Incontournable livre de chevet :: Histoire vraie de l’homme qui cherchait le yéti. De Jordi Magraner, Préface d’Erik L’Homme…

Jordi Magraner

À la fin des années 1980, Jordi Magraner, zoologue franco-espagnol, monte une expédition. Toute scientifique qu’elle soit, elle paraît incroyable : Magraner part à la recherche du “barmanou”, aussi appelé yéti dans d’autres régions du monde, au cœur des montagnes d’Afghanistan et du Pakistan.

Gabi Martinez, qui a enquêté sur cet explorateur hors du commun, après deux ans de recherche, quatre voyages en France à la rencontre de la famille de Jordi, deux semaines dans l’Hindou Kouch au Pakistan , à une époque où le bon sens conseillait de ne pas visiter cette région du monde et huit mois d’écriture , a eu accès à ses journaux intimes, lettres, photographies.

Il nous livre ainsi le récit palpitant et hautement romanesque de cette histoire vraie.

Pendant des années, Jordi Magraner arpente les montagnes du nord du Pakistan et d’Afghanistan. Il est convaincu que la théorie de l’évolution de Darwin n’explique pas pourquoi l’être humain parle et a une conscience. Il se dit qu’il existe bien un chaînon manquant, qu’il pourrait s’agir du Barmanou ou Yéti. Il est un fervent apôtre de la cryptozoologie, ce courant qui étudie les animaux dont l’existence est sujette à caution.

En partant à sa recherche, il découvre la fascinante communauté Kalash, ces hommes blonds aux yeux bleus, de tradition païenne. Il deviendra l’un des leurs plus tard.

Pendant plus de 10 ans, Jordi parcourt le Nord du Pakistan et le Nord-est de l’Afghanistan dans le cadre de ses recherches scientifiques. Il a toujours été sensible à la dramatique situation des populations afghanes et s’est investi dans l’aide humanitaire bénévole grâce à son expérience dans une ONG d’aide médicale internationale de mai 1999 à août 2001, où il fut chef de programme.

En lutte constante avec les institutions françaises et pakistanaises, il travaille pour le Musée d’Histoire Naturelle de Paris, rencontre Massoud et dirige l’Alliance Française de Peshawar de décembre 1994 à avril 1995.

Mais quand les États-Unis envahissent l’Afghanistan, l’atmosphère devient irrespirable.

C’est en avril 2001, que Jordi écrit une lettre au Poste de Police de Chitral à propos de menaces, insultes, ennuis et propagande contre lui dans la vallée de Chitral.

Jordi était jalousé de par sa bonne insertion dans le village, de sa bonne entente avec la population, étant admiré et adulé par les Kalash et d’autres personnes de la région de Bumburet.

Le 13 juin 2002, Jordi décide d’arrêter ses missions à cause des menaces à son égard, parce qu’il aidait les écoles Kalash et qu’il approuvait l’éducation Kalash. La police lui conseille alors de s’éloigner des vallées quelque temps.

C’est entre le 2 et 3 août 2002 que Jordi est assassiné dans sa maison à Krakal dans le vallée de Bumburet, retrouvé sur son bureau, égorgé.

On ne connaîtra peut-être jamais la vérité, ni les auteurs de cet horrible crime, car les autorités Pakistanaises, Espagnoles et Françaises n’ont jamais rendu justice considérant cette affaire comme trop embarrassante.

C’est un crime des Talibans de toute évidence car Jordi était installé dans une zone occupée par les chefs Talibans mais d’après la police de Chitral c’est un crime crapuleux dans le but de le voler mais le ou les auteurs n’ont rien dérobé. La police n’a jamais arrêté le ou les coupables de ce drame car il ne faut pas oublié que ce jour-là, un élève, se trouvant dans la maison de Jordi, en train d’étudier, a été aussi égorgé.

Dans l’impossibilité de rapatrier son corps en France, Jordi fut inhumé à Bamburet, accompagné des hommes et des femmes des trois vallées Kalash. Un enterrement qui durera plusieurs jours, où plus de 20 chèvres seront sacrifiés comme le veut la tradition Kalash.

Jordi Magraner est un personnage issu d’un autre monde, pareil à ces écrivains explorateurs du XIXe siècle.

Un personnage anachronique, résolument romanesque, qui rappelle par moments le Limonov d’ Emmanuel Carrère ou le Tintin d’Hergé comme le disaient souvent ceux qui le connaissaient.

Bien connu des lecteurs hispaniques, le journaliste et écrivain Gabi Martinez, né à Madrid en 1971, s’est fait un nom grâce à un recueil de chroniques à l’humour corrosif, Una espana inesperada, paru en 2005 et devenu une référence du nouveau journalisme littéraire espagnol.

Après s’être brillamment essayé au roman d’aventure avec Sudd (2007), ce familier des oeuvres de Nicolas Bouvier et de Bruce Chatwin a publié en 2008 un récit de voyage à travers la Chine contemporaine, Los mares de Wang, acclamé par la critique espagnole. Il est publié en Espagne chez Alfaguara.

Source: Les cinq continents

1 commentaire pour "Incontournable livre de chevet :: Histoire vraie de l’homme qui cherchait le yéti. De Jordi Magraner, Préface d’Erik L’Homme…"

  1. craven dit :

    Un grand merci pour votre article !

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