“L’orgasme est la plus belle des prières païennes”

Orgasme prière païenne

« Les hommes n’existent que par ce qui les distingue : clan, lignée, histoire, culture, tradition. Il n’y a pas de réponse universelle aux questions de l’existence et du comportement. Chaque civilisation a sa vérité et ses dieux, tous respectables pour autant qu’ils ne nous menacent pas. Chaque civilisation apporte ses réponses, sans lesquelles les individus, hommes ou femmes, privés d’identité et de modèles, sont précipités dans un trouble sans fond. Comme les plantes, les hommes ne peuvent se passer de racines. Il appartient à chacun de retrouver les siennes. » Dominique VENNER

“L’orgasme est la plus belle des prières païennes !”

Un titre un peu racoleur, certes! Pourtant assez proche de l’esprit païen !

Aujourd’hui … qu’est-ce que le paganisme ?

- 1500 ans d’histoire de vide officiel (pas de communauté populaire) 

- pas de lieu de culte officiel

- pas de livre

- pas de dogme

- pas de dieu()

… la religion du néant diriez-vous ? Pas exactement !

Il y a environ 1.500 ans (soit environ 5% de l’histoire de ce continent), l’Europe devenait chrétienne avec entre autres, chez les Francs, la conversion de Clovis. Si bel et bien 1.500 ans nous séparent des derniers païens, l’âme de ceux-ci, leur vision du monde est parvenue jusqu’à nous.  En effet, comment aurait-il été possible d’effacer des millénaires de notre histoire en quinze siècles ? Comment des millions d’Européens auraient-ils pu abandonner sciemment leurs traditions?

La réalité, c’est qu’une partie de ces traditions a été reprise par le folklore (au sens premier du terme) populaire. Par exemple, la fête de Noël, bien connue de tous comme la naissance du Christ a été placée au moment du Solstice d’hiver, on pourrait également parler des célèbres feux de la Saint-Jean que l’on fête encore aujourd’hui au moment du Solstice d’été. On retrouve également les saints, personnages absents de la Bible, qui se sont substitués au fur et à mesure aux dieux païens. Ainsi le patron des chasseurs est saint Hubert ; saint Christophe, celui des voyageurs ; saint Michel celui des parachutistes, et l’on pourrait en citer des dizaines de milliers !

Bref, le but n’est pas de (re)créer une polémique, le but n’est pas de jeter la pierre (“mea culpa” pour la référence) aux “cathos” et de glorifier les “païens tradis”, le but est bel et bien de dévoiler cette religion qui paraît souvent un peu mystérieuse ou loufoque.

Mystérieuse, elle l’est sûrement, sinon on ne pourrait pas la qualifier de religion. Loufoque, je ne pourrais pas le nier non plus, mais seulement pour une certaine partie des païens : les “néo-païens” qui veulent absolument reproduire des gestes qui ont aujourd’hui perdu leur sens et se regroupent les soirs de pleine lune “déguisés” en druide.

Le “paganisme tradi”, ce n’est pas ça… Lorsque par provocation je reprenais cette phrase “l’orgasme est la plus belle des prières païennes”, j’exprimais cette notion “d’extrême beauté”, de jouissance  dont le païen s’entoure.

Le “païen tradi” se donne les moyens de cet émerveillement, il aime les contrastes et va les chercher dans tout ce qui l’entoure de plus pur : le soleil brûlant, la tempête de neige, l’orage violent… Il pousse à bout son corps dans l’effort, car il sait que ce qui s’atteint avec difficulté, c’est quelque chose que l’on apprécie, et donc que l’on mérite. Le “païen tradi” est profondément honnête, il ne peut se mentir à lui même car ce en quoi il croit c’est grâce à sa propre détermination, il l’a découvert lui-même, il le ressent avec ses tripes.

Le “païen tradi” est donc forcément quelqu’un de cultivé ?

Bonne question… En tout cas, il ne se laisse pas mener par le bout du nez, son chemin pour être païen est long. Aujourd’hui, on n’est pas païen par défaut, on le devient !

Certains se considèrent comme “catholique solaire”, ceux-là sont sur le chemin du paganisme. Passeront-ils le cap ? Seuls leur propre expérience et le travail de curiosité intellectuelle qu’ils ont le diront. Ce qui est sûr c’est qu’ils se retrouvent face à un dilemme : conserver les traditions familiales ou celles de leur peuple.  Car ils savent déjà que la plus longue mémoire, celle des leurs est plus lointaine, mais ils n’osent s’éloigner de leur dieu punisseur. La religion païenne n’est en effet pas une religion binaire où l’on est seul face à Dieu. 

L’importance primordial du futur de sa communauté

Etre païen aujourd’hui, c’est se reconnaître dans une communauté, c’est agir pour elle, c’est vivre ici et maintenant, la finalité n’est pas ce qui se passera dans l’au-delà, mais dans l’après : le futur de sa communauté. Le rapport d’un païen au divin n’est donc pas individualiste, mais permet de sacraliser, de rendre important certains passages et actes de la vie (mariage, guerre, création d’un foyer, etc.).

