Et un jour j’ai emménagé chez un vieux

Mains anciennes

 Voilà l’histoire banale de l’étudiante qui change de ville et qui cherche le bon plan du moment pour s’abriter tout l’hiver, malheureusement le moment en question est le plein été, canicule pour les uns, fil d’attente devant les agences immobilières pour les autres…

Quèsaco le logement intergénérationnel?

Mais là cette année, j’avais vaguement entendu parler d’un concept assez novateur : le logement intergénérationnel. Quèsaco ? Des personnes âgées autonomes mais seules hébergent un étudiant pour une période d’environ un an en échange de menus services (qui vont de descendre les poubelles à aller au cinéma, en passant par faire les courses selon les demandes des uns et les possibilités des autres). Attention il est bien clair que l’étudiant n’est pas une aide ménagère ni un aide-soignant, comme il est évident  que si le contact social n’est pas votre truc, mieux vaut passer votre chemin.

Vous avez bien une heure pour faire la conversation..

Bref, quelques clics plus tard me voilà en relation avec une association, DIGI alias Domicile Intergénérationnel Isérois.  Ils paraissaient assez stricts sur les critères (il faut être présent au moins 5 soirs par semaine, au moins 2 week-ends par mois, être étudiant, gagner moins de 900€ par mois, avoir moins de 26 ans) mais ceux-ci sont surtout valables sur le papier, l’essentiel étant la volonté. Chaque  participant remplit donc un questionnaire avec ses attentes, ses besoins, ses limites (si jouer aux cartes ou faire la lecture vous fait palpiter, mieux vaut en parler) et en fonction les responsables de l’association organisent une rencontre.  Si le courant passe les « colocataires » ont deux à trois semaines d’essai avant de signer une sorte de contrat en présence d’un membre de l’association.

Déjà un mois!

Voilà déjà un mois que je vis l’expérience, loin du stéréotype de la vie étudiante, et j’aime ça ! Alors bien sûr, tout n’est pas rose, il s’agit d’une colocation avec ses inconvénients, mais j’ai l’impression de lutter un peu contre cet isolement qui ronge chacun.

Toujours plus nombreux, toujours plus seul

Parfois, mon petit vieux me dit qu’il n’a plus rien à attendre de la vie, qu’il est prêt et n’attend que la mort, ça me révolte qu’avec sa sagesse, son expérience, son regard critique, il ne puisse plus n’attendre que ça.  Et souvent je réalise qu’elles sont nombreuses ces personnes âgées délaissées par la force centrifuge de la mondialisation …

Émilie

 Liens utiles : Digi Logement intergénération

 

2 commentaires pour "Et un jour j’ai emménagé chez un vieux"

  1. Marie dit :

    Véritable alternative à l’oublie de tous nos petits vieux. Toujours plus nombreux à trainer leur Parkinson dans la solitude alors que ça ne coûte pas grand chose en effet une parole, un logement, un soutien…

    Me donne des idées pour l’an prochain.

    Merci pour le tuyau, enfin une solution pour venir en aide à nos pères, nos mères, à qui on doit bien ça!

  2. nanou dit :

    ça m’aurait bien plu ça !, en plus ces “petits vieux” doivent avoir plein de choses à raconter sur la vie d’avant. De véritables pages d’histoire .

Un truc à dire ?