Restons civils sur toute la ligne

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« Restons civils sur toute la ligne » est la nouvelle campagne de publicité lancée par la RATP « destinée à sensibiliser les voyageurs sur le thème des incivilités dans les transports en commun ».

Elle est composée d’affiches représentant notamment des animaux qui se comportent mal dans les transports. On a par exemple le paresseux assis sur un strapontin alors qu’il y beaucoup de monde dans le métro avec le slogan « qui paresse aux heures de pointe risque 2 ou 3 plaintes ». Ou encore le bœuf qui se précipite pour rentrer le premier dans le wagon sans d’abord laisser sortir les usagers avec le slogan « qui bouscule 5 personnes en montant ne partira pas plus vite pour autant ». Et encore bien d’autres sur les thèmes du manque de propreté, des nuisances sonores, des bousculades, de l’absence de courtoisie et des fraudes.

Moi je suis tout à fait d’accord avec cette campagne. Lorsque l’on utilise les transports en commun, la moindre des choses est de se comporter correctement : on valide son titre de transport (et on commence déjà par l’acheter), on dit bonjour au chauffeur du bus, on laisse descendre les gens avant de monter dans le wagon…  Ce sont des petits gestes que je m’efforce d’appliquer quotidiennement même lorsque j’ai en face de moi des gens qui vraisemblablement n’ont pas la même vision des choses.

Oui, mais laissez-moi vous raconter une petite anecdote. Ce matin, comme tous les matins, j’emmène mon fils de deux ans à la crèche. J’en ai pour un quart d’heure à pieds donc lorsque je peux attraper le bus, je le prends car même pour une station, cela m’avance bien (surtout lorsque je suis en retard comme tous les matins ce matin). Lorsqu’il n’y a pas trop de monde, je monte avec le petit dans la poussette et quand il y a foule, je plie la poussette et le petit reste debout. La moindre des choses en somme. Donc ce matin, je m’apprête à monter dans le bus avec ma poussette dépliée et le petit dedans car le bus était quasiment vide. Seulement voilà, le chauffeur n’ayant pas fait trop d’efforts pour se rapprocher du trottoir, cela commence à devenir compliqué car il faut que je porte la poussette pour la monter dans le bus alors que d’habitude j’ai juste à la basculer. En même temps, je constate que le chauffeur est très occupé à discuter, elle n’a donc sûrement pas vu la distance qui sépare son bus du trottoir. Ca tombe bien, je suis enceinte, c’est exactement ce dont j’ai besoin.  Et voilà qu’évidemment, la roue avant se coince contre la paroi qui sépare l’entrée du bus en deux et je n’arrive pas à la décoincer. Etant positionnée à l’arrière de la poussette, je ne peux pas utiliser mon pied pour décoincer cette satanée roue. Debout à côté du chauffeur se trouve un agent de la RATP (une femme) qui est donc très occupée à papoter avec sa copine le chauffeur et qui au bout d’un moment me regarde exaspérée d’un air de dire « bon bah tu te magnes cocotte ».  Et elle se remet à discuter. Je me débrouille donc toute seule puisque personne ne daigne me donner un petit coup de pouce. Pas rancunière (enfin disons que j’essaye de ne pas l’être car ma religion me l’interdit), je valide mon titre de transport et je me fends d’un « bonjour » que même la mamie à moitié sourde au fond du bus a dû entendre (j’ai bien compris les messages de la campagne de pub). Les deux compères se retournent médusées en me répondant un timide « bonjour ».

Alors voilà, moi je veux bien « rester civile sur toute la ligne », mais est-ce qu’il ne faudrait pas que les agents de la RATP commencent par montrer l’exemple ?

http://www.ratp.fr/fr/ratp/r_50305/restons-civils/

Agnès Pinson

5 commentaires pour "Restons civils sur toute la ligne"

  1. Nadia dit :

    Rien à dire car tout a été dit !!!

