La soupe au cochon

dsk belle et rebelle la soupe au cochon

Les féministes ferment bien leurs grandes gamelles là, hein ? On n’en entend pas une sur le sujet. Le sujet ? mais oui, le séisme du week-end, de la semaine, que dis-je, du mois!

L’inculpation de Dominique Strauss-Kahn dans une sombre affaire de pipe pas tout à fait consentie…semble t-il. Je dis “semble t-il” parce que d’après le sacro-saint consortium médiatico-politique, la retenue est de mise.

De mise? Tu parles, là, c’est le champion toutes catégories de la gauche bien pensante qui a merdé dans les grandes largeurs. Alors, on se “retient”. Entre ceux qui n’ont qu’une seule envie: lui dégueuler dessus sur tous les plateaux de télévision mais qui patientent “encore un peu”, ceux qui laissent entendre qu’il s’agit d’un complot et ceux qui sont bien emmerdé aux entournures, ah là, on commence à se marrer. C’est tout un monde qui s’effondre: la communicabilité à outrance et le story-telling à tous les étages. Mais on se retient surtout de dire que DSK est un gros dégoutant qui sait pas tenir son dragon-de-feu, parce que pour la “victime” – il faut mettre des guillemets parce que si ça se trouve, c’est DSK la victime- pour la “victime” donc, pas de retenue au programme: nom et adresse étalés dans les journaux, réflexions désobligeantes des avocats rapportées par la presse au sujet de son physique (plus ou moins avantageux suivant la proximité amicale du journaliste avec DSK).

Point d’autocritique, non plus. Plutôt un blâme sans mesure contre le système judiciaire américain, leur “culture médiatique” et ce qui est dans l’esprit des commentateurs français la “sur-scénarisation” du processus de justice.

Laissez passer les experts

Ah, c’est sur, ça vous choque une justice menée par des magistrats élus même pas cooptés par castes avec des décisions prises par des jurys populaires choisis au hasard. Ah si vous vous écoutiez, vous leur feriez envoyer vos démocratologues, qui leur expliqueraient à quel point ils ont tout faux, ces amerloques, en laissant le judiciaire aux mains du peuple, que c’est pas en laissant les gens parler et décider de leur destin qu’on dirige une démocratie.

Non, il n’y a rien à dire, cette histoire remue bien la merde comme on dit; elle ne permet plus à quiconque de se cacher. Chacun voit ses pires travers ressortir puissance 10.

Les pires travers, c’est que ces comportements, qui ne traduisent rien de plus que le sentiment d’impunité et de toute puissance dont les membres de l’oligarchie mondialisée se sentent investis, ces comportements ne sont plus, pour quelques semaines, cachés. Alors faut remuer les bras le plus fort possible pour détourner l’attention –youhou circulez, ya rien à voir-

Pour un DSK surpris les doigts dans le pot de vaseline, combien de Bill Clinton passé entre les mailles du filet ? Combien de petites culottes planquées dans les tiroirs de Chirac ?

Mais ce coup-ci, c’est d’abus sexuel qu’il s’agit. Profiter de sa position de nanti, dans une belle suite luxueuse, faisant fi des conventions sociales, qui implique qu’on ne saute pas nu sur une personne du sexe opposé pour lui accoler son sexe entre les ratiches.

Cela serait peut-être l’occasion ou jamais pour les “féministes” de faire entendre leurs voix. De dénoncer l’abus de pouvoir d’un homme à la tête d’une institution fort puissante, de dénoncer, en creux, le droit de cuissage que les hommes qui ont du pouvoir exercent sur le personnel féminin à leur ordre. Et de le faire ailleurs que dans la boutique de fringue du coin. Faut balayer devant sa porte. Parce qu’il faut être un peu honnête: à part un tout petit article dans l’Huma, je suis quasiment sûre qu’aucun média n’a relayé le point de vue qui consisterait à prendre la défense de la femme (des femmes ?) abusée. Des femmes qui ferment leurs gueules pour éviter de se voir refuser une promo, ou tout simplement de se faire dégager comme des malpropres, ça existe, et pas que au FMI.

Ah! les chiennes! Oui, mais de garde

Ce serait peut-être le moment pour elles de rappeler qu’au moins, avant, le droit de cuissage était légalement encadré et que celui, plus “policé” d’aujourd’hui parce que tacitement accepté par une société décadente où la femme, plus objet volontaire que jamais, se leurre. En réalité, ce sont les féministes qui ont mis les femmes dans cette position (oups) de ne plus pouvoir rien dire sous peine de voir leur avenir hypothéqué. Et quel avenir!

Alors, hier, lors de la grand’messe obligatoire de voyeurisme en réunion sur France 2, ça mouline, ça fait des effets de voix, ça fait mine de s’énerver. Et pas de gaudriole, ah ça non! De la retenue, on est entre gentlemen. Pas un pour condamner le comportement avéré d’un gros cochon dont personne n’ignorait les agissements.

La vérité, c’est que tout ceci inspire du dégout à tout ceux qui ont eu à aller chercher leur voiture à la fourrière, tout ceux qui ont subi des injustices institutionnalisées, tout les petits, les minables, les rangés, la piétaille.

Nous.

Cela nous fait bien plaisir.

Malena Modrey

Un truc à dire ?