La théorie du genre :: vers un nouvel obstacle à l’épanouissement féminin ?

Théorie du genre

C’est dans une optique, qui dépasse même les luttes féministes, que la philosophe américaine Judith Butler a développé et popularisé les « gender studies », traduit de manière inexacte en français « théories du genre ». Dans un objectif de faire disparaître les oppressions et discriminations, Bulter affirme que le concept de femme est le produit d’une formation ou d’une construction sociale.

     Autrement dit, une femme n’est pas femme en raison de son sexe biologique mais en raison d’un contrôle social qui la marquerait ainsi en vue de la dominer. C’est donc bien une hostilité farouche au sexe biologique.

Les nouvelles attaques contre le plaisir féminin ?

     Certaines conséquences du développement de la théorie du genre commencent à être relativement connues et le débat s’est enclenché : les partisans de la théorie du genre soutiennent notamment que l’identité sexuelle serait une construction sociale qui ne dépendrai aucunement du sexe biologique. Si l’existence des sexes n’est pas directement contestée, elle ne saurait être l’élément déterminant de l’identité sexuelle. Lectrices et lecteurs, je pense que vous conviendrez qu’une telle approche n’est pas sans danger pour la relation sentimentale, l’affirmation et la reconnaissance sociale et féminine de la femme au sein du couple, ou encore pour la survie de l’espèce humaine (la reproduction sexuée reposant bien sur l’existence biologique des deux sexes).

De quoi parlons-nous?

     Je veux ici tenter d’appréhender un aspect complexe et plus difficilement mesurable du développement des théories du genre au risque de se voir contredire dans les années qui viennent. (Les dangers de l’avant-garde !) Il s’agit de comprendre et d’analyser, les impacts que pourraient avoir le développement des théories du genre sur la sexualité et notamment sur le plaisir sexuel des femmes.

     Avec un bref rappel historique, je constate que les idées, mythes, et représentations peuvent être très influentes sur la sexualité et particulièrement sur la sexualité féminine. Quelques exemples :

  • Premièrement, Adam et Eve, premier couple humain, sont chassés du Paradis. Ce grand mythe biblique, conçu pour rendre compte de l’universalité du mal, a eu un impact important sur le sexe féminin. Eve est désignée comme la première responsable de la chute, et dut désormais endosser le péché de luxure. Cela a pu traduire une image d’une femme faible, faible dans ses désirs, qui ne peut résister au péché de la gourmandise et par la suite qui ne peut résister à la luxure. En raison de ce mythe biblique, la femme sera parfois vue au Moyen-Age comme un être dévergondée, pleine d’ardeur sexuelle dont l’homme serait l’unique moyen de contrôle.
  • Secondement, la Révolution française permet le développement d’une nouvelle morale sexuelle qui sous-entend qu’une jeune fille honnête ne connaît pas le plaisir, il y a profond désintérêt pour la jouissance féminine.

     Au cours du XIXème siècle, le plaisir des femmes est à nouveau mis sur la touche, non pas en raison de principes religieux, mais du développement de nouvelles théories médicales. A partir de 1840, la médecine de l’époque abandonne la théorie des « deux semences » (intervention d’une «semence féminine» émise au moment de l’accouplement et impliquée dans la conception de l’embryon, donc nécessité de la jouissance féminine pour la procréation) pour conclure que la jouissance féminine est dénuée d’intérêt et n’a pas à être recherchée par l’homme. Il est vrai qu’il est difficile de mesurer concrètement l’impact de telles idées sur la vie et le plaisir sexuel des femmes, néanmoins certains travaux ont démontrés l’importance du plaisir solitaire féminin au XIXème siècle.

     Aujourd’hui, les sexologues conviennent largement qu’il y a des différences non négligeables entre l’orgasme masculin et l’orgasme féminin. Nous considérons ici l’orgasme comme le moment culminant de l’excitation sexuelle qui a pour fonction de procurer des récompenses/renforcements dans le cerveau. Ces récompenses, en particulier l’orgasme, sont perçues au niveau de la conscience comme des sensations de plaisirs érotiques et de jouissances.