  2. Christophe dit :

    Bonsoir,
    je suis agent RATP (contrôleur, surtout dans les bus) et je comprends votre déception. La coutoisie est en voie de disparition parmi nous. Cela correspond à une évolution générale de la société (pardon pour le lieu commun) et nous n’y échappons pas. Il y a aussi d’autres explications (qui ne sont pas des excuses). Nous travaillons dans toute la région. Dans les quartiers civilisés et dans le zoulouland (ou la casbah, comme vous voudrez). Dans ces contrées dangereuses abandonnées de l’autorité publique, les conditions de travail sont pénibles. Au mieux, nous sommes ignorés. Jamais de “bonjour”, quant à faire suivre le salut de la civilité…ne rêvons pas. Au pire, nous sommes agréssés. En général verbalement, parfois physiquement (une dizaine de fois en six ans en ce qui me concerne). Dans ces conditions, beaucoup de mes collègues, un peu moins éduqués que moi (tout est relatif), préfèrent limiter leurs relations au minimum avec les voyageurs. Soit par hostilité, soit par crainte. J’avoue qu’il m’est souvent difficile de résister à l’envie de rejoindre la première catégorie. L’argot et l’humour peuvent aider un peu mais ça ne suffît pas. De plus il n’y a plus assez de grèves pour embêter les “cochons de payants” (les usagers) en laissant les “bènes à ordures” (les bus) au garage. Je ne peux même plus m’amuser en regardant la “galère” (dixit JP Pernault) des pauvres usagers en regardant le JT de TF1. La vie est vraiment ingrate. Plus sérieusement, même les quartiers civilisés sont parfois des terrains minés. Il s’y trouve toujours des donneurs de leçons pour se plaindre de la qualité du service en évoquant nos avantages scandaleux (si j’aurai su, j’aurai pas v’nu!) ou nos grèves à répétition (les traditions se perdent…).
    En ce qui concerne la ridicule campagne de publicité évoquée, elle est bien dans le mauvais goût contemporain, vulgarité en prime. De plus, elle peut (ou plutôt veut) laisser (faire) penser que les auteurs d”‘incivilités” (nuisances importantes ou violences, en bon français) sont des usagers ordinaires. Vous et moi en somme. Or ce n’est pas le cas, je suis payé pour le savoir. Vous m’aurez compris. Permettez-moi de vous souhaiter une très bonne soirée et j’espère avoir l’occasion de vous croiser un jour sur le réseau pour vous verbaliser.

    Un contrôleur misanthrope

    PS: Vraiment un très bon site.

  3. MALA DIBA dit :

    Bonsoir,

    Je me demande dans quel monde vivons-nous? Je suis une soignante et je ne peux pas compter toutes les fois ou je me suis interposées dans le 131 au terminus à l’Hay en direction de la porte d’Italie, ni de laisser me coordonnées pour témoigner et être contactée du haut de mes 50 ans bien tassés et des brouettes, de mes 1m80 et de ma belle couleur exotique mais parlant sans accent et fière d’être un Titi parisien depuis 40 ans!
    Ce soir, je déchante : victime d’un accident sur les quais d’une station de métro parisien, j’ai une canne anglaise, une attèlle à la jambe droite suite à une entorse et je boitille. Mon état visible n’a pas empêché un conducteur de bus, le 185 de refuser de me déposer au terminus du TVM, ce soir afin que je fasse la correspondance pour Belle épine.Ce monsieur qui nous a gentiment informé à la gare routière de Louis Aragon que “l’arrêt des bons enfants n’était pas desservi” a oublié de nous prévenir qu’il bifurquait et ne passerait pas devant le centre commercial. Pour toute réponse à une jeune femme et à moi-même, il a dit : “vous ne voulez tout de même pas que je vous y amène en voiture?” la jeune femme descend, mon état me l’interdit, s’ensuit un malentendu qui preterait à rire s’il n’avait foncé et je pèse mes mots jusqu’à dans le MIN (Marché d’intérêt régional) rue des 3 marchés et s’y est arrêtait. Voyant que je ne descendait pas et qu’au même moment un proche m’appelle, ma grande fille et son fils de deux ans, à qui je dis que j’ai enregistré la conversation avec le “vous des gueulards”profitez et taisez-vous”.. Il est descendu alors qu’il m’avait dit ,initialement qu’il m’amenait au poste de police et porter plainte contre moi .
    J’aurais été un homme, pas une personne de couleur, se serait-il conduit ainsi? Je lui relatais le fait que je suis momentanément handicapée, l’accident étant arrivé dans une station de la Ratp, il m’a dit hé alors? C’est un agent qui vous a bousculé? Arrêtez d’emmerder le monde et prenez les escaliers et vous y serez? Vaines furent mes protestations.Pour informations je suis mère de 4 grands enfants de 38 à 22 ans nés à Clamart à Antoine BECLERE.Veuve depuis 3ans, 5 fois grand-mère, ma jeune fille de 22 ans est dans l’armée, mes deux grands bien insérés à l’étranger et ma grande fille en congé parental est dans une banque française service de portefeuille étranger.Aucun de nous n’a de casier judiciaire.
    Je regrette toutes les valeurs que j’ai communiqués à ma jeune fille, ce soir.
    Ma douleur alliée à la souffrance m’a obligée d’être longue d’autant plus que j’ai marché jusqu’au treminus des bus à Rungis, les chauffeurs vu par hasard, m’ont écouté mais ne pouvaient rien faire pour moi.
    Veuillez,je vous prie rappeler au chauffeur, ses droits et que ce genre de comportement n’est pas digne de service publique; j’ai un navigo annuel, il a fait très froid ce soir à 18h30 et j’étais seule entourés des bâtiments vides à cette heure là et sans lunettes cassées dans la bousculade par l’energumène à l’origine de mon entorse. C’était la fin de son service , ne cessait-il pas de me le dire.Vous me voyez plantant là un patient et partant parce que c’est la fin de mon service? Quittant le domicile d’un patient tou l’amenant plus loin qu’il n’en fallait et le mettant en danger ! C’est dommage. J’ai un neuveu sur la ligne 172 et les conducteurs méritent un certain égard, c’est ce qui m’a retenu.
    Merci

