vu sur le net :: Le mariage, les enfants, des biens de consommation ?

Trémois

 À l’origine, tout le monde pensait que le projet de loi sur le mariage des homosexuels était l’un des attrape-nigauds (en termes crus, attrape-couillons) par lesquels les politiciens amusent la galerie, faute de pouvoir agir sur les vrais dossiers.

Et puis, très vite, on a compris que derrière l’attrape-nigauds s’était glissé l’un de ces projets très réels par lesquels les fanatiques de la déconstruction veulent détruire un peu plus les fondements qui continuent de structurer les sociétés européennes aussi malades soient-elles.

L’homosexualité n’est pas une nouveauté historique

La question posée ne concerne nullement la tolérance ou le respect à l’égard de particularités sentimentales ou sexuelles minoritaires. L’homosexualité n’est pas une nouveauté historique. Il serait facile de dénombrer d’illustres personnages, rois, reines ou grands seigneurs des temps anciens qui préféraient la fréquentation intime du même sexe, et dont les chroniques anciennes se sont parfois moquées.

La vie privée est l’affaire de chacun et, tant que les préférences particulières ne dégénèrent pas en manifestations provocantes et en prosélytisme outrancier, il n’y a rien à objecter. Le respect du secret de la « privacy », comme disent les Anglais, s’impose. En France, par la création du « pacte civil de solidarité et de concubinage » (pacs), la loi a créé un cadre légal permettant à deux personnes du même sexe (ou de sexe différent) de vivre ensemble avec une série d’avantages sociaux ou fiscaux. Il s’agit d’une consécration sociale du désir d’amour ou d’affection. Le mariage est autre chose. Il ne se rapporte pas à l’amour, même quand il en est la conséquence.

Le mariage est une institution, pas un simple contrat

Le mariage est l’union entre un homme et une femme en vue de la procréation. Si l’on enlève la différence de sexe et la procréation, il ne reste rien, sauf l’amour qui peut s’évaporer.

À la différence du pacs, le mariage est une institution et pas un simple contrat. L’institution du mariage est définie par un ensemble de droits et de devoirs réciproques non seulement entre les époux, mais envers les enfants à naître. La cité (autrement dit la loi et ses représentants) intervient pour célébrer solennellement le mariage (devant le maire), estimant qu’elle en a besoin dans l’intérêt général. Jusqu’à maintenant, aucune société n’a jamais pensé avoir besoin de couples homosexuels pour se perpétuer.

Fondée sur la filiation

Insistons sur ce point, le mariage n’est pas une célébration de l’amour. Le mariage est une institution fondée sur la filiation et la parenté, même si les circonstances, parfois, ne permettent pas la venue d’enfants. La présomption de paternité est son nœud fondateur. Nos contemporains, comme voici 3000 ans les héros de l’Iliade (Achille, fils de Pélée, Ulysse fils de Laerte, etc.) continuent de se penser comme fils ou filles de ceux dont ils sont nés. Et peu importe la bonne ou la mauvaise entente entre les générations. La rupture de filiation est toujours un drame. Pour les enfants nés hors mariage, les recherches en paternité ne se rapportent pas qu’à d’éventuels héritages, mais à un besoin impérieux de savoir d’où l’on vient, de qui l’on est l’enfant.

Il faut aussi parler de l’adoption qui est toujours un risque et une souffrance. Certains couples homosexuels exigent de pouvoir adopter un enfant, un peu comme on achète un chien, un chat ou un instrument sexuel. Pour le moment, la loi nie l’analogie entre l’adoption par un couple homosexuel et par un couple formé d’un homme et d’une femme unis par le mariage. Elle estime à bon droit qu’un enfant, pour son équilibre ultérieur, a besoin d’un père et d’une mère. C’est donc l’intérêt de l’enfant qui est pris en compte et non les lubies ou les désirs de jouissance de certains adultes.

Ce n’est pas un bien de consommation ouvert à toutes les fantaisies.

En clair, il serait destructeur de changer la définition de la filiation et de la famille pour répondre aux attentes égoïstes de couples homosexuels très minoritaires. Ceux-là ont droit au respect de leurs différences, pour autant qu’ils ne détruisent pas une institution qui a été conçue dans l’intérêt des enfants. Si l’on admet le « mariage pour tous », pourquoi ne pas l’étendre à sa guenon ou à son chien préféré, à son frère ou à sa sœur, à son père ou à sa mère ? Pourquoi ne pas prévoir le mariage d’une femme avec deux ou trois hommes ? Toutes ces extravagances, on peut s’y adonner plus ou moins discrètement hors mariage. La seule question, finalement, consiste à se souvenir que le mariage n’est pas un bien de consommation ouvert à toutes les fantaisies.