Différence de plaisir base de la différenciation sexuelle?

     Le but n’est pas de faire une démonstration scientifique de ces différences, mais de tenter d’expliquer que ces différences rencontrées au cours du plaisir sexuel sont le fruit d’une distinction naturelle des sexes et non pas sociale ou culturelle. En effet, la différence orgasmique homme/femme se joue notamment dans les parties du cerveau qui s’activent à ce moment précis. Selon le sexologue Alain Heril, c’est la partie la plus archaïque du cerveau masculin qui se met en fonction, alors que pour les femmes il s’agit de la zone cérébrale réservée aux émotions. C’est finalement une preuve d’absence de caractère unisexe du cerveau.

     Il faut finalement prendre des exemples concrets : une différence majeure apparaît au sein de l’orgasme des deux sexe. A l’inverse de la femme, après l’orgasme (souvent faussement assimilé à l’éjaculation) l’homme connaît une période réfractaire, une forme d’indisponibilité sexuelle temporaire. Il s’agit d’un événement physiologique, qui va couper le dialogue érotique entre l’homme et la femme pendant un certain temps. Le docteur André Corman, président des médecins sexologues de France, expose que la femme ne connaît pas cette période réfractaire et est par nature multi-orgasmique, alors que l’homme doit reconstruire son excitation depuis le début.

     On peut aussi parler de la complexité de l’orgasme féminin en comparaison avec l’orgasme masculin. Notamment l’importance des émotions, de certaines attentions du partenaire qui sont généralement étrangère à la gent masculine. D’un point de vue plus anatomique, il y a évidemment la multiplicité des zones érogènes féminines : l’éternel débat de l’orgasme clitoridien ou vaginal, ou encore le point de Gräfenberg (le fameux point G). Sujet qui par sa dimension demanderait la rédaction d’un article complet.

Caroline veut un orgasme d’homme :: Le plaisir comme nouvelle pompe à fric?

      Chères lectrices, Chères lecteurs, croyez vous vraiment que ces différences non négligeables dans la construction du plaisir féminin puissent être le fruit d’une volonté sociale ?

Certainement pas, la sexualité est et doit rester, le moment de l’expression de la nature, et plus particulièrement de la nature sexuée.

     Le féminisme et la théorie du genre, fers de lance de l’uniformisation des sexes, ont déjà marqué de nombreux points au sein des rapports sociaux hommes/femmes et particulièrement dans la phase de séduction, communément appelée «drague ». Ils ont brimé la virilité, la ringardisant, ils ont masculinisé les femmes au nom de l’égalité. L’étape suivante ce sont les relations intimes, il faut protéger nos lits des idéologies et théories, en affirmant nos identités sexuelles biologiques, conditions notamment de l’épanouissement sexuel féminin. Enfin il faut protéger la spécificité féminine même et surtout dans la relation intime, au travers de l’orgasme féminin par exemple.

Femmes, restez femmes ! Vos théories, hors de nos lits !

Hippodamie

 

6 commentaires pour "
La théorie du genre :: vers un nouvel obstacle à l’épanouissement féminin ?"

