Plus belle la vie (de night-clubbeuse)

Cendrillon

Parfois je me pose des questions. Sur le monde, sur le plein-emploi, sur la fidélité, sur la psychologie masculine. Pour certains de ces sujets, je n’ai que peu de doutes. Pour d’autres, c’est la grande interrogation.

Comme j’aime aller sur le terrain pour mieux comprendre la vie, je me suis rendue samedi dernier dans une quelconque boite de ma ville. Ambiance rap-r’n’b non stop, entremêlée d’une techno plutôt douteuse. De quoi satisfaire n’importe quelle jeune esthète. Tout le gratin était réuni. Coiffeuses, mineures en goguette, garçons coiffeurs, caïds de la ZUP toute proche dont les casiers judiciaires sont aussi vierges que les gamines d’à peine 16 ans qui les accompagnent. Une sorte de remake de La divine comédie. Dante exhibant un t-shirt GUESS en guise de guest star. Les verres se vidaient peu à peu, des zombies faisaient des aller-retours entre les toilettes et la piste de danse. Le fumoir ressemblait au dernier salon mondain à la mode, où chacun pouvait raconter les ragots du lieu. Kevin a branché Manuela, Rachid a écoulé son stock de mauvaise came, Marina a sucé deux mecs différents dans les chiottes. Comme dans Closer mais là c’est toi la star, n’oublie pas de porter plainte en cas de diffamation.

Bien loin de Cendrillon

Une jeune fille en fleur, floraison suspecte d’origine maori tatouée en bas du dos, réalisait une danse étrange dans un coin. Devant une glace, elle répétait tout sourire ses meilleurs pas. La scène dura une bonne demi-heure, quand, soudain, ce fut l’heure de gloire. Sa chanson préférée – un bon vieux Keen’V avec une basse bien lourde – passa dans les enceintes. Ni une ni deux, notre héroïne se précipita sur le podium pour offrir son plus beau déhanché à la foule en liesse. Foule en liesse qui n’avait d’yeux que pour elle-même. En effet, le danseur de boite n’a que peu à faire des autres, solitaire parmi d’autres solitaires. Les politiciens s’écoutent parler, les clubbers se regardent danser. Le seul moyen de relancer un zest de sociabilisation aurait été de faire apparaître sous les projecteurs une bimbo maquillée comme un Cayenne volé. Quand la dictature de l’apparence atteint son firmament, l’altruisme peut reprendre le dessus. La vue de toutes sortes de danses nuptiales me rendit quelque peu le sourire. Comme une douce impression de n’avoir pas fait ce safari pour rien. Maintenant je sais à peu près comment trouver un mari…

Qui n’a jamais fait de réunion sextoys?

Le clou du spectacle était un événement « sextoys » avec distribution sur la scène et concours d’air sex pour remporter les précieux objets. Il fallait voir une ribambelle de jeunes gens se battre pour des boules de geisha et autres tubes de plastique. Je dois être trop réac, mais à la place des filles en chien, j’aurais plutôt cherché un sexe d’homme, un vrai, avec l’homme dans l’emballage. En considérant que la salle était largement remplie de célibataires, on peut prendre conscience de l’absurdité de la scène. 45% des femmes de moins de 35 ans auraient déjà essayé (sondage IFOP décembre 2012). En comptant les timides et autres mystérieuses, on peut aisément conclure à la majorité.  Alors toi aussi sois rebelle, refuses les jouets sexuels.

Tout ceci ne nous dit pas si être une night-clubbeuse est un choix de vie intéressant, certes. Mais maintenant vous avez un nouveau chiffre de sondage pour briller lors des déjeuners de famille. Merci qui ?

