L’origine du monde selon Lore Constantin

L'origine du monde

La “théorie de la jeune fille” ou “comment désorganiser une société”? Cet extrait du livre Gouverner par le chaos (éditions : MAX MILO) concerne ce qu’on appelle “la théorie de la jeune-fille”, où le pouvoir en place “jeunifie” la population et la féminise dans l’optique de désorganiser la société afin de mieux la contrôler. Ce texte, qui est à prendre pour ce qu’il est, nous intéresse car il traite de deux sujets importants : la féminisation de la société et la femme dans son essence.

“… pour désorganiser un groupe, il suffit de le “jeune-filliser”, c’est à dire de contaminer son système de valeurs par des images caricaturales de la Jeunesse et de la Féminité. Au-delà de sa fonction économique, l’univers de la publicité, où ces images sont largement diffusées, joue donc également un rôle de contrôle social incapacitant.

Tout d’abord, comment procède la féminitude ?

Du point de vue structural, les femmes sont des sujets qui, par définition, ne sont pas tout phalliques, qui jouissent certes partiellement comme les hommes, c’est -à-dire qui trouvent aussi du sens à la vie en collectivité, mais qui, pour être femmes, donc différentes des hommes, se réservent le droit d’être hors la loi, subversives, de ne pas entrer dans le jeu des contraintes sociales et donc de refuser l’organisation structurée des groupes, organisation toujours perçue comme masculine, voire phallocrate ou machiste, donc répressive et mauvaise, refus du politique qui les conduit à chercher du sens dans la sphère de l’intime, de l’érotisme et du fusionnel. Quête éternellement vouée à l’échec, le sens n’advenant que dans le social et la distinction.

Julia Kristeva, dans un chapitre intitulé le temps des femmes, fait ces réflexions profondes : “Plus radicaux, les courants féministes refusent le pouvoir existant et font du deuxième sexe une contre-société. Une société féminine se constitue, sorte d’alter ego de la société officielle, dans laquelle se réfugient les espoirs de plaisir. Contre le contrat socio-symbolique sacrificiel et frustrant : la contre-société imaginée harmonieuse, sans interdits, libre et jouissive. Dans nos sociétés modernes sans au-delà, la contre-société reste le seul refuge de la jouissance car elle est précisément une a-topie, lieu soustrait à la loi, écluse de l’utopie.”

Les femmes conservent toujours un quand-à-soi individualiste vis-à-vis du groupe et de son organisation. Appuyer sur cette propension à la jouissance individualiste, en d’autres termes persuader un groupe d’adopter des valeurs plus féminines, orientées vers l’intime et la sexualité, permet de despotiser un groupe et de rendre son organisation impossible, donc de faire disparaître ses idées à plus ou moins long terme, ainsi que sa dangerosité éventuelle. La police politique vient ainsi se loger dans des endroits où on ne l’attendait pas, notamment dans la presse féminine de tous âges. …”

Source: Gouverner par le chaos

7 commentaires pour "L’origine du monde selon Lore Constantin"

  1. Floredelune dit :

    Affreux cette photo !! Berk !

    • Il faut s’intéresser à l’histoire du tableau pardi! Puis au fond de l’article qu’il illustre et auquel il convient parfaitement. Ne soyez pas si jalouse ;-)

    • Claire Belette dit :

      Affreux, affreux… C’est vite dit !

    • Caro dit :

      Ce n’est pas une photo, c’est un tableau d’un des premiers peintres qualifiés de réaliste de la seconde moitié du XIXe siècle.
      Il s’intitule “l’origine du monde” et a été peint par Gustave Courbet.

      Je ne me rappelle pas la date de la toile mais je crois me souvenir qu’elle a fait scandale (on s’en doute) lors de sa première exposition, vers 1860 si je ne me trompe pas. C’est sûr que dans la société puritaine de l’époque, difficile pour les petits bourgeois de se prendre en pleine face la réalité de leur origine, car qui que nous soyons, nous sommes tous passés par là ! Et en ces temps où la foi était de plus en plus remise en cause, l’acte de ce peintre tendait à rappeler aux bigots d’alors qu’ils n’étaient pas issus du néant ou de l’immaculée conception. Une simple piqûre de rappel de la Nature et la revalorisation du sexe féminin comme origine de ce qu’il y a de plus sacré : la vie. ;-)

      Il ne tient qu’à nous de changer de regard ! ^__^

  2. carlin dit :

    En ce qui concerne le tableau, vu du côté d’un homme qui aime les femmes, c’est l’essence de la féminité. Les femmes qui se demandent pourquoi les hommes ne les aiment plus devraient se pencher surl’histoire de la féminité (et de ses canons) plutôt que d’obéir aux dictats de la pub. Dont le rôle consiste effectivement (car c’est ça le sujet) à féminiser la société (je sais, je me répète, je suis quasiment monomaniaque sur le sujet de la pub, qui est notre moderne miroir aux alouettes). Les femmes doivent se raser intégralement sous peine d’être moches, négligées, repoussantes, douteuses… et une fois que c’est fait, l’homme doit suivre (sinon il est, en plus de ce qui précède, machiste et simiesque) Ce n’est plus Adam et Eve, c’est Castor et Pollux.

  3. Hakima dit :

    Le nudisme est l’oeuvre du diable .

Un truc à dire ?