Critique ciné : le tombeaux des lucioles

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Critique ciné du vendredi : Le tombeau des lucioles

Le Tombeau des lucioles est un film d’animation japonais de Isao Takahata du Studio Ghibli, sorti en 1988.

Durant l’été 1945, dans le Japon de la Seconde Guerre mondiale, deux enfants, Seita (un adolescent de quatorze ans) et sa jeune sœur Setsuko (qui a quatre ans), se trouvent livrés à eux-mêmes après la mort de leur mère, suite au bombardement à la bombe incendiaire de Kobe par les forces armées américaines. Après avoir vainement tenté de contacter leur père, un officier supérieur de la Marine impériale japonaise, Seita et Setsuko partent habiter chez une tante éloignée. Un temps accueillante, cette femme aux valeurs traditionalistes exerce un poids moral croissant sur les deux enfants. Avec la pénurie, Seita et Setsuko deviennent à ses yeux un fardeau. Aussi, Seita et Setsuko partent et se réfugient dans un abri désaffecté. Celui-ci est illuminé la nuit par des milliers de lucioles. Les problèmes s’enchaînent : la nourriture vient à manquer et Setsuko tombe malade. Seita se met alors à voler de la nourriture.

L’auteur du livre a toujours refusé que son œuvre soit adaptée au cinéma classique. Le réalisateur dit s’être inspiré de Paulette, la petite fille du film Jeux interdits interprétée par Brigitte Fossey, pour la gestuelle de la petite fille (Setsuko).

L’un des points les plus importants dans cette œuvre est le réalisme. Bien que dessinés, les décors sont crédibles. Comme le dit Bernard Génin dans l’article de Télérama du 19 juin 1996 : « Dès le début, la reconstitution d’un bombardement sur Kobe, dans des décors d’une précision hallucinante, installe un réalisme quasi documentaire. ».
Akiyuki Nosaka – l’auteur de la nouvelle La Tombe des Lucioles dont la sœur mourut de malnutrition pendant la guerre – confirme cela dans une interview présente dans le coffret DVD Collector du film, distribué par Kaze. Nosaka a vécu cet enfer étant jeune, et il explique dans cette interview que voir ce film lui a fait reconnaître chaque maison, chaque coin de rue, et le replongeait dans son enfance, car le quartier représenté dans l’œuvre de Takahata est celui où il a vécu étant petit.

Source : Wikipedia

L’avis de la rédaction

Pendant très longtemps, le manga (Bande dessinée japonaise. Le mot « manga » est souvent utilisé de façon impropre pour désigner, par extension, une bande dessinée non japonaise respectant les codes des productions populaires japonaises ou pour nommer d’autres produits visuels rappelant certaines de ces bandes dessinées) et autre dessin animé japonais était pour moi synonyme de vulgarité et de violence. Étant de la génération du Club Dorothée, j’ai été marquée par Nicky Larson, détective privé sans cesse en train de baver devant les femmes avec une grosse paire de nénés et Ken le Survivant qui se débarrassait de ses ennemis à coups poings accompagnés de grandes éclaboussures de sang. C’est d’ailleurs ce qui a causé la chute de l’empire de Dorothée et cela à cause de (grâce à ?) l’attaque d’une ministre de l’époque (une certaine Ségolène).

Des années plus tard, j’avoue que lorsque l’on a commencé à me parler des dessins animés de Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, Le Château ambulant…), je n’étais pas très emballée. Je me suis laissée persuader (il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis), et là je me suis rendue compte qu’effectivement, le dessin animé japonais ne se limite pas à des bonnasses à moitié dénudées ou à des règlements de compte ultra violents. Après avoir vu quelques films de Hayao Miyazaki, on m’a parlé du tombeau des lucioles d’Isao Takahata, soit-disant le « meilleur film d’animation japonais jamais réalisé ».  C’est d’ailleurs le même studio (le Studio Ghibli fondé par Miyazaki) qui a réalisé le Tombeau des lucioles et les films de Miyazaki.

« La nuit du 21 septembre 1945, je suis mort… ».

C’est par cette phrase étonnante que débute le film. Elle est prononcée par le fantôme d’un jeune garçon japonais, Seita, qui se regarde mourir. Adossé à un poteau dans une gare, en guenilles, famélique, il prononce un prénom avant de pousser son dernier  soupir, celui de sa petite sœur, Setsuko. Puis le fantôme de Seita part rejoindre le fantôme de Setsuko qui l’attend en dehors de la gare. Grâce à un Flash Back, on se retrouve avec les deux enfants dans un train et l’on va découvrir les tragiques événements qui les ont amenés à cette fin horrible.

Le Japon pendant la Seconde Guerre Mondiale

Ce film montre la vie quotidienne du Japon pendant la Seconde Guerre Mondiale : bombardements massifs, villes incendiées, état d’alerte permanent, blocus du Japon par les américains… Tout est montré avec un réalisme qui vous glace le sang. La mort et la souffrance y sont omni présentes : faim, malnutrition, souffrance physique, psychologique et mentale. Les familles endeuillées se déchirent, il n’y a plus de solidarité, la misère s’empare de chaque être et l’extrême précarité dont souffre la population civile fait ressortir les plus bas instincts.

L’amour fraternel

Enfin, ce film montre toute la beauté de l’amour fraternel, sans concession et sans limite. Seita n’a qu’un seul but : faire le bonheur de la petite Setsuko. Il n’y a qu’elle qui compte à ses yeux. Il ira jusqu’à la délinquance pour trouver de quoi la nourrir et se privera pour elle. Mais la petite sœur, beaucoup plus jeune et plus fragile sera emportée la première.

Agnès Pinson

3 commentaires pour "Critique ciné : le tombeaux des lucioles"

  1. Lil' dit :

    C’est quand même dommage, sous prétexte de vanter le film, de spoiler toute l’histoire…

  2. AXL dit :

    spoiler???

  3. Agnès dit :

    @ Lil : si par “spoiler”, vous entendez dévoiler l’issue tragique de l’histoire, celle-ci est clairement explicite dès le début, sinon je ne l’aurais effectivement pas dévoilée

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