“Et qu’il est indécent de ne pas mourir au printemps quand on aime les lilas, la la la…”

Aubépine en fleur

Lorsqu’en sentant mon bouquet sur cette table, je sens le vent de la forêt, de la haie pleine d’épines, de la chlorophylle pure, je sens que mon bouquet est réussi. Renoncules, muguet, lilas ou colchique, à peine ces petits noms dans ma tête, de vieilles chansons entraînent mes pieds pour des pas de danse, et j’ai envie de jupons et de tailles fines.

De la couronne de fleurs d’oranger de la jeune mariée à la gerbe de chrysanthèmes, il existe dans notre pays beaucoup de traditions fleuries. Le parfum des fleurs dans la maison est un cycle des saisons qui embaumait l’intérieur de nos ancêtres. Ne dit-on pas que la mémoire la plus ancienne est l’olfactive, alors si nous quittons le sapin très fort de noël, bientôt viendront les perce-neige et les jonquilles, et suivant les régions, il y aura d’autres traditions du muguet, hortensias, houblons aux plus exotiques amandiers, lilas, tulipes, les lys de nos rois et tant d’autres….

Petites filles nous avons toutes fait des petits bouquets de pâquerettes et de ces satanés coquelicots qui se fanent à peine coupés… C’est dans notre sang, ce qui nous différencie de nos ours, on s’extasie devant un petit bouton, une fine collerette et des parfums…

Il faut savoir qu’un bouquet, des fleurs apportent une vie dans une maison, une vie silencieuse mais très présente. Dans le feng shui, l’on dit que le courant, le chemin que l’on crée dans une maison, est attiré dans les petits coins sombres, soit par une lampe, un miroir ou un bouquet, voilà qui anime et qui apporte la vie !

De la vie mais pas de chichis

Pour ma part je trouve triste, sans parfum et histoires les bouquets tout prêts très graphiques de beaucoup de fleuristes, le moindre millimètre est étudié ; on choisit sa fleuriste comme on choisit son coiffeur, il y a de grosses différences entre chacun…

N’ayez pas peur de retravailler un bouquet, de virer le sophistiqué, et d’ajouter quelques branches de groseilles, de petites feuilles tendres du début de printemps, il faut qu’ils respirent nos campagnes, nos sous-bois et notre vent, c’est la nature et la fraîcheur que l’on fait rentrer dans une maison.

Et voilà la grosse différence entre une plante et un bouquet, le bouquet vient entièrement de l’extérieur et il ne croupit pas dans une maison loin du soleil.

Et tant pis s’il va faner, nous serons plus économe sur autre chose, ça fait du bien de recevoir un bouquet en cadeau ou de se faire plaisir, mon gros faible est un immense bouquet de renoncules de toutes les couleurs, encore bien fermé, et bien de chez moi.

L’on peut faire des bouquets de branches, de feuilles mortes, de ronces, de plumes, c’est toujours mieux que rien, et ça dure peu de temps, il est très amusant d’en faire des buts de balades, et surtout pensez dès maintenant aux semis, pour avoir bientôt de très beaux bouquets car quel plaisir de le faire soi-même, avec des fleurs de notre jardin !

Flore de Lune

 

4 commentaires pour "“Et qu’il est indécent de ne pas mourir au printemps quand on aime les lilas, la la la…”"

  1. Arwen dit :

    Aaaah ! Merci pour cette poésie aux senteurs ensoleillées !!!
    C’est parfait ! Enfin un peu de fraîcheur, de grâce et de légèreté dans cette atmosphère si lourde…

    Merci Flore de Lune pour ces quelques mots qui nous rappellent que la vie et le bonheur tiennent à bien peu de choses. Un petit bouquet de fleurs cueillies dans le jardin, et voilà notre coeur qui se réveille à la beauté de ces couleurs, formes et parfums…

  2. nanou dit :

    Les perce neige sont déjà dans mon jardin autour de la mare, hummmm !!!!! ça sent le printemps tout ça ;-)

  3. Caroline dit :

    Et moi j’ai hâte aussi de voir les primevères fleurir partout dans mon petit jardin… Il y en a déjà quelques unes ! ;-)

  4. Poil de Carotte dit :

    J’aime beaucoup cet article. Foi de lecteur masculin, voilà ce que j’attends quand je lis un féminin, qu’il soit sur la Toile ou sur papier

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