Médecines alternatives cahier n°1 :: L’ostéopathie vu par Emma Peel

Ostéopathie

 3 QUESTIONS à Alix, étudiante en Ostéopathie

Peux tu nous faire un petit historique et une rapide définition de ta future profession ?

L’ostéopathique est une pratique manuelle visant à rétablir les restrictions de mobilité du corps qui nuisent à son bon fonctionnement.

Cette médecine manuelle est crée en 1874 aux Etats Unis par Andrew Taylor Still. Ce médecin doit faire face à une épidémie de dysenterie et ne trouve pas de solutions pour guérir ses patients avec les moyens que lui offre la médecine traditionnelle. Il essaye donc de trouver des solutions pour guérir cette maladie et arrive à ses fins avec ses mains ! Ainsi commence une période d’essais, d’expérimentations. Il pratique de nombreuses autopsies pour approfondir ses connaissances en anatomie, qu’il considère comme la base de l’ostéopathie.

A partir de 1874, il crée le premier collège d’ostéopathie. La connaissance et la pratique de l’ostéopathie s’étend à toute l’Amérique puis arrive en Europe par la Grande Bretagne au début du XXème siècle.

Actuellement, la France est le pays en Europe où l’ostéopathie s’est la plus développée après la Grande Bretagne.

En quoi l’ostéopathie se démarque de la kinésithérapie ou de la médecine dite allopathique ?

L’ostéopathie est une technique de soins basée sur la connaissance du corps humain, de son anatomie. Elle cherche à redonner au corps sa pleine capacité de mouvement. En effet, pour un ostéopathe toute immobilité dans le corps est signe d’un problème et d’un affaiblissement du corps.

L’ostéopathe est un diagnostiqueur de première intention qui se charge de rétablir les déséquilibres quand ceux-ci peuvent être corrigés par une simple action des mains. C’est à ce niveau que rentre en jeu la complémentarité entre les ostéopathes et les kinésithérapeutes : nous ne réglons pas les mêmes problèmes. Un ostéopathe n’est pas capable de rééduquer un genou après une opération et un kinésithérapeute n’est pas capable de soigner une migraine, ou un mal de ventre.

De la même manière, un médecin et un ostéopathe n’ont pas la même action sur les problèmes qu’affectent le corps humain. Un ostéopathe peut régler un problème de dos, mais est beaucoup moins efficace pour soigner un cancer par exemple.

L’ostéopathie, la kinésithérapie et la médecine allopathique ne sont donc pas à rejeter mais à intégrer dans un système de soin intelligent et complémentaire.

Quel est l’avenir de la profession, notamment avec la multiplication des écoles ?

L’ostéopathie est en plein essor du fait de sa reconnaissance officielle par l’Etat Français en 2002. Ceci a eu pour effet, en plus d’une plus grande notoriété dans la population, une multiplication du nombre d’écoles en France : il y en a environ 70 contre 2 en Angleterre… Ce qui pose à la fois le problème de la qualité de l’enseignement et le problème du nombre de thérapeutes qui sortent des écoles.

En effet, les écoles sont des mannes financières de part le coût des études (environ 8000€/an pendant 5 ou 6 ans). Et plusieurs écoles sont rachetées par des fonds de pension qui n’ont cure de la qualité de l’enseignement.

Cette augmentation du nombre d’écoles et donc de nouveaux élèves diplômés chaque année pousse certaines écoles et le Registre Ostéopathique Français à demander un numerosus clausus comme en médecine.

Mais cela ne contente pas toutes les écoles comme vous vous en doutez… La profession doit donc rapidement se protéger contre ces dérives qui pourraient la fragiliser.

En bonus, auriez-vous un conseil à donner à nos lectrices ?

Allez voir au moins une fois par an votre ostéopathe : ça permet de faire un bilan complet et de répartir sur de bonnes bases. Cependant, rien ne remplace une bonne hygiène de vie au quotidien !

Emma Peel

 

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