Dédé bite en bois

pin up ancienne country side belle et rebelle

Dans les magazines féminins, les magazines tout court, totems de la société post moderne, on passe sa vie à démystifier, à désacraliser à peu près tout. De la grande cuisine aux mythes collectifs en passant par les us et coutumes de nos congénéres, tout est analysé, conceptualisé, décortiqué, anatomisé, disséqué et enfin éparpillé aux quatre vents. Tout. Même le plus personnel, même le plus intime, même le plus inavouable.

Plus jamais de vraie honte donc. De tabous non plus, le dernier d’entre eux, la race, est annihilé ou exacerbé (selon l’endroit duquel on se positionne )par la société multi-raciste.

Dans l’optique de mettre tout à la portée de tout le monde quand bien même on n’aurait rien demandé, la société post-moderne est un peu obligée de passer le rouleau compresseur sur à peu près tout.

Le sexe par exemple. La société de consommation a rendu le sexe chiant, littéralement casse-couille.

Les femmes renâclaient à se déloquer devant leurs hommes en rythme sur une musique lascive digne d’un mauvais boulard?

Parfait, elles vont s’effeuiller. Se quoi ? S’effeuiller madame. Ah il s’agit de se foutre à poil ? Non madame, il s’agit de se faire plaisir avant de faire plaisir, prendre conscience de son corps, de sa beauté, de son pouvoir. Hein ?

Ouais, on a accouché du strip tease burlesque oups! de l’effeuillage burlesque, pardon. Ainsi, les femmes peuvent prendre des cours où on leur expliquera que le strip tease est avilissant parce que son but avoué est le plaisir de l’homme, tandis que le strip tease burlesque ce n’est pas pour faire plaisir aux hommes donc, 1). ce n’est pas avilissant, puisqu’aucun regard concupiscent ne se pose sur toi 2). de toute façon, c’est pour te faire plaisir à toi même, donc c’est permis !

Bah alors pourquoi tu prends des cours pour te déloquer si c’est pas pour faire plaisir à ton mec?

Si c’est que pour moi, j’ai pas besoin quand j’me déloque j’me déloque point barre, pas la peine d’épiloguer.

Son pendant “professionnel”, nous dirons que c’est le lap dance tel qu’il est pratiqué dans ces établissements qui sentent la javel, avec une vitrine très chic, des filles distinguées (d’abord, si elles sont distinguées, pourquoi font-elles ce métier et pourquoi les hommes viennent ils les voir? ils n’ont pas deja des femmes distinguées à la maison ? ne sont -ls pas la pour voir des trainées? des femmes de petite vie ?)

Le lap dance donc, celui que l’on s’offre avec une monnaie “locale” que l’on aura convertie au bureau de change contre de l’argent (bien vrai celui là). L’inflation n’est d’ailleurs pas que dans le caleçon d’après ce que j’ai pu en constater !

Le lap dance festif donc, cette danse lascive, à corps rapprochés, monnayé en monnaie de singe, aseptisée, danse académique, mouvements calculés, souffle sans particule.

Pourvu que ça ne ressemble pas à un chibre !

Évidemment, le tableau ne serait pas complet si l’on n’évoquait pas ces lieux de débauche que furent, un temps lointain les sex shop. Aujourd’hui, on ne consomme la marchandise des sex sop que sur internet. Pas de piquant, pas de honte à aller s’acheter un gode King size dans l’une de ses échoppes du vice. Non. Même sur votre relevé de carte bleue, pas la moindre emprunte. Alors, pour redonner un peu de saveur à la pratique d’achat fort peu catholique, les marketeurs ont mis au point les sex shop pour bobo. Version policée de sa catin de sœur ainée, la petite frangine gâtée n’a rien à voir avec ses congénères sentant le stupre et la luxure 100 mètres avant la porte d’entrée; la petite coincée se pare d’atours élégants, des boiseries colorées en ton pastel, arborent des velours suaves, se meublent de guéridons délicats et même, comble du vice, de moulures Louis XVI. Dans ses rayons, point d’objet de performance bêtement phalistiques, non, quelle vulgarité. On y trouvera plutôt des auxiliaires de sexualité, des adjuvants d’amour, des substituts érotisants, des favorisateurs libidinaux, bref, toutes les formes toutes les couleurs pourvu que cela ne ressemble pas à un chibre!

Donc on va te vendre quelque chose qui n’aura pas le gout du sexe, qui ne ressemblera pas au sexe, qui n’aura pas le toucher du sexe, mais qui, ça on te le garantit par tests cliniques seront du pur concentré de sexe. Ultimate expérience, mieux que mieux, ton orgie perso à la maison et sans rien salir, tes bacchanales customisées avec la photo de ta mère en sticker si ça te chante !!!

Non vraiment, y’a pas à dire, on va te vendre la jouissance suprême, la bagatelle du siècle, baratter à en avoir le membre en feu, bref, tu vas vraiment kiffer grâce à cette bimbeloterie que tu vas raquer à prix d’or. Tu sais pas encore si tu vas trousser, mais en sortant de là, tu as une certitude, celle de t’être fait détrousser !

Et pour conclure, le tableau ne serait pas idyllique si l’on ne rendait pas à César ce qui est à César, la palme d’or du sabotage revenant irrémédiablement aux magazines féminins à qui les messieurs ne disent pas merci. Car non content d’avoir suggéré aux dames qu’elles pouvaient aller voir ailleurs, les magazines féminins leur ont expliqué qu’elles ne jouissaient pas comme il faut.

Le royaume de la bite en bois

Non, elles ne jouissent pas comme les hommes, donc elles ne jouissent pas bien. Pour sur, elles ont un problème. Mais lequel ? oh en souscrivant un abonnement à l’année, elles apprendront, chaque vendredi, qui de leur point G, qui de monsieur qui s’y prend mal, qui de la sexualité de groupe n’ayant rien de choquant, qui d’accepter de montrer son sexe aux passants, que décidément, il y a un truc qui cloche. Quelque chose de pourri au royaume de la bite en bois !

Ah, société post moderne, nous les femmes Belles-et-rebelles nous ne te disons pas merci et regrettons bien le temps où l’on se faisait trousser, certes par son époux, certes le fut’ sur les genoux, mais dans la paille que diable!

Malena Modrey

 

2 commentaires pour "Dédé bite en bois"

  1. Camille Acristem dit :

    Je suis arrivé amusé, me disant que j’allais lire quelque chose de drôle et puis :

    “De tabous non plus, le dernier d’entre eux, la race, est annihilé ou exacerbé (selon l’endroit duquel on se positionne )par la société multi-raciste.”

Un truc à dire ?