Echecs, L’ amour donné ne suffit pas

Adoption

Des pédopsychiatres alertent sur les dérives et sur l’envers du décor. Donner de l’amour à un enfant, dépasser les liens du sang , abolir les frontières : le vernis édifiant de l’adoption internationale, promu sur papier glacé par les tribus Benetton des stars hollywoodiennes, a longtemps occulté les possibles souffrances des familles adoptives, réservées au secret des consultations de psys.

Depuis dix ans, pourtant, le vernis se craquelle.

Publication de récits sentimentalement incorrects, comme celui de la politologue Evelyne Pisier, qui raconte ses difficultés de mère adoptive.

Médiatisation de cas d ‘enfants « rendus », renvoyés à leur état d ‘orphelins et à leur pays d ‘origine parfois une simple lettre de leurs « parents » adoptifs en poche .

Naufrage de l’ Arche de Zoé, révélant la confusion délétère que fait notre société entre adoption et « sauvetage ».

Coups de gueule, enfin, de psychiatres spécialisés qui, tout en défendant le principe de la famille adoptive, osent raconter ce qu’ est parfois l’envers du décor : Adoption , la fin du conte de fées, parents insuffisamment préparés,  adolescences explosives, chiffre ahurissant de 15 % d ‘ échecs, c’ est-à-dire d’enfants activement ou passivement rejetés.

L’un de ces briseurs de tabou, le docteur Lévy-Soussan, va même en 2008 jusqu’ à réclamer le gel des adoptions en Haïti après le séisme, ces familles, constituées dans l ‘ urgence et la confusion, courant , selon lui, au désastre.

Confusion

Manifestation de parents adoptifs, le 19 novembre 2011. Les familles réclament un statut légal pour les petits Haïtiens qu’elles accueillent, le ministère ayant bloqué l’adoption plénière. Tollé des adoptants. Là-bas, des enfants meurent et il faudrait stopper la procédure? Oui, ose répondre Lévy-Soussan, enjoignant à ses contemporains de ne pas confondre le champ de l’adoption avec celui de l’humanitaire. Ni, réitère-t-il aujourd’hui à propos de l’adoption gay, avec celui de l’amour donné. Tant pis pour l’angélisme ambiant !

VIOIAINE DE MORELOS

Source : Le Point

 

2 commentaires pour "Echecs, L’ amour donné ne suffit pas"

  1. carlin dit :

    L’adoption est sans doute un pari, avec les risques que cela comporte. Mais ce n’est pas non plus un jeu de hasard. L’adoption est encadrée, elle pourrait l’être mieux encore, notamment dans le cas d’une éventuelle “confusion” évoquée par le Dr Levy-Soussan entre humanitaire et adoption. Par exemple, déterminer ou vérifier si le désir d’adoption est un préalable au désir d’humanitaire (un couple désire adopter un enfant et formalise son souhait dans le cadre d’un drame humanitaire, ce qui permet de conjuguer plusieurs objectifs) ou s’il est déclenché par un souci d’humanitaire (la catastrophe en Haïti avait déclenché sur FB une déferlante de posts stupides, voire odieux pour les Haïtiens, accompagnés d’une vague de désirs subits d’adoption comme on en ressent le besoin en visitant une antenne de la SPA). Le plus petit dénominateur commun, c’est l’enfant, qui doit être considéré comme un être humain et non comme un jouet, un hochet, un gadget de mode, un alibi pour bonne conscience, un acte militant ou tout autre vecteur d’autre chose. Ce qui exclut naturellement l’adoption d’un enfant par un couple gay, car l’enfant est alors un instrument, un objet, un prétexte, un slogan, une revendication, une marionnette, tout sauf une personne.

  2. Bretonne dit :

    L’adoption d’enfants étrangers doit être interdite.

Un truc à dire ?