur, fille ou amante, la femme est ce pour quoi l’homme veut se battre. Pas forcément l’épée à la main mais dans ses actions quotidiennes. Simplement pour lui offrir un monde meilleur, parfois pour la défendre, mais souvent pour qu’elle soit simplement fière de lui.

La France a besoin de grands hommes et donc de grandes femmes ! Sois-en une ! Force l’admiration et le respect. Tu verras alors grandir autour de toi des chevaliers des temps modernes qui n’auront rien à envier aux héros des légendes passées.

Que tu sois douce ou sauvage, sage ou espiègle, rêveuse ou fonceuse, peu importe : sois une femme, une vraie !

Aliéna

 

* En référence à l’œuvre magistrale de Rudyard Kipling « Tu seras un Homme, mon fils »:

 « Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

                            Tu seras un Homme, mon fils. »

 

13 commentaires pour "Tu seras une femme ma fille"

  1. Stelda dit :

    Non, rien à dire. Si ce n’est… bravo!!! Merci pour cette mise au point équilibrée.

  2. Dam dit :

    J’avais pas lu qq chose d’aussi macho depuis longtemps… Offre-toi plutôt un abonnement à Causette !!
    Vive la femme libre !

    • Aliéna dit :

      Si tu trouves ce texte “macho” c’est que, soit tu ne l’as pas compris, soit que tu es de mauvaise foi.
      La femme n’est pas l’inférieure de l’homme mais le complète, tout comme l’homme complète la femme. Qu’il est beau d’être une VRAIE femme et de l’assumer librement!
      Je ne me suis jamais sentie aussi libre, crois-moi!

      • Dr Susan Calvin dit :

        Bah oui, c’est bien connu, les femmes sont là pour soutenir les hommes, surtout quand ils sont amenés à devenir de “grands hommes”. S’il le faut, elles doivent tout laisser tomber, tout ! Après tout, de “grandes femmes” ça n’existe pas, elles risqueraient de cacher de l’homme. Et puis même, une femme normale, aux côtés des hommes et non pas derrière… c’est d’un ridicule.
        Ce texte est ultra-macho et ça m’attriste profondément que ce soient des femmes qui l’aient écrit.
        N’oubliez pas, il y a des milliers de façons d’être une femme, autant d’être un homme, et encore plus de combinaisons !

  3. ROSSEL dit :

    Superbe !
    Merci à toutes celles qui nous rendent plus forts. Ni nous sans vous ,ni vous sans nous.

  4. Michel dit :

    Oui la femme a tout pouvoir sur l’homme qui s’est livré pour elle.
    Mais ce pouvoir, elle peut décider de… le soumettre à l’homme.
    On appelle cela l’amour sponsal.
    L’homme donne tout et perd tout.
    La femme prend tout et rend tout.
    Et ainsi de suite

  5. Arwen dit :

    Merci!
    J’aime bien le ton de cet article: juste et sain dans le fond, un peu mutin et plein d’espoir sur la forme.
    Juste une question: çà veut dire quoi une “vie active trépidante”? Il faut bosser et être rémunérée pour être considérée pleinement femme et mère?
    J’espère bien que non!

    • Aliéna dit :

      @Arwen : Et moi je suis SURE que non! La femme n’a pas besoin de bosser et d’être payée pour être une femme et une mère, c’est soit un choix, soit un accident de la vie, j’entends par là obligation par nécéssité. Dieu merci la femme n’a pas besoin de ça pour s’épanouir dans ce qu’elle est!
      PS : j’adore ton pseudo^^

  6. Magnifique ! J’adooooooooore ! c’est très précisément ainsi que je rêvais la fille idéale. Et c’est ainsi qu’est ma fille, qui approche de l’âge de femme (j’suis pas peu fier, ouais) Précisant, au vu de quelque commentaire caricatural, que ma fille n’est pas soumise. Pas du tout. Elle est juste au top, en haut.

  7. BJ dit :

    Merci pour vos articles pleins de fraîcheur et qui font entendre une autre voix :)

    Je vous rejoins dans l’ensemble sauf dans votre dernier paragraphe qui, je l’avoue, me laisse un perplexe. Pour être pleinement femme, la femme doit être …femme. L’on ne peut réduire la féminité au seul fait d’être “mère, soeur, fille ou amante”, comme vous le dites. Bien sûr, la femme est aussi ces personnes, mais elle est plus que cela.

    En ce sens, il me semble que votre dernier paragraphe s’éloigne du très bel “équilibre de la complémentarité” que vous évoquez dans le premier paragraphe en amputant la femme d’une partie de sa féminité et en réduisant l’homme à une condition d’enfant.

