Femme au foyer, cauchemar de la modernité

Femme au foyer, cauchemar de la modernité

Sarah Brunel se pose des questions et réagit avec l’impertinence qui est la sienne, à des sujets qui font polémique. Pour notre plus grand plaisir.

Il y a, dans la vie d’une femme d’aujourd’hui, des choses qu’il convient de cacher sous peine de mort sociale, de pluie de quolibets et de rangements définitif dans la case « ringarde sans intérêt ». S’avouer « femme au foyer » fait partie de ces choses.

Fort heureusement pour moi, je ne le suis pas. J’ai une activité professionnelle salariée, un patron gueulard et incompétent, des collègues insipides, un micro-ordinateur, une tasse à café, une heure de transport matin et soir et des dossiers à boucler le week-end. Je suis donc une femme « accomplie » et « épanouie ». C’est, de ce fait, en toute quiétude et sérénité que je peux me pencher sur le sujet.  J’en remercie d’ailleurs vivement l’ensemble de la société, de ma chère mère aux publicitaires en passant par les écrivains, acteurs et autres animateurs télé, qui m’ont, dès mon plus jeune âge, mis vertueusement et farouchement en garde contre l’infamante et obscurantiste condition de « femme au foyer ».

A dire vrai, en fait, même s’ils n’avaient pas été là, je pense que le danger aurait été écarté puisque, étant donné le prix des loyers et d’un panier moyen de supermarché, je ne vois pas bien comment j’aurais pu m’en sortir et nourrir ma petite famille sans un deuxième salaire dans le couple. Une « conquête sociale » qui prend la forme d’une « obligation économique» c’est ça, la liberté moderne… En même  temps, comme on y est de toutes façons contrainte, autant dire que c’est un choix super génial… Ça fait un peu moins cruchasse qui s’est faite fourrer quelque part…

– « C’est pour survivre en gagnant quelques sous que tu es caissière à temps partiel chez Monoprix? »

–  « Non, non,  pas du tout, c’est pour ne pas être victime du carcan patriarcal et rétrograde de la femme au foyer ».

Bon, il est vrai que mes chères consœurs qui conspuent la « femme au foyer » dans des tribunes libres du Monde ou de Libé, elles sont rarement caissières, secrétaires ou conductrices d’autobus.. Ça tape plutôt dans l’avocate, la responsable marketing, la réalisatrice de long-métrages, l’artiste plasticienne subventionnée, la journaliste ou la directrice de com’… Forcément ça change légèrement la perception du débat.

Faut dire que nous qui grattons pour payer les factures, nourrir deux têtards et partir une fois par an en vacances aux Sables d’Olonne, on n’a pas beaucoup de temps pour penser à « l’herméneutique historico-politique de notre condition ». Donc heureusement qu’elles sont là, ces chères combattantes du féminisme des beaux-quartiers, pour penser à notre place, combattre nos « penchants réactionnaires » (ceux pour lesquelles la gauche a si longtemps combattu l’extension du droit de vote aux femmes, attendant pour ce faire que l’école républicaine nous ait rééduquées bien comme il faut…) et nous libérer malgré nous ! Grâce leur en soit rendue ! Sainte Elizabeth Badinter, nous prierons pour vous !

Il faut tout de même reconnaître que ne pas être « femme au foyer » cela permet de ne pas être « dépendante » d’un homme. Que cet homme soit celui qu’on a choisi librement, que l’on aime et avec lequel on envisage de passer le reste de sa vie n’a guère d’importance… Dépendre d’un homme, c’est nul, dégradant… avilissant presque puisqu’il est entendu qu’un être humain moderne ne vaut « socialement » qu’à mesure de sa capacité à « gagner du pognon » tout seul comme un grand.

Ainsi, dépendre d’un petit chef de service frustré et des aléas des marchés financiers, c’est quand même autre chose, beaucoup plus gratifiant !

Vous en doutez ? Prenons donc un exemple simple:

– Préparer le café le matin pour son mari : acte de soumission d’un autre âge. Il ne peut pas se le faire tout seul son café ? Il vous prend pour la bonniche ou quoi ?

– Préparer le café au 12ème étage d’une grande tour climatisée pour le cadre supérieur du bureau du fond : marque d’indépendance et de promotion sociale garantie et encadrée par un contrat en CDD et au SMIC.