La théorie des “gender studies” arrivent à pic pour justifier les particularités

Il est vrai qu’intervient en force la mode du gender, la « théorie des genres » (gender studies) venue des Etats-Unis et enseignée désormais dans les programme scolaires du second degré. Cette mode prétend que l’identité sexuelle est le résultat d’une construction sociale. Simone de Beauvoir écrivait déjà dans Le Deuxième Sexe, « on ne nait pas femme, on le devient ». Elle s’inspirait de la théorie de Sartre selon qui l’identité se réduit au regard que les autres portent sur nous. C’était idiot, mais nouveau, donc intéressant et « vendeur ». Les théoriciens des gender studies sont des féministes extrémistes et des homosexuels qui entendent justifier leurs particularités en niant qu’il y ait des femmes et des hommes – et sans doute aussi qu’il y ait des biches et des cerfs, des brebis et des béliers… (1) Comme cette fraction de la population dispose d’un haut pouvoir d’achat, son influence sur les décideurs de la « pub » est considérable. D’autant que leurs lubies relayées par les médias favorisent les nouveautés et les modes dont se nourrit le système marchand (2). Il est évident que pour ces toqués dorés sur tranche, le modèle familial fondé sur l’hétérogénéité des sexes et sur les enfants, n’est aussi qu’un « conditionnement social » qu’il faut éliminer. Ce sera plus difficile qu’ils ne l’imaginent.

Dominique Venner

Source: Dominique Venner

Notes: 

1° J’ai publié dans La Nouvelle Revues d’Histoire n° 30 (dossier Les femmes et le pouvoir), p. 40, un florilège des élucubrations de Mme Françoise Héritier, professeur honoraire au Collège de France, pour qui les différences physiques entre les hommes et les femmes, viendraient de la domination exercée par les mâles sur les femelles durant les millénaires du Paléolithique, les messieurs se réservant la nourriture carnée, alors qu’il imposaient aux dames d’être végétariennes… comme Hitler. Lumineux, non ?

2°Réflexion sur le système marchand développée dans mon livre Le Choc de l’Histoire (Via Romana, 2011).

6 commentaires pour "vu sur le net :: Le mariage, les enfants, des biens de consommation ?"

  1. phCarlin dit :

    J’adhère. Des évidences qui, précisément de toute évidence, ne semblent pas en être pour les élites décadentes qui se partagent les restes faisandés d’une Europe anémiée

  2. Harald dit :

    Le mariage étant l’institution pour perpétrer notre espèce, il y a des restrictions pour le célébrer, notamment la consanguinité. Or, si des homosexuels demi-frères s’aiment, ils pourront certainement se marier avec une loi aussi folle; et si eux ils le peuvent, au nom de la non-discrimination, les hétéros aussi le pourront… Comme quoi l’absurde n’en finit pas de montrer son absurdité.

  3. Alice dit :

    Eh oh c’est quoi ce blog plein de sous-entendus? Je suis hétéro et je suis pour le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants de parents du même sexe ! Sous entendre que les homos adoptent un enfant comme on adopterait un chien c’est de la bassesse intellectuelle et c’est inhumain de votre part !
    Et le symbole du mariage ? Vous en faites quoi ? Beaucoup de personnes se marient pour l’image d’union, et de respect qu’elle évoque !
    Votre article est tout simplement honteux ainsi que les commentaires inintelligibles de Harald et de Phcarlin… HONTE à vous !

    • RdB dit :

      Chère Alice,

      je crains que le monde lui-même ne soit devenu plus inhumain que ce que nos coeurs nous poussent à penser. Je n’ai rien contre l’homosexualité puisqu’en soi, on ne peut rien contre quelque chose qui existe depuis la nuit des temps. L’homosexualité est un fait, un penchant certes minoritaire mais qui existe et contre lequel il ne sert à rien de lutter. Ça n’aurait d’ailleurs pas de sens. Il n’y a aucune homophobie là-dedans d’ailleurs. Ces accusations vaines ne servent qu’à avorter toute discussion pour clore le débat et ne pas chercher à se poser plus de questions.
      En revanche, l’idée que l’Etat puisse légiférer sur le mariage homosexuel en l’appelant pudiquement “pour tous” pour ne pas stigmatiser une communauté particulière me paraît abherrante et pour le coup oui, contre-nature. L’homosexualité est une pratique stérile, par définition, et ne peut donc pas se reproduire. Il s’agit donc d’individus qui ont fait, à travers un choix sexuel, un choix de vie. Au même titre qu’un individu qui choisirait de consacrer sa vie à une oeuvre, à sa carrière ou en d’autres temps, à Dieu. L’homosexuel choisit la liberté et le sexe pour le plaisir sans le “risque” de procréer. (Les couples hétéros ont du attendre les années 50 et la pilule pour obtenir cette égalité ! Parce que la sodomie, c’est pas forcément la tasse de thé de tout le monde, et les vessies de porc avaient leurs limites…)