  4. Katarina dit :

    @Christophe,

    le contrôleur misanthrope. ;-)

    Bien que victime des transports en commun au quotidien, je ravalerai l’amertume et le dégoût que m’inspirent les uniformes de l’institution RATP/SNCF et Cie, pour vous REMERCIER de votre avis que je partage complètement sur cette campagne contre les incivilités !!!

    Car super le regard et les slogans moralisateurs/culpabilisateurs qui font le “package” en s’adressant à tout le monde. Les incivilités pour tous, c’est maintenant !

    Ah oui, mea culpa ! Pardon chère société, j’ai oublié de me fouetter ce matin ! Comment ? Ah, ce n’est pas à moi que ce discours s’adresse ? J’ai du mal comprendre alors. Je pensais que par crainte de heurter la sensibilité de certaines personnes, vous aviez pris le parti de vous adresser “à tous” (c’est décidément la mode !) afin de ne pas stigmatiser une certaine catégorie de la population…

    Merci Christophe de l’avoir rappelé.

    • Christophe dit :

      Chère Katarina,
      je comprends volontiers votre goût peu prononcé pour nos uniformes qui sont, il faut bien le reconnaître, d’une rare laideur (car il s’agît bien d’un problème purement esthétique, non?). Nous devons en changer l’année prochaine. Les nouvelles tenues seront surement encore plus moches…
      Pour information, le nombre des agressions augmente sans cesse et cela coûte de plus en plus cher à cette malheureuse régie (accidents du travail et autres arrêts-maladie). Il va sans dire que lesdites agressions sont généralement (soyons gentil…) le fait de Sensibles (comme leurs quartiers).
      Tout cela pour pas grand chose car, quand ils ne disposent pas de cartes spéciales dites “solidarité transport” (payées par vous et moi) aimablement fournies par les élus du “changement” (de peuple?), ils fraudent massivement. Je sais que ce n’est pas légal, mais je me suis amusé à faire des statistiques (à l’époque ou l’on verbalisait sans distinction) et j’avais constaté (sur trois mois) que plus de 85% des contrevenants étaient issus de diverses cités (pardon, je n’ai pas pu résister…). Pour limiter la casse, on se “recentre” sur des contrevenants moins…Sensibles et plus…solvables (vous). C’est plus reposant et moins dangereux pour moi mais vous avez intérêt à bien respecter les règles (pas toujours claires). Il faut bien financer le service publicS et les Sensibles sont si pauvres…
      Jusque là ça ne se passait pas trop mal pour moi (il était temps…) mais c’était trop beau. Mon cher employeur étant financé par la région Ile de France (défense de rire), cette dernière lui a probablement demandé de lutter contre les odieuses discriminations dont sont victimes les Sensibles (qui sont aussi les électeurs du “changement”…). J’en retrouve donc un nombre croissant parmi mes nouveaux collègues (dont ne voudrait aucun patron du privé), ce qui ne contribue pas améliorer notre ambiance de travail, sans parler des rapports avec les usagers des secteurs civilisés. Le changement, c’est maintenant!
      Bon voyage, chère Katarina!

      PS: J’espère que le modérateur, pardon, la modératrice, ne m’en voudra pas de m’être à nouveau introduit au sein de votre gynécée webmatique.

Un truc à dire ?