MENS SANA IN CORPORE SANO #2

Histoire des femmes dans la course

Courir est – avec la marche – le plus évident, naturel et spontané des sports. La simplicité et le peu de moyen nécessaire à sa pratique en font certainement le plus vieux sport de l’Histoire.

Qui ne connait pas l’ancêtre de la compétition, à travers les jeux panhelléniques notamment. On s’imagine souvent de robustes gaillards courant, sautant et luttant pour faire triompher leur cité ! Mais l’Histoire nous livre parfois quelques anecdotes amusantes, et exemples de femmes qui  avaient elles aussi leur place dans la pratique de la course et même dans la compétition…

Atalante (Mythologie Grecque)

Atalante, fille d’un roi de Scyros, fut abandonnée sur une montagne peu après sa naissance. Elle fut secourue et nourrie par une ourse, puis élevée par des chasseurs. Devenue grande, c’était elle-même une chasseresse habile et rapide. Elle avait décidé qu’elle n’épouserait que celui qui la vaincrait à la course et qu’elle tuerait les prétendants malheureux. L’un d’eux, Hippomène, eut recours à une ruse : en courant, il laissa tomber trois pommes d’or des Hespérides, qu’Aphrodite (déesse de l’Amour) lui avait données. Atalante s’arrêta pour les ramasser et, vaincue, épousa Hippomène. Elle prit part à l’expédition des Argonautes et à la chasse au sanglier de Calydon. Ils furent plus tard tous deux changés en lions en châtiment d’un affront fait aux dieux. Ils eurent un fils : Parthénopée.

1360 à 1350 avant J.C

Hippodomie, femme de Pelops (petit fils de Zeus) crée les jeux féminins (Héracées)

Jeux d’Héra

A Olympie au pied du Kronion, tous les quatre ans en septembre, avait lieu une compétition de course à pied, qui réunissait des femmes.

Seize femmes respectables par leur vertu et leur naissance étaient choisies parmi les huit tribus des Eléens pour présider ces jeux. Elles chantaient des hymnes en l’honneur de la déesse et elles brodaient le superbe voile qu’on déployait le jour de la fête. Elles décernaient le prix de la course aux filles de l’Elide.

Dès le signal donné, les jeunes émules s’élançaient dans la carrière proche. La victorieuse recevait une couronne d’olivier et la permission de placer son portrait dans le temple.

Ces jeux, les “Hérea” consistaient en trois courses de 160 m, ouvertes à trois classes de jeunes filles.
PAUSANIAS précise qu’elles couraient “cheveux pendants, tunique retroussée un peu au-dessus du genou, épaule droite nue jusqu’au sein.” Elles couraient, en chiton, sorte de mini-robe.

Sparte -VI siècle avant JC

La course faisait partie de l’éducation des jeunes filles, qui couraient en tunique courte. Il s’agissait d’obtenir des mères de famille robustes et vigoureuses.

Course, saut, lancer du javelot et du poids étaient pratiqués par les jeunes Lacédémoniennes court- vêtues, ou même non vêtues, ce qui scandalisait le reste de la Grèce.

1168

Première course féminine en France, à l’occasion de la foire de Beaucaire (le 22 juillet 1168 en Languedoc).

1903

La course des Midinettes ou “Le signal du grand réveil du muscle féminin.”
Le 25 octobre 1903 : Elles seront plus de 2.500 à rallier à la course ou la marche Paris à Nanterre sur 12 kilomètres. La triomphaliste, Mlle Jeanne Cheminel, accomplit le parcours en 1 h 10. La seconde était Lucie Fleury et la troisième Marie Trouvard, toutes deux couturières.

« Nous ne donnerons pas, et pour cause, le compte- rendu détaillé de la Course des Midinettes. Ce sont des choses qui ne peuvent se traduire. Imaginez, de la place de la Concorde au pont de Neuilly, cent, deux cents, trois cent mille personnes, peut-être un demi-million de curieux et de curieuses, se bousculant sur dix rangs d’épaisseur, juchés sur des échelles, accrochés aux becs de gaz, pendus dans les arbres.

Il est superflu d’indiquer que la police, insuffisante, fut débordée. Sur la place de la Concorde, une indescriptible cohue, tout un peuple mis en gaieté à l’idée de voir marcher des femmes, toute une foule secouée de gros rires libidineux. Paris s’était promis de rigoler tout son saoul. » (Extrait de “L’Auto” du 26-10-1903)

Courir c’est chausser des baskets, enfiler un short et un maillot, sortir de chez soi, et se laisser guider par le hasard des chemins, rien de plus.

Lore Constantin

1 commentaire pour "MENS SANA IN CORPORE SANO #2"

  1. Arwen dit :

    Cette photo est magnifique!!

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