Alors vous percutez un peu mieux ou vous avez vraiment une âme de bobonnes à tabliers tout juste capables de  vouloir passer du temps à élever leurs enfants, entretenir un jardin potager et s’occuper d’une association caritative au lieu d’affronter les merveilleuses aventures et les superbes défis du monde du travail ?

Sans même parler des opportunités sexuelles qu’offre celui-ci, un peu plus nombreuses, diversifiées et discrètes, croyez-moi, que le facteur et le plombier… Enfin bon, ça c’est un autre sujet…

En parlant de CDD, ça me fait tout de même penser à quelque chose… Parce qu’il faut bien avouer qu’au regard de ce que sont devenus les bonshommes aujourd’hui, de la valeur qu’ils accordent aux serments prononcés et du rétrécissement drastique de leur « sens du devoir », le concubinage ou le mariage, ça commence drôlement à avoir la même gueule que les contrats temporaires… Et dans ces conditions, on ne peut pas se cacher que la « dépendance à un homme » devient vachement plus aléatoire… surtout depuis que le divorce a été tellement facilité (ça aussi, c’est une grande conquête progressiste pour nous « libérer »…). Avant les mecs se contentaient d’aller aux putes, maintenant ils se barrent avec elles pour « refaire leur vie »… Un coup de téléphone à l’avocat, deux signatures, une valise et hop! Sans doute un grand pas en avant pour la promotion sociale des prostituées, mais pour nous, les non-putes (et assimilées), pas forcément l’idée géniale du siècle.

Ou alors, faut vraiment pas se louper sur le choix du bonhomme et donc peut-être prendre en  considération d’autres critères que ceux promus par Biba magazine et Sex and the city… la folle passion au plumard, l’épaisseur du compte en banques et le thème astrologique n’étant pas forcément les meilleurs gages de longévité.

Mais ceci est également une autre histoire…

Donc tout ça pour dire que je suis bien contente de ne pas être une « femme au foyer » dépendante de son connard de mec et aliénée à ses monstres d’enfants et que je plains du fond du cœur celles qui le sont !

Sur ce, un demi Lexomil et au lit ! Bonne (et longue) nuit à toutes !

Sarah Brunel

28 commentaires pour "Femme au foyer, cauchemar de la modernité"

  1. Flore dit :

    Quand j’étais petite je riais un peu de ses mères aux foyers… En effet je comparais ma maman salarié qui réussissait très bien sa vie de mère et de travailleuse! Alors que ces glandues ne savaient qu’attendre leurs enfants mals éduqués à la sortie de l’école. Quand j’y réfléchis aujourd’hui, je me rappelle très bien de ces femmes, blondes, manucurés et maquillés. Elles formaient un petit groupe à la langue vive et acérée… Par la suite j’ai compris que c’était le compte en banque de leur mari qui étaient acéré et pas forcément la partie la plus maquillé de leur corps… Comme quoi il faut toujours regarder ce qu’il y a derrière le vernis!

    Une dernière chose me semble importante, et ce sont elles les véritables femme de l’ombre… Qu’on croise discrètement, toujours entre deux feux, les traits tirés, la chemise mal boutonnée, avec une tache de confiture… Ces femmes là ce sont les vrai mère au foyer et leur rôle n’est plus aujourd’hui simplement d’habiller, de repasser, faire à manger, faire les courses etcccc mais de véritables conquérantes puisqu’elles doivent palier à un système qui se force de rendre nihiliste, faible, stupide et bête leurs enfans alors qu’elles, les veulent courageux, intrépides et critique!
    Et même si je ne me destine pas à ce métier qui en est un a part entière, a ces femmes là je ne les plains pas je leur tire mon chapeau!

  2. Protis dit :

    Merci pour ce bel article, et merci pour le “webzine”!
    Comme le dit souvent ma copine, “le problème dans nos milieux, c’est qu’il n’y a rien pour les filles…”
    Alors merci de répondre à la demande! :)

  3. From Here To Eternity dit :

    Je suis un homme, et je me permets l’outrecuidence de m’incruster sur votre site, dans le seul but de rendre hommage à votre lutte qui est la lutte des vraies femmes.