Alessandra

                                                            

7 commentaires pour "Plus belle la vie (de night-clubbeuse)"

  1. Ada dit :

    Et là on se demande si nos sentiments patriotiques ont encore un sens… Que veut dire vouloir se battre pour la France quand ces français sont ce que vous dépeignez si bien. Au moins ceux ci ne risquent pas de se reproduire avec leurs jouets! Danser seul, se faire du bien seul… Pour moi cet individualisme commence avec le casque que l’on met aux enfants pour qu’ils nous fichent la paix dans la voiture en regardant leurs dvd!
    Et dire que ces jeunes avaient sans doute des ancêtres qui allaient aux bals , faisaient tournoyer des filles en robe, et encore avant, faisaient des rondes de village.
    Notre monde actuel leur a lavé le cerveau et ils ne sont plus récupérables. Comme je suis qqn d’optimisme, je garde espoir en leur éventuelle descendance, qu’il faudra extirper de leurs poucettes 3 roues et de leurs petites fringues burberrys…

    • Naphtanila dit :

      Mais oui comment ne pas regretter ce temps merveilleux où nos ancêtrEs n’avaient pas le droit de vote, n’avaient pas le droit de posséder un compte un banque à leur nom et étaient soumises à l’autorité de leur père, mari…sans parler de toutes celles qui ont vu leur vie gâchée à la suite d’une de ces soirées, forcées de se marier parce qu’enceintes et ne bénéficiant de toutes ces choses qui font que la vie est mille fois plus appréciable pour les filles de ma génération: le divorce, la contraception, l’avortement.
      “L’age d’or ” n’existe pas.

      • Claire Belette dit :

        Tu t’es trompée de blog, toi !
        Achète-toi une âme et un cerveau, puis reviens.

      • Marie dit :

        Mais oui comment ne pas regretter les viols collectifs, les abus de travail, les embolies pulmonaires de Diane33, le port du voile…
        Chaque génération a ses problèmes et la notre c’est bien: contraception, divorce, avortement!
        Alors Naphtanila, va déposer ton goudron puant sur ton utérus histoire que tes idées nauséeuses ne pérennise pas.

        • Naphtanila dit :

          Mon propos n’était pas d’idéaliser la période dans laquelle on vit qui est évidemment loin d’être parfaite, mais de rappeler les libertés acquises en particulier pour les femmes. Personne ne vous oblige aujourd’hui à prendre la pilule ou à porter le voile ni même à recourir à un quelconque moyen de contraception, au divorce ou à l’avortement mais celles qui le veulent ont aujourd’hui la liberté d’y recourir et je ne vois pas en quoi ceci est un problème.

  2. phCarlin dit :

    Mais rassurez-vous la vraie vie est à notre portée, garanti satisfait ou remboursé, sans alcool ni gaudriole, sa odeur ni saveur, sans sueur ni moiteur, en vitrine mais pas genre quartier aux putes d’Amsterdam, version écran (non tactile) tablette Androïd (en attendant la version Androgyne, la “tablette pour tous”), sur e-darling (que c’est les adhérents qui co-optent, genre loge maçonnique), attractive world (pour vieux beaux grisonnants et working women asséchées), adopteunmec.com (où “l’homme est relayé au rang d’objet”, sic, même qu’ils ont confondu “relégué” et “relayé”…), badoo (tu veux tirer un coup ? vas sur badoo), bref, life is (more) beautiful !

  3. Ellisa dit :

    C’est clair !
    @phCarlin : je partage vraiment votre point de vue.

    Sans compter cette pub en 4×3 sur laquelle je suis tombée récemment dans le métro.
    –> Un visage de femme coupé pour ne laisser voir que de grosses lèvres pulpeuses à moitié cachées par un doigt à l’ongle bien verni symbolisant le fameux “chut”. La phrase d’accroche : “il est 18h, savez-vous où se trouve votre femme ?” et le slogan si je me souviens bien : “on n’a qu’une vie : tentez l’aventure !”
    Aucune ambiguïté : les sites de rencontres extra-conjugales ont pignon sur rue ! L’infidélité promue est sur le marché sans que ça ait l’air de choquer outre-mesure !

Un truc à dire ?