  1. Deux trucs à dire (pas un : deux !!! ouais)
    le “un” que j’ai à dire à propos de ce passage : “la femme sera parfois vue au Moyen-Age comme un être dévergondée, pleine d’ardeur sexuelle dont l’homme serait l’unique moyen de contrôle”, c’est pour ajouter, à l’appui de l’argument d’Hippodamie, que “la femme est toujours vue par l’Islam comme un être etc…”
    Le deux que je dis à propos de l’intertitre “Caroline veut un orgasme d’homme :: Le plaisir comme nouvelle pompe à fric?” : j’eus (eusse ? aurais ?) aimé lire un petit développement là dessus alors je me permets (comme les milieux autorisés s’autorisent), toujours à l’appui de la démo d’Hippodamie, de relever une étrange coïncidence entre l’explosion du marché du sex toy pour dames, la promo mondiale de “50 nuances de gras” (puis sa suite “gras double”, déjà parue, et à paraitre “gras de seinsdoux”), le best seller qu’il FAUT avoir lu pour pas passer pour une conne totalement coincée (allô quoi ? t’as pas lu “50 nuances de grey”, non mais j’l’crois pas : tu baises comme une nonne ou quoi ? ) et les “articles” de la presse féminine (“article” prenant ici tout son sens, s’agissant de papiers commandés par les annonceurs des produits – donc des articles de commerce, pré-cités) tel dans Cosmo de ce mois de mai 2013 (oui, il est déjà dans les salles d’attente et les lounge) où un “grand dossier” intitulé “L’orgasme de sa vie, on s’en souvient toujours” (parce que les femmes n’en ont qu’un, c’est comme ça) et dont le premier “témoignage” signé (j’ai oublié le nom) raconte que c’est avec… devinez qui ? non, pardon: devinez quoi ? Oui, un sex toy. Il n’y avait pas de témoignage de mec, mais je me doute que s’il y avait, Romain nous aurait raconté qu’il a pris le seul pied de sa triste existence avec une poupée gonflable à l’effigie de Caroline Fourest.

  2. Bonjour Gente Dame,

    Je découvre ce soir votre site et tenais à vous féliciter. La participation des femmes à notre lutte est indispensable pour, au moins, mobiliser les autres femmes et jeunes filles un peu perdu.
    Alors, je vous souhaite comme réussite de réveiller les consciences de nombreuses jeunes filles comme je m’essaie à le faire avec les hommes.
    Bien à vous.

  3. MERLIN dit :

    Ceci n’est pas un commentaire sur le fond mais sur la forme : la papesse américaine de la théorie du genre se nomme Judith BUTLER et non Bulter comme indiqué dans le chapeau de l’article.

  4. Michel dit :

    Il me semble que vous ne voyiez qu’un seul aspect de la théorie du genre. L’idée maîtresse est qu’il y a une différence entre le genre et le sexe et que la société nous pousse à confondre/ à fusionner les deux. Autrement dit être une femme/ un homme ne se résume pas à posséder les attributs et la biologie femelle/mâle. La preuve c’est qu’un mâle peut se travestir en femme et une femelle se travestir en homme, c’est un jeu de rôle qui ne change en rien notre nature biologique et c’est la différence avec la personne dite trans-genre, à savoir une personne qui n’est pas psychiquement en accord avec sa nature biologique et qui utilise le travestissement comme moyen de substitution, à défaut d’opter pour l’opération. Le sexe est inné et biologique, le genre est acquis et social, la société prévoit des rôles masculins et féminins et des stéréotypes que nous endossons inconsciemment et que nous transmettons. Dans d’autres cultures on va considérer que, au delà de notre biologie, nous sommes tous masculin+féminin dans notre psyché, et notre corps énergétique et la fonction “femme” ou “homme” n’est que l’équilibre précaire des forces qui nous animent, et que la biologie est une dimension de l’être humain parmis d’autres, une couche de notre être, ce qu’on retrouve chez CG Jung. Par ailleurs dans certaines cultures il y a trois genres, par exemple dans la civilisation polynésienne, nous avons l’homme et la femme et le mahu. Le mahu est traditionnellement un enfant du sexe masculin élevé par les femmes comme une fille et une future femme, travesti, maquillé, en général bon danseur et qui est sensé cumulé le meilleur de l’homme et de la femme, plus pur et plus proche des dieux, en général, il a une sexualité hétérosexuelle , une femme et des enfants, de nos jours les mahus sont plutôt rare et on a tendance à les confondre avec ce qu’on appelle depuis les années 1960, les “raerae” (prononcé rèrè), qui sont des travestis homosexuels ou des trans-genres.

  5. Raymon dit :

    Pardon mais les gender studies c’est les études de Genre en français et pas théories du genre … Et je crois pas avoir jamais lut au cours de mes nombreuses année d’étude de genre quiconque pour dire que le plaisir chez l’homme est le même que chez la femme …
    Il s’agit d’étudier les comportement induit par la société et ceux induit par les différence physiologique …

Un truc à dire ?