    Ceci posé, la critique est aisée quand l’exercice est difficile. Même si je vous communique mes réserves, j’ai plaisir à vous lire!

  8. Anthéa dit :

    Je suis d’accord avec la théorie, et c’est ce que je fais moi-même. Prendre soin des mes proches, les aimer, les soutenir, leur donner ce dont ils ont besoin pour donner à leur tour.
    Je pense que les femmes ont un pouvoir particulier pour “réparer” les autres par leur amour, entre autre.

    Mais faut quand même penser au contexte. Des siècles d’exploitation des femmes, où le mariage était non pas le splendide partenariat que vous décrivez, mais une domination d’un homme sur sa femme.

    Où la femme était sensée tout donner à son mari (sa virginité et sa fidélité, bien sûr, mais aussi ses soins, sa dévotion, tout le confort physique et émotionnel qu’une femme peut apporter à un homme d’une manière générale), mais sans aucune certitude de rien recevoir en retour.
    Il fallait espérer tomber sur une homme bon, se réjouir de ce qu’il voulait bien donner et ne pas trop en attendre. Combien de femmes battues, violées, mises enceintes et abandonnées sans aucun secours à une période où les femmes ne pouvaient pas assurer seule leur subsistance?
    Combien, d’ailleurs, de femmes battues et violées, encore maintenant, par celui-là même qui devrait en prendre soin?

    Alors que tous les beaux principes que vous mentionnez ici ont été salis, souillés, tordus et rendus méconnaissables par des siècles d’exploitations, je pense que votre article, quoique vrai dans le principe, manque cruellement de tact.

    Dire que le rôle des femmes est de tout donner à leur mari et que celui-ci le leur rendra, et ainsi de suite dans un infini cycle d’amour, c’est plutôt vrai
    Mais dans le monde où nous vivons, avec l’histoire que nous avons, pour la plupart des gens ça sonne comme un beau discours pour manipuler à nouveau les femmes. Parce que ce genre de discours sur la complémentarité a déjà été utilisé pour cela.

    Dire que les gens qui trouvent votre article macho sont juste de mauvaise foi ou n’ont pas compris, ce serait trop facile. De là où ils sont placés, ils ont raison: plein de machos détournent ce genre de discours pour exploiter les femmes, et il est important d’en être conscient.

    Je crains d’avoir été un peu décousue, et j’espère qu’il n’y aura pas de quiproquo à propos de ma critique: je ne critique pas le fond de votre discours, mais la forme, qui est un peu légère en sous-entendant que c’est le féminisme qui empêche des relations saines alors qu’en réalité (selon moi, bien sur) ce sont toutes les souffrances et déformations de ce qu’aurait du être l’amour qui ont eu lieu avant le féminisme et qui ont encore lieu.

  9. Gigi dit :

    Tout à fait d’accord avec la critique d’Anthéa. Ce que vous décrivez n’existe malheureusement pas dans l’histoire de l’humanité et la domination masculine existe bel et bien, même si aujourd’hui dans ce qu’on appelle Occident, elle a heureusement fort regressé. Et le féminisme n’est autre que le combat pour lutter contre cette domination… pas une volonté d’être des hommes à la place des hommes! Sans doute les féministes des années 70 semblent excessives aujourd’hui, mais les luttes entraînent souvent des excès. Un excès pour répondre à un excès, c’est souvent comme ça que ça marche, et on leur doit quand même beaucoup. Même si le féminisme mérite d’être plus apaisé aujourd’hui (chez nous en tout cas), il se doit en tout cas de rester vigilant, car certains profitent des beaux discours comme les vôtres pour vous asservir. Le féminisme n’a rien d’incompatible avec ce que vous écrivez dans cet article, mais malheureusement vous semblez l’ignorer, en crachant votre venin sur des soi-disant harpies… Dommage, ces divisions ne nous servent pas, et ne servent pas les hommes non plus, qui ne savent plus à quel saint (sein! ;)) se vouer.

    • Gigi dit :

      Et pour revenir sur l’histoire, certaines anciennes prérogatives des femmes ont été confisquées au cours de l’histoire, souvent par la société capitaliste ou pré-capitaliste, d’ailleurs : les femmes étaient notamment semencières et soignantes, notamment, au Moyen-âge. La mécanisation de l’agriculture et la “scientifisation” de la médecine les ont dépossédées de ces rôles… Peut-être que c’est cela le féminisme : reconquérir la plénitude de la femme et non la cantonner au rôle de mère!

Un truc à dire ?