Radiographie du gang-bang

gang bang belle et rebelle

Sarah Brunel répond aux exigences audimatesques délirantes de la Rédaction et nous parle de sexe!

Moi, quand on me dit de faire dans le racoleur pour faire grimper les statistiques de fréquentation du site, je n’y vais pas avec le dos de la cuillère! Alors accrochez-vous à vos claviers, car nous allons parler de sexe, cette passion dévorante et compulsive d’une époque où pourtant, on ne baise guère plus qu’avant (et même plutôt moins si vous voulez mon avis, qui, certes, vaut ce qu’il vaut) !

Parler du sexe est d’ailleurs l’une des spécificités de notre temps crépusculaire, jadis on se contentait de le pratiquer, aujourd’hui on l’analyse, on le dissèque et on en débat. « Jadis », c’était le temps béni où la sexualité était une activité privée, intime, sereine et (souvent) joyeuse avant qu’elle ne soit transformée en nouvelle niche du marché global, en champ d’étude pour les socio-psychologues en manque de sujets de thèse, en défouloir à névroses, en thème d’émission télé Delaruesques, en source d’angoisse et de « questionnement », et surtout en objet marketing bien juteux géré par les pharmaciens et les marchands de godemichets. Bref, c’était le temps d’avant la fameuse et sacro-sainte « révolution sexuelle » dont le moindre des paradoxes n’est pas d’avoir abouti à une société symboliquement et médiatiquement hypersexualisée qui produit davantage de frustration, de « manques » et de psychopathologies que toutes les infâmes périodes « d’obscurantisme » et « d’ordre moral bourgeois » passées, lorsque les exploits de la bête à deux dos étaient cantonnés à la discrétion des alcôves.

Oh oui, vas-y comme ça !

Ainsi, aux dernières nouvelles, près des deux tiers des français sont « insatisfaits de leur vie sexuelle ».

Et pourquoi sont-ils insatisfaits? Parce que, pour la plupart d’entre eux, ils n’ont jamais fait de « gang bang » . Or, le gang bang, aujourd’hui, voyez-vous, c’est un peu la base de la sexualité, du moins dans sa représentation par l’industrie pornographique, cette gigantesque entreprise de manipulation mentale et de traite des blanches contre laquelle, curieusement, personne, et surtout pas les féministes, ne s’élève, à l’exception de quelques cathos exaltés, aux motivations pas toujours très nettes, qui font plus de publicité que de tort à l’objet de leur dénonciation caricaturale.

Pour ma part, ce que je reproche au porno, au delà de l’exploitation des personnes, ce n’est pas de « faire la promotion du sexe » mais, bien au contraire, de lentement l’assassiner.

Désormais des cours de récréation aux caves des cités en passant par les lambris des appartements bourgeois, dans tous les esprits malaxés au bombardement pornographique depuis l’âge de 10 ou 11 ans, l’image archétypale du « bon plan cul » ce sont dix gaillards à pénis géants qui lutinent, avec le plus de violence et de hargne possibles, tous les orifices d’une pauvre fille de l’est aux seins siliconées et au regard vide de toxicomane.

Faire croquer les p’tits frères

Alors forcément, après ça, l’homme moderne et « libéré » quand il se retrouve le samedi soir avec bobonne en missionnaire, lumière éteinte, sans pouvoir lui cracher au visage en hurlant qu’elle aime ça cette grosse cochonne, et bien il est « insatisfait ».

Mesdames, ne ricanez pas trop avant d’avoir consulté l’historique de navigation internet de votre conjoint…

Du libertinage à l’abattage…

Autrefois, le « porno » c’était, grosso modo, une femme ressemblant encore à une vraie femme (exemple: Brigitte Lahaie), en petite robe à fleurs, qui se promenait joyeusement sur un chemin de campagne où elle croisait soudain un ou deux, au grand maximum, solides travailleurs agricoles qui, après quelques dialogues d’une nullité drolatique, l’entraînaient dans les fourrés pour quelques bucoliques galipettes, le tout se terminant par des bisous enamourés et la promesse de recommencer cette agréable gymnastique aussi tôt que possible.

Bien sûr, on n’était pas obligé d’apprécier ce genre de spectacle mais, au moins, n’y avait-il pas là d’atteinte à la dignité humaine ni de morbidité comme c’est le cas dans le porno contemporain qui n’est qu’une vaste mise en scène de l’humiliation, de l’abaissement, de la violence et du sadisme.

Le « gang bang » est ainsi la « pratique » emblématique de cette transformation, de ce passage d’un érotisme hédoniste et libertin à ce qu’un journaliste de Libération, pour une fois bien inspiré, qualifiait de « sexualité de la destruction ». Le gang bang, c’est la sexualité de meute, l’apothéose du règne de la « quantité », l’aboutissement pathogène de la société de l’ubris, de la négation de l’individualité, de la réification du corps, du « toujours plus », de l’industrialisation de l’intime…

Comme me le disait une vieille copine « Deux garçons, c’est de la gourmandise, au-delà c’est du Taylorisme… ».

Pourtant il n’est pas nécessaire d’avoir fait de longues études de psycho-sociologie pour constater que le « gang bang », notamment si populaire dans les zones néo-tribales qui se gargarisent d’une « virilité » cro-magnonesque , n’est rien d’autre qu’une infra-sexualité de de la compensation et de l’impuissance.

