Vu dans la presse :: L’IVG tue

pillulle

Seulement 32,70 €, plus 26 € de frais de port, et c’est tout. Pas même besoin d’une ordonnance, ou du moindre petit conseil ou suivi médical. Le MTC Kit — comprendre kit IVG en anglais, pour medical termination of pregnancy — est en vente libre, sur un site Internet hébergé en Grande-Bretagne.

Depuis la France, il suffit de chercher sur Internet « où acheter en ligne la RU 486 (NDLR :la pilule abortive qui est prescrite en France avec un suivi médical) à peu de frais? » pour immédiatement tomber sur le MTC Kit.

Hier, l’Afssaps (Autorité française de sécurité sanitaire des produits de santé) et la Direction générale de la santé (DGS) ont tenu à alerter le grand public, mettant en garde contre les risques graves pour la santé engendrés par ce « médicament illicite, qui ne dispose d’aucune autorisation de mise sur le marché ni d’autorisation d’importation sur le territoire français ».

Concrètement, ce kit abortif, utilisable jusqu’à la septième semaine de grossesse, selon sa notice explicative, est constitué de cinq comprimés. L’un, composé de la molécule misoprostol, doit être administré par voie vaginale, les quatre autres, contenant de la mifépristone, le sont par voie orale.

Sur le papier, misoprostol et mifépristone composent respectivement les principes actifs contenus dans la pilule RU 486 et dans le Gymiso, qui lui est systématiquement associé. Ces deux produits sont utilisés pour 30 % des avortements médicamenteux pratiqués en France, mais avec un suivi médical. En outre, ils sont réalisés dans un délai ne dépassant pas la cinquième semaine de grossesse.

« Si ces deux principes actifs sont bien les mêmes, leur dosage est mensonger dans le kit MTC, souligne Stéphane Lange, chef du département veille sanitaire à la direction et l’inspection des établissements de l’Afssaps. Il est inférieur à ce qui est annoncé sur la notice. » Les conséquences possibles sont dramatiques : un avortement « incomplet », qui risque de générer une infection, ainsi que des hémorragies très importantes. « En outre, l’administration par voie vaginale est tout à fait proscrite, dans la mesure où elle présente un risque infectieux très important », souligne le spécialiste.

Alertées il y a quelques semaines, les autorités sanitaires françaises n’ont, pour l’heure, pas connaissance de Françaises ayant utilisé le MTC Kit. « Si c’était le cas, il faudrait absolument qu’elles consultent un médecin dans les meilleurs délais », recommande Stéphane Lange.

Aucune plainte n’a été enregistrée à ce jour en France contre le MTC Kit et son fabricant, la société anglaise Cipla Ltd. Néanmoins, l’Afssaps et la DGS ont dores et déjà entamé une démarche, qui pourrait entraîner une enquête pénale, en alertant les services de police spécialisés dans la cyberdélinquance.

Source: Le Parisien

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