      C’en devient même un non-sens pour eux de prétendre aux chaînes du mariage ! Mais bref.
      Ce projet de loi est une aberration car il est un nouveau coup de marteau sur le sens de la nature. Après le mariage, ce sera l’adoption (cela existe déjà bien sûr mais que l’Etat légifère dessus intègre un symbolisme dangereux pour le peu de repères qu’il reste dans notre société) mais surtout la menace chaotique et destructrice de la théorie du genre. Documentez-vous autant que possible avant de suivre la bonne pensée du plus grand nombre. Je vous en conjure. Ne pensez pas uniquement à vos amis proches, homosexuels ou non, qui subissent la manipulation omniprésente de la société de consommation qui invite chaque individu à ne penser qu’à ses plaisirs personnels et égoïstes. La prétention au mariage et à l’adoption est un caprice d’enfant qui veut un nouveau jouet puis qui le jettera aux ordures et aux oubliettes dès qu’il aura quelque chose de plus brillant et de plus bruyant à se mettre sous la dent.

      Il est question de sexe, de nature, d’enfants… Je vous invite à lire mon commentaire sur l’article qui concerne l’avortement sur le présent site. Ça n’a rien à voir… en apparence. Mais avant de penser à nous, à notre gueule, à nos petits droits, à notre “égalité”, à notre sens de la tolérance, interrogeons-nous profondément à la conséquence de nos actes. Voyons loin et grand. Que sera notre société dans 20, 30 ou 50 ans. Il n’y a pas que l’avenir de l’enfant en tant qu’être âgé de 0 à 18 ans qui compte. Nos enfants en auront un jour 20-25-30 ans à leur tour et auront aussi des enfants. Quelles valeurs vont-ils leur transmettre ? Dans quel état sera notre société quand ils seront vieux à leur tour ? Que penseront-ils de nous, de nos choix, du monde qu’on leur aura laissé ? Réfléchissons avant même de leur donner vie et de crever de honte devant leur regard affligé de tant de bêtise.

      Oups ! Désolée, je m’enflamme ! Ce sont les risques de l’écriture passionnée et automatique. ;-)

      J’avoue que votre commentaire me donne prétexte à me lâcher, mais n’y voyez rien de personnel. J’entends tellement de phrases telles que les vôtres dans toutes les bouches que je croise, que j’ai vraiment le sentiment d’être bien seule parfois, voire folle. Enfin, ça c’était avant ! ^__^
      Maintenant je pratique la “contre-pensée” comme une hygiène quotidienne. Quand trop de gens pensent comme moi, je finis par me méfier ! ;-) Je me dis “Ouh là, attention, y a peut-être eu lavage de cerveau de ce côté-là !”

      Enfin bref. Vraiment désolée d’être si longue. Y en a gros sur la patate ! Ça devait sortir !
      Bonne soirée à vous chère Alice, et si vous avez des enfants, imaginez-vous à leur place quand ils auront votre âge ou seront plus vieux. Je crois que ça aide à prendre de meilleures décisions…

      Bien à vous,

      RdB

  4. Flore dit :

    Ce n’est pas un blog plein de sous entendu, rien n’est sous entendu, ici tout est affirmé, haut et fort.
    Et quoi Alice ? la démocratie voudrait que l’on nous interdise ? mieux, que l’on nous mette dans des camps de rééducation de la pensée ?
    Faut vous faire soigner avec votre sida mental Madame.

  5. MACHA dit :

    “Je crains que le monde lui-même ne soit devenu plus inhumain que ce que nos cœurs nous poussent à penser. Je n’ai rien contre l’homosexualité…” Je suis bien d’accord avec vous, mais pourquoi vous revendiquer “Belle et Rebelle”, si vous n’assumez pas votre homophobie ? Pourquoi ne pas dire les choses telles qu’elles le sont ? J’ai l’impression c’est temps-ci d’assister à une forme d’homophobie complexé. Pourquoi ? C’est si inavouable de l’être, ou serait-ce qu’une fourberie (ou supercherie) ? Pourquoi ne pas faire tomber le masque. Vous qui critiquez la société de consommation, toujours à l’affut de nouvelles stratégies pour séduire de potentiels nouveaux consommateurs, pourquoi faites-vous de même ? J’ai trouvé dans votre article et votre commentaire laissé à une lectrice, bon nombre de contradiction qui tentent à prouver votre homophobie.
    Le simple fait de dire, je suis contre le mariage, est homophobe. Quand un homme et une femme de couleurs différentes désirent se marier civilement et qu’on leurs refusent, cela s’appelle du « Racisme ». Quand un homme et une femme de confessions religieuses différentes souhaitent se marier civilement et qu’on leurs refusent, cela s’appelle « du racisme » mais aussi suivant les cas, « christianophobie, islamophobie ou antisémitisme ». Et lorsque deux personnes de même sexe veulent se marier civilement et qu’on leurs refusent, cela s’appelle de « l’homophobie ». Pourquoi ne pas sortir du placard ?

Un truc à dire ?