La théorie de la toile de tente

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Réflexions sur l’égalité des sexes…

Je me suis toujours demandé pourquoi, un garçon qui se tape pleins de filles c’est toujours un don juan, un queutard, un tireur d’élite et une fille qui fait pareil, c’est une salope ? Non pas que je le déplore à vrai dire, je me suis toujours demandé si c’est injuste ou pas ? Est-ce que c’est vraiment dégueulasse de penser qu’une fille qui couche trop, trop vite, trop facilement, c’est un peu une salope finalement ? Et puis, on est une salope à partir de combien ? Deux, trois, quinze ? Après tout, même si les mecs le pensent, le disent entre eux, les premières à le dire « ouais non mais laisse tomber, elle couche direct, c’est trop une salope ! », et bien, c’est toujours les filles elles-mêmes ! ouais bon sang, tu ne t’es jamais surprise à tenir ce genre de propos sur une fille que tu connais ? Allez, pas la peine de mentir, tu l’as fait, je l’ai fait, nous l’avons toutes fait. Même celles qui couchent facile l’ont déjà dit pour des copines à elles ! Donc bon…

Se faire démonter comme une toile de tente

Parce que ce que les magazines féminins essaient de faire depuis des années, c’est de gommer les spécificités qui font une femme et un homme, qui essaient de « déculpabiliser » les filles d’adopter des comportements périlleux d’un point de vue sexuello-réputationnel, périlleux d’un point de vue de la self-estime comme ils disent dans les magazines. Avant, effrayées par le quand dira-t-on, les filles s’efforçaient, tant bien que mal de pas trop fricoter à gauche à droite, ou en tout cas, de faire en sorte que ça se voit pas trop. Aujourd’hui, à l’heure de la e-réputation, de la street credibility, du like Facebook, et très paradoxalement, on fait plus l’économie des efforts pour sa « réput’ ». Attention, je ne suis pas en train de déplorer la différence de traitement entre les hommes et les femmes. Au contraire, est-ce que tout cela a un rapport avec la façon dont les hommes et les femmes vivent leur sexualité ? Sans doute.

Un jour, que l’on se demandait entre amis ce que l’on ferait de sa journée dans le sexe opposé, un des garçons semblât soulever l’unanimité masculine lorsqu’il annonçât que pour sa part, une journée en femme se décomposerait de la sorte :

- Se caler devant un miroir, les jambes écartées, à s’enduire la poitrine de crème hydratante.

- Se faire démonter comme une toile de tente pendant 24 heures

Hum, comme de toute façon, personne ne saura jamais ce à quoi ressemble vraiment la sexualité de celui qui partage votre padoque, pas la peine d’épiloguer. Mais pourtant, pourquoi a-t-on coutume de dire que la sexualité des femmes semblent plus complexe ? Moins superficielle ? Celle des hommes moins impliquante ?

Et toi, tu ferais quoi si tu vivais une journée dans le sexe opposé ?

C’est la mode de l’égalité, garantie par contrat « satisfait ou remboursé » par la Halde. Ce qui est tout de même curieux, c’est que jamais les inégalités n’ont été si profondes, si injustes, si charnellement clivantes. C’est l’air du temps, tout vaut tout, rien vaut autant que tout, tout le monde est totipotent. L’époque est à la mobilité, à la polyvalence; à l’interchangeabilité; la simplification de la procédure de divorce arrange bien le schmilblick; la bisexualité festive dans les skins party aussi, l’obligation quasi contractuelle d’avoir une relation homosexuelle au moins une fois, y compris, (il n’y a pas de raisons) pour les messieurs. Tout concourt à l’interchangeabilité. Dans ce cas, en quoi la sexualité d’aujourd’hui serait-elle différente d’un être à l’autre ?

Satisfait ou remboursé sans obligation d’achat

Et pourquoi les préjugés ont ils la vie si dure ? Parce que malgré les avancées conséquentes en matière d’égalité, on continue à penser d’une fille qui couche trop, trop vite, trop souvent, que c’est toujours une salope. L’égalité, cette monarchie de droit quasi divin, d’une brutalité sourde et aveugle, est la matronne hideuse de l’implacable logique de l’effacement des altérités. Tout cela est sans doute à lier à cette tension séculaire entre l’homme, la maman et la putain. L’homme rêve sa femme salope tout autant que mère modèle en col Claudine, sans culotte en dessous. Encore un de ces trucs que le féminisme n’aura pas réussi à éradiquer malgré 30 ans de lutte acharnée. Encore un truc qui me fait dire que les femmes ne sont pas les égales des hommes. Et que c’est tant mieux. L’époque d’aujourd’hui est tombée dans son propre piège. L’époque est une réponse au pouvoir du mythe de Tirésias, punie pour avoir voulu transcender la nature. L’époque est à l’indifférenciation, à l’uniformité, c’est l’avènement de la parité totale, la parité comme système politique totalitaire. Cette époque, qui a désiré une égalité parfaite entre les êtres, est désormais condamnée à l’aveuglement.

Il n’y a pas d’égalité des sexes et heureusement!

Malena Modrey

2 commentaires pour "La théorie de la toile de tente"

  1. Roland Bichac dit :

    Euh… moi j’aime bien les “cols Claudine et pas de culotte dessous”. Une gentille image, si, si !

  2. Blusher dit :

    Mais il est excellent cet article. Une véritable bouffée d’air frais.

Un truc à dire ?