    Je suis un homme qui aime les femmes comme vous, qui vomis le sexisme et qui aspire à une harmonie, à un respect et à une complémentarité naturelle entre les deux sexes, que notre société de notre société de consommation égoiste et individualiste ne peut permettre.

    Bref, ce texte ironique est très bon. Je rajouterais seulement, concernant les valeurs et la fidélité des hommes d’aujourd’hui que vous déplorez à juste titre, que ce constat vaut malheureusement aussi pour les femmes de notre monde moderne. En fait, je pense qu’aujourd’hui il est biaisé d’évoquer hommes et femmes dans la mesure où la majorité des humains occidentiaux sont aujourd’hui dénués de toute conscience sexuelle, identitaire, collective. Ce ne sont plus des hommes et des femmes, ce sont des pions interchangeables !

    Désolé d’être intervenu sur cet espace féminin, mais laissez moi vous remercier pour l’espoir, fut-il mince, que des gens comme vous font persister en moi.

    Aujourd’hui comme demain, REVOLTE CONTRE LE MONDE MODERNE.

  4. Math' dit :

    Quelle femme voudrait aujourd’hui être “femme au foyer” ? Aucune !
    Pour se permettre d’être femme au foyer, il faut une situation, de l’argent… Les femmes d’aujourd’hui veulent vivre pleinement. Elles veulent de la liberté, elles veulent profiter… et c’est tant mieux pour elles ! Les mères au foyer, depuis 50 ans, c’est quand même pas courant, non ? Ça existe, mais ça n’a jamais été banal.

    La “libération” des femmes fait qu’elles sont à présent des hommes. Dans l’attitude, le comportement… c’est flagrant. Tous les hommes le diront !

    Les femmes comme nos mères n’existent plus ou sont en voie d’extinction.
    Tous les hommes, d’une manière ou d’une autre, essaient de retrouver une femme qui soit l’équivalente de leur mère. Ils font la comparaison en tous les cas.

    Bonne continuation

    Un lecteur ;-)

  5. Isabelle B dit :

    Je crois être assez représentative des femmes trentenaires, travaillant pour ma part depuis dix ans, galérant professionnellement après un licenciement économique et qui révérait de pouvoir devenir femme au foyer, c’est à dire s’occuper vraiment de ceux qu’on aime, en développement au mieux les nombreuses qualités qu’il faut pour cela. une femme au foyer elle doit être chef d’entreprise pour organiser la maisonnée et les rendez vous, intendante et cuisinière pour les repas, nourrice, éducatrice, puéricultrice, institutrice, professeure, couturière, animatrice…Mais comme c’est vraiment par amour, si elle en reçoit en retour, c’est un plein épanouissement. Le problème c’est que la société nous laisse guère le choix : les allocs qui n’ayant pas augmentées depuis 20 ans sont proportionnellement plus que 40 pour cent de ce qu’ils étaient à l’époque, les écoles privées obligeant à payer deux fois l’école, faire garder les enfants par la nourrice est aidé alors que pas de rester chez soi…Merci l’émancipation de la femme!!!

  6. From Here To Eternity dit :

    “Les femmes d’aujourd’hui veulent vivre pleinement. Elles veulent de la liberté, elles veulent profiter… et c’est tant mieux pour elles !”

    La liberté ? Bien sûr que tout être humain doit avoir le choix de vivre comme il le souhaite. Le problème, c’est que l’idéologie dominante féministe (au sens capitaliste et pas forcément idéologique) qu’une mère au foyer est moins “libre” ou “épanouie” qu’une employée lambda d’une multinationale.

    Profiter ? Honnêtement, en quoi une secrétaire “profite” plus qu’une mère au foyer ? Ca n’a pas de sens. Maintenant, si c’est ce que pensent certaine femmes, elles en ont évidemment le droit. Mais le dénigrement de la mère au foyer parallèle à la valorisation du travail en entreprise, décrit fausement comme émancipateur, est une vaste fumisterie qui sert les élites capitalistes.

    Tu tombes dans un piège grossier quand tu opposes la vie de mère au foyer au fait de “vivre pleinement”.

    Cependant, je te rejoins sur deux points:

    - oui, les REGRESSIONS SOCIALES font qu’aujourd’hui il est concrètement très difficile d’être mère au foyer, dans les classes populaires et même moyennes.

