Au chiotte le micro-onde, aux égouts la junk –food !

finie la junk food belle et rebelle

Le défi du jour va consister à se jeter derrière la cravate, autre chose que de la bouse en barquette !

Il est devenu très dur aujourd’hui de trouver le temps de cuisiner. Le monde va si vite que personne ne sait plus comment s’arrêter. Victimes d’une course absurde vers la célérité,   nous sommes comme ces bobines de fils qui, ne trouvant pas d’obstacle, se déroulent sans cesse.

Malheureusement, il semble qu’il existe toujours une occupation, un Divertissement Pascalien pour relancer la bobine.  A l’heure du dîner, le plat unique qui rempli nos assiettes est ingurgité en quelques secondes devant une émission pathétique, avant de retourner à nos petites occupations égoïstes. Petit secret : le temps finit quand même par passer et il y aura toujours autant à faire !

Il est l’heure de mettre fin à cette course folle, de ralentir le rythme pour prendre le temps de passer un moment convivial autour de la table. Chacune de nous sera un jour amenée à être femme et maman, ou l’est déjà,  et sans abaisser la maîtresse du foyer au rôle de cuisinière, c’est pourtant à elle qu’il incombe cette lourde tâche. Les féministes grognent en meute… Justifions alors cette répartition des rôles.

Évidemment certains hommes et maris aiment prendre le temps de cuisiner. Pourquoi les femmes devraient faire ce travail alors que dans les grands restaurants les meilleurs cuisiniers sont souvent des hommes? Allez dans ses restaurants au beau milieu d’un coup de feu : stress, travail à la chaîne, aucune reconnaissance, absence de politesse, tout y est fait pour blesser nos égaux féminins si fiers de leur parité… Oui, certains hommes cuisinent très bien, mais a-t-on déjà entendu parler des recettes de grands-pères ? Eh non ! Celles qui traversent les générations sont bien celles de nos grands–mères !

Pendant que dans les rayons surgelés se succèdent les plats cuisinés prêts en 3 minutes au micro-onde, nous oublions d’apprendre. Le répertoire culinaire d’une étudiante se limite aux coquillettes, purées, steaks. En dehors du fait financier évident, nos mères ne transmettent plus, la cuisine familiale sombre dans l’oubli. Pendant ce temps, on nous parle de progrès de la science. Nos grands-mères n’étaient pas scientifiques et pourtant elles avaient compris comment ne pas brûler un caramel, rattraper une béchamel ou inclure l’ingrédient secret qui donne une saveur inoubliable à une simple tarte aux pommes. Pourquoi, dans certains cas, on parle de progrès et dans d’autres, égalité des sexes ? Il est temps de remettre de l’ordre dans la marche du monde, d’ouvrir à nouveau ce livre de grand-mère pour transmettre nos connaissances et comme toutes les autres sciences, avancer !

Il y a également dans la tâche cuisinière la possibilité de trouver un peu de repos et permettre à notre trop plein d’hormones de se diffuser !  On peut également trouver dans la confection réussie d’un dîner la satisfaction d’avoir produit soi-même quelque chose. Et de voir sa réalisation culinaire se sublimer lorsque la famille réunie autour d’une tablée se délecte et remercie mille fois la maîtresse de maison ! Voilà un bon moyen de se réaliser quand on a peur de n’avoir rien fait de sa journée si ce n’est le labeur effectué au travail.

On reproche souvent dans les familles l’absence de dialogue. Les repas silencieux durant lesquels la télévision, élevée en Sainte,  trône au milieu de la cuisine et remplace les échanges. Le lieu principal de la communauté, où des discussions régulières pourraient remplacer certains orages familiaux, est remplacé par un lavement et un avilissement quotidien. On ne raconte plus l’histoire de sa famille, on ne débat plus de politique, on gobe les futilités que le petit moniteur veut bien nous lâcher !

Vous nous dîtes restauration rapide, surgelé, soda, micro-onde ? Nous répondrons en nous réappropriant nos cuisines. En y délogeant cette arrogante télévision à qui nous avons permis de se substituer à nos familles. En y remplaçant ce plat prêt à gerber par une concoction du terroir, transmise depuis des générations dans nos familles !

Alice

 

 

2 commentaires pour "Au chiotte le micro-onde, aux égouts la junk –food !"

  1. Calypso dit :

    En effet, rien de tel que la satisfaction de voir sa famille se délecter du repas que vous avez préparé et vous faire part du plaisir qu’elle a eu à le manger. De plus, il est vrai que cuisiner nous permet d’écouter la radio, de la musique ou tout simplement discuter avec son marmiton.
    Etant étudiante, je n’ai pas toujours le temps ou les moyens de cuisiner, ce qui ne m’empêche pas d’essayer de changer mon ordinaire en changeant sauces et recettes !
    Un article délicieux !

  2. Orcatek dit :

    The photo is copyright Dean Farrell, Orcatek.com

Un truc à dire ?