La pilule : une amie qui ne vous veut pas du bien

Pillule ennemie belle et rebelle

A l’heure où la contraception est en train de devenir quasiment obligatoire, à l’heure où la castration chimique est pratiquement le corolaire à l’entrée au collège, Aurélie Gillot démystifie la toute-puissance réputationnelle de la pilule.

La pilule serait-elle en train de devenir ringarde ? C’est la tendance que semble indiquer nos collègues de la presse féminine ces derniers mois. Jugée trop contraignante, un nombre croissant de filles lui préfère désormais le préservatif ou le stérilet. Sans parler des effets potentiellement désastreux pour la santé. Pas plus tard qu’il y a un an, j’en ai fait la douloureuse expérience. Je me suis retrouvée à l’hôpital où j’ai été sauvée de justesse après une embolie pulmonaire, une affection très grave qui nécessite d’être traitée d’urgence. Le diagnostique des médecins a été sans appel : la pilule, associée au tabac, était la cause de mon accident.

Bon, en théorie, on sait toutes que fumer et prendre la pilule, c’est pas la meilleure chose à faire, et on garde toujours dans un coin de notre tête l’avertissement de la gynéco qui nous pousse à choisir entre fumer et prendre la pilule. Sauf que moi, j’étais une fumeuse occasionnelle, je pensais donc que les risques étaient minimes. J’avais tout faux !

Un Cocktail Molotov à l’apéritif

« L’association pilule et tabac, on appelle ça un cocktail Molotov dans notre jargon », comme me l’a confié une infirmière. Evidemment, ça m’a fait réfléchir, et j’ai immédiatement arrêté la pilule, et la cigarette. Et puis, comme beaucoup d’entre nous, la pilule, je la gobais consciencieusement chaque soir depuis une quinzaine d’années sans trop me poser de questions. J’avais commencé à la prendre à l’adolescence, « parce que ça fait disparaître l’acné », et puis j’avais pour exemple les femmes de ma famille, la glorieuse génération 68 qui avait tant lutté pour ce symbole de la « libération » féminine, et qui avaient passé leur vie sous pilule. Bref, sans être vraiment informée, prendre la pilule me semblait une évidence. Or, prendre la pilule, c’est tout sauf anodin, et fumer alors qu’on prend la pilule, c’est faire courir un risque réel à sa santé.

Destination: Urgence

D’ailleurs, de nombreux médecins et infirmières que j’ai eu l’occasion de rencontrer m’ont indiqué voir de plus en plus de jeunes femmes faire une phlébite, un accident vasculaire cérébral ou une embolie pulmonaire à cause de la pilule et du tabac. Et puis, la pilule présente bien d’autres risques : le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a conclu en 2005 qu’elle augmente le risque de cancers du sein, du foie et du col utérin. Et a décidé de classer les contraceptifs oraux œstroprogestatifs dans la liste des substances cancérigènes ! Voilà qui ne devrait pas atténuer la méfiance envers la pilule. Tous ces problèmes ont achevé de me rendre la pilule antipathique. De quoi se demander si le jeu en vaut bien la chandelle. Il semblerait de toute façon que nous soyons de plus en plus nombreuses à freiner des quatre fers à l’idée d’absorber quotidiennement notre dose d’hormones de synthèses. En tout cas, on ne peut que regretter que les gynécologues prescrivent la pilule de façon presque systématique. Et tout compte fait, on peut se dire que s’en passer ne peut être que salutaire pour notre santé. Arrêter la pilule ? Je l’ai fait sans regrets.

Aurélie Gillot

6 commentaires pour "La pilule : une amie qui ne vous veut pas du bien"

  1. dreckos dit :

    Comment faire alors sans la pillule ?

    Je conçois pas faire l’amour toute ma vie avec le préservatif.

    Et si ma copine fume pas ?

  2. Juju dit :

    Il existe plein d’autres moyen de contraception .
    À toi de voir celui qui te conviendra le plus .

  3. emmlyne dit :

    Phrase classique d’homme égoïste et borné
    pratique, la pilule hein?
    Votre copine sous pilule toute la vie (faut voir…avec la durée du couple aussi!) par contre, ça ne vous choquerait pas….
    on a du pain sur la planche encore ouh là là

  4. H.N. dit :

    Pas de réponse, évidemment…
    Je crois que tout le monde est confronté à ce dilemme.

  5. Antinéa dit :

    Bonjour,
    à quel âge avez-vous fait cette embolie pulmonaire et depuis quand preniez-vous la pilule? J’ai 29 ans et j’ai peur d’avoir les symptômes d’une phlébite à la jambe à cause de la pilule que je prend depuis environ 4 ans. Je l’ai arrêtée ce mois ci mais j’aimerais savoir si on risquait une phlébite même à mon âge ou cela touche les femmes de plus de 35 ans par exemple?
    merci

  6. Elise dit :

    En ce qui me concerne, je me suis trouvée avec des kystes ovariens à cause de la pilule, avec des douleurs assez fortes. Arrêt sans regrets.

Un truc à dire ?