Compensation d’une dévirilisation latente et exponentielle qui transforme « l’homme » occidental en un être androgyne, terrorisé et introverti, ne parvenant plus à s’assumer, le cerveau rongé par un brouet de psychologie féministo-émasculante. Incapable d’imposer un rôle « patriarcal » qu’on lui a apprit à honnir, devenu une demie tarlouze terrorisée et soumise aux caprices de sa mégère néo-féministe qui « porte la culotte » dans le couple, il se « venge » symboliquement en rêvant d’une sexualité barbare où des femmes esclaves sont punies à grands coups de chibres géants à travers le visage.

Impuissance de celui qui a si peu confiance en lui qu’il ne s’imagine pas d’existence hors du groupe, de celui qui a si peur de l’altérité (et il n’y a pas d’altérité plus absolue que celle entre l’homme et la femme) qu’il ne peut envisager que de l’affronter en bande. Hé oui, les gars, vous êtes vraiment si persuadés d’être incapables de faire jouir une femme tout seul pour vouloir ainsi rameuter vos potes?

Laissez les phantasmes à leur place…

La « libération sexuelle » passée sous franchise capitaliste via la télé, les magazines féminins, internet et la littérature angotico-despentienne n’aura finalement réussi qu’à rendre le cul triste et maladif tout en étendant la logique libérale de concurrence effrénée, d’utilitarisme et de guerre de tous contre tous à la sphère la plus intime de l’existence. Brillant résultat impitoyablement décrit par Michel Houellebecq dans son seul et unique chef d’oeuvre: Extension du domaine de la lutte.

La «libération sexuelle » a également trompé notre génération en lui vendant l’idée imbécile que les « phantasmes » étaient fait pour être réalisés, entraînant une série de piteuses déceptions suivies d’une tendance névrotique (et sans fin…) à la surenchère car tout « phantasme » réalisé en appelle un nouveau, pour combler le « vide » ainsi créé.

Car le « phantasme » c’est justement tout le contraire d’un « désir d’expérience à réaliser», c’est une soupape de l’imagination, une percée hors du réel, un « jardin secret » échappant au monde et dont tout l’intérêt réside justement dans le caractère irréalisé et désincarné.

Mais, comme dirait l’autre, ceci est encore une autre histoire…

Sarah Brunel

10 commentaires pour "Radiographie du gang-bang"

  1. UN lectEUR assidu de Belle&Rebelle dit :

    Je n’ai pas compris pourquoi “PHantasme”, quelle est l’astuce ?

    Sinon très bien vu, même si ce type d’activité se pratique peut-être plus en banlieue “défavorisée”, avec des filles pas forcément consentantes, mais il est vrai qu’alors cela porte un autre nom…

    • Serpicot dit :

      Pas sûr que ce genre d’activités se pratiquent beaucoup plus dans les banlieues défavorisées que dans celles favorisées.
      Ou dans les beaux quartiers, pendant les “parties fines” (sic) où les patrons de chaînes télévisées, acteurs, stars et autres dégénérés tout à fait blancs et pas tellement smicards se tapent des mineures venues de l’est à grands coups de coke et de champagne.
      Mais, évidemment, ça ça risque pas de faire la une du 20h00, et pour cause…

  2. Sarah Brunel dit :

    Y’a pas d’astuce, c’est juste comme ça que ca s’écrit (une des deux orthographes acceptées par le dictionnaire).

    TLF: Lang. fr. parmi les dict. gén. et de nombreux dict. techn. tels que FOULQ.-ST-JEAN 1962, RYCR. 1972, CARR.-DESS. Psych. 1976 admettent 2 graph. : fantasme ou phantasme.

  3. Ménéhould dit :

    canon…Merci….

  4. Skydoll dit :

    Tellement vrai…
    à force de s’abrutir de toutes ces conneries, les mecs croient qu’ils ne sont pas épanouïs en couple.

  5. H.N. dit :

    Excellent article.

    La pornographie génère des problèmes sexuels profonds: impuissance, entre autres.

    • pat dit :

      Très vrai !

      Un impuissance, une quasi impossibilité d’être excité par autre chose que des scènes extrêmes.
      Egalement une performance au lit très médiocre, car beaucoup à cause du porno ne prennent plus la peine de faire des préliminaires et de découvrir le corps de sa partenaire. Le résultat est du sexe fait à la va vite sans plaisir émotionnel ni sexuel pour la femme

  6. Cunilinguiste dit :

    C’est bien, t’as bien appris tes leçons soraliennes.

  7. Je ne me reconnais pas dans les commentaires… Je vais donc tempérer le propos.
    La réponse officielle de Bitch Magazine est très pragmatique :
    Si tu aimes ça, il faut le faire.
    Si tu n’aimes pas ça, il ne faut pas le faire :-P

    Je suis une femme, bien sous tous rapports, jolie mais pas plus qu’une autre, équilibrée, avec une vie sociale normale et je suis fan de gang bang, je pratique avec des gens sympa, ni dans dans ghettos chics, ni dans des banlieues… juste chez moi, en forêt, chez des amis, très simplement. Et moi, je trouve ça épanouissant de sentir tous ces contacts charnels.
    De mon point de vue, le sexe est un apprentissage de soi et des autres, une découverte sans fin. Il n’y a pas d’escalade dans ma pratique, juste un approfondissement du sujet. Je découvre sans cesse des passions différentes, des singularités, des magnétismes inexpliqués… je découvre tout simplement la vie en quelques heures d’insouciance :-)

Un truc à dire ?