Aujourd’hui le païen ne vénère plus de dieux (O tempora, O mores !), mais il croit en sa communauté et aime (respecte) profondément les forces de la nature. Les fêtes telles que les solstices, Beltaine, Samain ou encore mai, permettent de créer cet esprit de communauté à travers le partage de différentes valeurs communes et l’expression du respect des forces qui nous entourent.

Les païens ont gardé le contact avec l’esprit traditionnel européen, ils ont une vision lucide de ce qu’ils sont. Les Européens pensent que rien ne se fait debout ou couché, ils fondent leur bonheur ou meurent, et ne se contentent pas du “moyen”. Ils sont exigeants, et mettent tout en oeuvre pour être “bon”. Malgré le temps, leurs valeurs n’ont pas changé : la loyauté, le courage, la fidélité. 

Nous ne pouvons nier l’apport conséquent des différentes communautés de moines, leur travail gigantesque à organiser la vie, les formidables constructions que sont les cathédrales, l’organisation géniale des fraternités catholiques, etc. Mais tout ça relève du génie européen, de son esprit d’initiative, d’organisation et de conquérant.

Pourvu que l’esprit sacré soit là, et que des Européens soient rassemblés sous ce même drapeau et ils iraient jusqu’au bout du monde ! 

Quant à l’orgasme comme prière païenne, pour tout Européen, l’amour n’est pas une « oeuvre du diable » et la relation charnelle est l’aboutissement de la fusion spirituelle de deux êtres.

Lore Constantin

6 commentaires pour "“L’orgasme est la plus belle des prières païennes”"

  1. Paul dit :

    Bonjour,

    Je tiens à écrire ce commentaiire pour rétablire la vérité quand à certains stéréotypes que l’on peut avoir sur le christianisme.
    Tout chrétien qui n’a pas été contaminé par des puritains américains ne peuvent que constater une chose : Dieu a créé le sexe, l’orgasme, la jouissance physique. S’il l’a créé, c’est qu’il a jugé que cela était bon. Et il le juge encore, puisqu’il fonde des lois éternelles. Dieu ne dit pas que le sexe est “oeuvre du diable”, mais que, comme toute chose, il peut être source de joie intense comme de destruction. C’est pourquoi il préconise l’union après le mariage, afin que les époux puisse se découvrir et faire le choix d’être ensemble non pas à travers une attraction purement physique, mais aussi intellectuelle, émotionnelle et spirituelle. Dans ce scéma, le sexe ne fonde pas le couple mais est un couronnement de la relation, qui unit et fédère. Le chrétien ne voit donc pas l’orgasme comme “sale” ou “impur”, mais suit les conseils de Dieu afin qu’il soit facteur d’épanouissement et non de destruction.
    D’ailleurs, la dernière phrase de cet article : “la relation charnelle est l’aboutissement de la fusion spirituelle de deux êtres” rentre parfaitement dans une vision chrétienne du sexe!

    Pour l’aspect “communauté”, je pense que cela n’est pas en opposition avec le christianisme. D’ailleurs nos ancêtres catholiques ne les opposaient pas. Tout être humain a besoin d’une communauté. Certains disent que le christianisme abolit les appartenances, et ils citent souvent cette phrase : “il n’y a plus de grecs ni de juifs”. Mais il est aussi écrit “il n’y a plus ni homme ni femme” ; le christianisme serait donc une religion qui nierait la différence sexuelle, alors que Dieu lui-même a créé les sexes? C’est donc bien spirituellement qu’il faut comprendre ces phrases, et non pas “physiquement”. Il en va donc de même pour les “grecs” et les “juifs”, c-a-d entre les communautés.

    Bien à vous, et bonne continuation pour ce très bon site ;)

  2. Véro dit :

    super photo !

  3. Jean Collet-Betuel dit :

    Je viens de découvrir le site “Belle & Rebelle”, que je trouve original et que j’apprécie.
    Toutefois, définir la “prière païenne” comme équivalente à un “orgasme” me paraît porter atteinte à la véritable tradition païenne ! C’est réduire le paganisme aux critiques contre le paganisme romain antique !
    Cette réduction du paganisme (aux orgies et aspects sexuels) est en contradiction avec toute l’œuvre de Georges Dumézil, qui a révélé la puissance de la tradition indo-européenne (et où il n’est pas question de cela du tout !).
    Pareillement, il n’est pas question de cela dans l’Edda de Snorri Sturluson, le seul texte ancien qui contienne les morceaux de religion nordique et germanique.
    Enfin cela est un avis, et j’espère qu’il viendra compléter votre vision des choses.
    Cordialement

  4. euh… ça ne fait quand même que deux lignes sur 70 :
    Quant à l’orgasme comme prière païenne, pour tout Européen, l’amour n’est pas une « oeuvre du diable » et la relation charnelle est l’aboutissement de la fusion spirituelle de deux êtres.

    Et le titre est une parabole.

    J’veux dire… bref… ce développement à propos de deux visions du paganisme ne me semble pas constituer “une réduction du paganisme(aux orgies et aspects sexuels”… Mais on peur évidemment comparer nos sources et références. Personnellement, je me sens plus proche de Skarsen Mangkell et de Bartholomäus Heisel dans leur appréhension westique du paganisme. Mais c’est un avis.

Un truc à dire ?