Meetic ou l’infini à la portée des caniches…

Meetic ou l’infini à la portée des caniches…

Ce matin, Sarah Brunel déverse son humeur douce-amère sur le phénomène qui a bouleversé les relations amoureuses ces dix dernières années: le site de rencontre.

Sur Meetic, de belles histoires naissent tous les jours !

Ça, c’est sûr, indiscutable, garanti sur facture, vu que c’est le site lui-même qui l’affirme, témoignages de quelques gourdasses permanentées et de bellâtres sourires ultra-bright à l’appui.

Des belles histoires donc, mais d’autres un peu moins, et certaines mêmes carrément glauques. Et puis surtout des histoires de cul, c’est quand même ça la base de l’extraordinaire succès du site. Le plan cul à portée de clic, sans sortir de chez soi, le Domino’s Pizza de la fesse plus ou moins joyeuse !

Ouaf ouaf

Bon, une histoire de cul, entendons-nous, ce n’est pas forcément fondamentalement moche mais c’est quand même assez éloigné du conte de fées façon « Belle au bois dormant », cheval blanc caracolant au son des Walkyries et nombreuse marmaille à la clef.

Et puis ça devient pour le coup carrément dégueulasse quand l’un des partenaires pense justement jouer un remake numérique d’ « Autant en emporte le vent » tandis que l’autre n’est là que pour accumuler un peu plus de bidoche. Or cette configuration se révèle assez fréquente puisque que près de 40% des inscrits sur le site sont mariés ou déjà en couple sans, bien entendu, l’indiquer sur leur « fiche » publicitaire, ce sympathique descriptif détaillé sensé servir d’argument de vente (bien que la ou les « photos » soient évidemment l’élément crucial du dispositif, le possible déclencheur du processus copulatoire tant espéré…).

Des belles histoires donc, disions-nous, entre des maris qui trompent leur épouse, des pouffes qui pensent « mériter mieux » que leur actuel crétin, des puceaux tardifs et des boudins torturés… Ambiance boîte du nuit de province un vendredi soir quoi.

Mais que Meetic offre un support technique à l’adultère, propose un terrain de jeu aux mythomanes et serve de déversoir aux frustrations sexuelles produites par la société du porno dès le biberon, cela n’est pas, au fond, le plus « grave » ni même le plus original du phénomène.

Pourvu que la récolte soit bonne dans les champs du possible…

La véritable révolution copernicienne que représente un site comme Meetic (et consorts…) dans l’histoire de la relation de couple, c’est qu’en ouvrant à l’infini le champ des espérances sexuello-sentimentales, il a définitivement enterré la possibilité même de la satisfaction et donc de la stabilité.

Pourquoi me « contenter » de ce que j’ai alors qu’il y a 30 types qui m’ont « flashé » et que je n’ai pas encore rencontré ? Parmi eux se cache peut-être ce fantasme absolu et enivrant derrière lequel court toujours plus ou moins notre imaginaire romanesque d’éternelles adolescentes !

La gamme des possibles est infinie, « l’offre » perpétuellement renouvelée, pourquoi la clore un jour ? On ne sait jamais… Et puis je ne fais rien de mal… c’est juste comme ça, pour voir, pour s’amuser, pour « tester » ma séduction… Ça ne va pas forcément plus loin… juste entretenir  de petites ambiguïtés, de petits jeux…..  pour donner un peu de piquant au quotidien quoi… Pas de quoi fouetter un chat. Juste de quoi construire un peu plus l’impossibilité moderne de faire confiance à l’autre…

Sarah Brunel

5 commentaires pour "Meetic ou l’infini à la portée des caniches…"

  1. R'mine dit :

    Tout à fait d’accord avec le dernier paragraphe !

  2. Alice dit :

    Je crois qu’on peut ajouter à cela les réseaux comme facebook, msn où encore les derniers téléphones où on peut mettre un code dessus pour que personne ne voit ce qu’il s’y passe…

    Au fond ce n’est pas grand chose ça discute juste, ça dragouille. Si L’ACTE n’est pas encore consommé alors on ne fait rien de mal? Mais est ce que la fidélité ne commence pas par ce qu’il y a au fond et l’acte n’en est que l’expression vivante?

  3. kokoro dit :

    Bon, passons sur la critique de meetic(“tu cliques, tu niques”) sur laquelle, finalemement, je vous rejoins sur beaucoup de points.

    Pourquoi me « contenter » de ce que j’ai alors qu’il y a 30 types qui m’ont « flashé » et que je n’ai pas encore rencontré ? => Ca s’appelle l’amour, en fait. Je sais, c’est un mot étrange, visiblement oublié par beaucoup. La raison de ne pas aller voir ailleurs, ce n’est pas de ne pas en avoir la POSSIBILITE, mais de ne pas en avoir L’ENVIE. Si la moindre tentation d’aller voir ailleurs vous fais perdre un compagnon/une compagne, ce n’est pas le média qu’il faut accuser….

  4. alex dit :

    Moi je suis d’accord avec vous j’aime m’amuser je trouve le coté ludique intéressant et j’ai trouvé un site tonjulesauxencheres.com où il pousse le truc encore plus loin. Tu as tout pouvoir et tu enchéris pour choisir l’homme qui te plait.

  5. H.N. dit :

    Excellent article.

Un truc à dire ?