Vu sur le net :: Nouvelle ingérence de l’Etat sur une question là encore d’ordre purement familial

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Les sénateurs se sont penchés jeudi 28 février sur une proposition de loi centriste ouvrant la voie à l’expérimentation des “maisons de naissance” qui permettraient aux femmes d’accoucher sans être hospitalisées.

Faute de temps, il n’ont pas pu la voter. Le vote aura lieu dans les prochaines semaines. Toutefois elle devrait être adoptée grâce aux voix des groupes UMP, UDI-UC (centriste) et écologiste, les socialistes étant partagés entre l’abstention et le soutien.

Deux sages-femmes par femme

Les maisons de naissance sont des structures où une ou deux sages-femmes réalisent l’accouchement de femmes dont elles ont suivi la grossesse, a expliqué la rapporteure, Muguette Dini (UDI-UC). Seules seraient admises les femmes dont la grossesse est normale, sans pathologie particulière.

Ces structures devront être attenantes à une maternité, ce qui permettra un transfert en cas de complications.

Les maisons de naissance autorisées pourront fonctionner durant un maximum de cinq années. “Un an avant la fin de l’expérimentation, le gouvernement adressera au Parlement un rapport d’évaluation”, a souligné Muguette Dini.

Un coût moins élevé qu’à l’hôpital

Les premières maisons de naissance sont apparues dans les années 1970 aux Etats-Unis, a précisé la sénatrice du Rhône. En France, deux projets pilotes pourraient entrer rapidement dans le cadre de l’expérimentation, selon elle : à Paris le CALM (Comme à la maison), et la maison de naissance de l’hôpital de Pontoise. “Un cadre juridique leur assurerait une pérennité et un mode de fonctionnement plus clair”, a-t-elle jugé.

D’autres projets sont en cours d’élaboration ou prêts à fonctionner, a-t-elle dit: à Remiremont, Nancy, Marseille, Thonon, Lyon, Rennes ou Bordeaux.

Pour Jean-Marie Vanlerenberghe (UDI-UC), ces maisons de naissance répondent “à la préoccupation d’un certain nombre de parturientes d’accoucher dans des conditions moins médicalisées”. “Elles seraient, a-t-il dit, entre 3 et 5% des femmes enceintes chaque année à le souhaiter, sur 800.000″.

Et sur le strict plan financier et matériel, la pratique a fait ses preuves: alors qu’un accouchement sans complication est facturé environ 2.000 euros à l’hôpital, son coût est “estimé à 600 euros” en maison de naissance, selon ce sénateur.

“Complémentaires”

Soulignant “l’importance de la qualité de la naissance”, la ministre de la Santé Marisol Touraine a estimé qu’il y a “un risque de voir ces maisons réservées à un trop petit nombre de femmes”. “Mais je crois aux vertus de l’expérimentation”, a-t-elle dit. Les maisons de naissance “apparaissent complémentaires aux structures existantes, et c’est pour cela que je n’y suis pas opposée”, a poursuivi la ministre, tout en relevant qu'”il ne s’agit pas pour le gouvernement d’une priorité”.

Pour Aline Archimbaud (écologiste), il faut “entendre la forte demande des femmes d’avoir une liberté de choix, sans juger leur décision”. Cette expérimentation permettra “de mettre à l’épreuve le dispositif des maisons de naissance, d’en évaluer les coûts et les économies induits, d’en mesurer les bienfaits et les imperfections peut-être, et de travailler à leur résolution avant d’envisager toute généralisation”, a-t-elle dit.

“Cette expérimentation soulève plus d’interrogations qu’elle n’apporte de réponses concrètes”, a jugé pour sa part Laurence Cohen (Communiste, républicain et citoyen), ajoutant que son groupe n’y est pas favorable. Le groupe RDSE (à majorité PRG) a indiqué de son côté qu’il s’abstiendrait.

Source: Le nouvel Observateur

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