Sortir ? « La Nostra Vita » à l’affiche !

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Joindre l’agréable à un peu de culture, voila une chose qui n’est pas aisée. Cette semaine, c’est Katouch’ qui vous aide à vous y retrouver dans les méandres de l’Officiel des Spectacles et vous donne envie de sortir.

Dimanche 17 avril : Après quelques heures à faire ma belle au soleil sur mon balcon, je materais bien un bon film pour me dire que je n’ai pas entièrement gâché mon week-end. Des films, il y en à la pelle, ce n’est pas le fond du problème. Une fois de plus, ce qui cloche c’est la qualité. Comment ça, je suis rabat-joie ?

Franchement ça vous fait rêver, vous, la programmation du dimanche soir à la télé ? C’est vrai que j’aurais pu me laisser séduire par les intrigues palpitantes de « L’Inspecteur Barnaby » sur France 3, la bave légendaire de « Beethoven 2 » ou les jantes si sexy de « 2 Fast 2 Furious ». Merci mais non merci ! Malgré cette sélection de chefs d’œuvres, c’est décidé, je vais me faire une toile.

“Encore un film de bourrins…”

Pour la séance de 21 heures, je suis encore dans les temps. Je dégaine « l’Officiel des spectacles » (à l’ancienne), je parcours les nouveautés de la semaine et là, je me rends compte que c’est un ramassis de niaiseries! En même temps, je m’attendais à quoi moi ! Je tombe d’abord sur « Le Flingueur » avec Jason Statham une fois de plus dans un film de bourrins … C’est frais et original ça ! « Laissez votre cerveau à l’entrée et profitez de ce film d’action » dixit une journaliste du Journal du Dimanche. Non mais tu ne trouves pas qu’on gaspille déjà assez nos neurones dans la semaine devant tout ce vide culturel Madame La Critique Ciné ?

Bon, je ne me décourage pas et je vais faire un tour du côté des films français. Mais là encore, je déchante. Sous prétexte que nous sommes en pleine vacances de Pâques, on veut imposer l’horripilant « Titeuf » à nos chers marmots. Et pour couronner le tout, ce sont Johnny Hallyday et Bénabar qui ont entre autre signés la bande originale. Ils veulent m’achever là ?

Je tombe enfin sur le titre d’un film qui pourrait enfin me plaire : « La Nostra Vita » de Daniele Luccheti. Ca peut paraître bête mais moi le cinéma italien m’a toujours fait fantasmer alors au pire si c’est une bouse c’est par grave, au moins j’aurai eu 1h30 d’italien dans les portugaises (il ne m’en faut pas beaucoup pour m’émoustiller).

Ah le charme italien

Emballez c’est pesé, direction le ciné ! Enfin, il faut se motiver car il ne se joue que dans peu de salles (c’est bon signe en général, non ?) Autour de moi, on est que 6 ou 7 à tout casser. J’espère que je ne suis pas tombée sur un pseudo long-métrage intello qui n’intéresse que les bobos ! Mais dès les premières scènes, je retrouve le sourire : un couple de ritals, la trentaine, en plein ébat amoureux. Ça me déride un peu. Tiens je le reconnais l’acteur principal, c’est Elio Germano (j’avoue j’avais lu son nom sur l’affiche) mais je l’avais déjà vu dans l’excellent « Romanzo Criminale ». En plus du charme latin, il joue juste et incarne parfaitement Claudio, un ouvrier de la banlieue de Rome, père de deux garçons, responsable et aimant et encore très amoureux de sa femme enceinte d’un troisième bambino.

Je garde l’intrigue sous le coude mais un drame va brusquement briser la vie paisible et simple de cette famille de prolos. Du coup, Claudio va devoir basculer dans l’immoralité et se transformer « en fils de pute » pour survivre dans ce monde de pourris. Magouilles en tout genre, corruption, immigration clandestine, il ne pense plus qu’à faire du fric le plus rapidement possible pour préserver la joie de vivre de ses enfants et surtout palier au manque de leur mère. En s’abrutissant dans le travail jusqu’à faire des choses assez « borderline », il va lui-même éviter de sombrer. Malgré toutes les embuches qu’il rencontre, il réussit peu à peu à se reconstruire …

L’intelligence du film est que jamais on tombe dans le pathos et les clichés et ça fait un bien fou ! Il dépeint parfaitement la situation économique et la vie quotidienne de la classe ouvrière de l’Italie d’aujourd’hui et met brillamment en avant de façon poignante la solidarité familiale et la rage de vivre du personnage principal. Et c’est là, la véritable force de ce long-métrage !

Katouch’

Un truc à dire ?