    - oui, les femmes se masculinisent au même titre que les hommes se féminisent. C’est ce qu’on appelle l’uniformation et c’est un désastre mondial pour l’humanité. Ce n’est en rien une “libération”.

    Cordialement ;-)

  7. From Here To Eternity dit :

    Correction (car apparemment on ne peut pas éditer) :

    “Le problème, c’est que l’idéologie dominante féministe (au sens capitaliste et pas forcément idéologique) fait croire qu’une mère au foyer est moins « libre » ou « épanouie » qu’une employée lambda d’une multinationale. “

  8. Maryvonne Le Bourdonnec dit :

    Rebelle, je ne sais pas, mais lucide ah, oui.
    Je vous embrasse !

  9. anne kerouredan dit :

    être femme au foyer est un choix pour moi et je le vis très bien et je suis épanouie! n’en déplaise à certains!

  10. Bidi dit :

    Etre femme au foyer, qu’est ce que ça me faisait rire quand je travaillais?!comment pouvait on avoir envie de rester chez soi? à ne rien faire????
    Et puis il y a 7 ans je suis devenue maman, et il a fallut reprendre le travail…. chose tout à coup impensable dans ma petite tête…. comment allais je gérer???? comment pouvais je laisser ma mini puce loin de moi toute la journée?????
    L’opportunité s’est présenté un télétravail (travail à domicile) pendant presque 2 ans. youpi!!!
    Et au bout de la route, retour case départ puisque je devais cette fois reprendre le retour du bureau!
    J’étais fière de moi, j’avais une fiche de paye, des emmerdes professionnelles, de vraies conversation de grandes personnes etc…..
    Oui sauf que j’étais malheureuse car j’ai raté la première, deuxième et troisième année de maternelle …. mais je m’auto persuadais que j’étais bien puisque j’avais un salaire!!!

    Et l’année dernière à vouloir être partout boulot, maison, chéri, grande puce, nourrice etc etc etc, j’ai chopé une cochonnerie, et là pouf ça tombe comme un couperet, interdiction de travailler?!!! euh mais je fais quoi moi??? je n’existe plus si je n’ai plus de travail?!
    Et d’un seul coup la révélation!!!! et si je faisais ce que j’ai toujours rêvé de faire depuis 7 ans????? si je m’occupais de chez moi, des gens que j’aime et de moi?.???
    OK on ne roule pas sur l’or, mais les vacances ne sont pas obligatoires non plus, si?
    et puis si je n’ai pas le dernier longchamps, dior, vuitton, (sélectionner celui que vous préférez!!) je vais en mourir, si? Ai je réellement besoin d’avoir 12 pots de crème dans mon placard???
    J’ai appris à vivre mieux, en dépensant moins….
    Là dans 28 jours (enfin maxi hein?! :o)), une autre mini puce viendra aggrandir le cercle familial….. et je ne donnerai ma place pour rien au monde… j’aime prendre soin d’eux..
    Je comprend que l’on puisse vouloir à tout prix travailler…. mais cet article me parle… y gagne t on réellement en liberté????

    merci pour cet article!

  11. ghislene dit :

    Je suis une vieille pour vous toutes, mon mari naviguait et je restais au foyer pour élever les enfants.
    J’ai trouvé ça merveilleux comme toutes les femmes de marins que je fréquentais que ce soit en haut ou en bas de la hiérarchie dans le bateau.
    Nous étions des femmes libres !
    Et je ne vous parle pas pas de la manière dont nous étions traitées lors de nos voyages sur ces bateaux.
    En rien des ringardes , des esclaves ou autres conneries dans le genre.

  12. Magicien dit :

    ” Quelle femme voudrait aujourd’hui être « femme au foyer » ? Aucune ! ”

    Et bien, j’en connais au moins une : la mienne.
    Pour ne plus se taper 2 heures de RER tous les jours, un boulot sous payé pour le temps passé, des collègues abruties, des problèmes d’ intestins, parcequ’elle n’a même pas le temps d’aller aux toilettes quand elle en a envie – désolé pour la trivialité – renter le soir crevée et faire les devoir de notre fille, être trop crevée le soir pour avoir envie d’un gros câlin… voilà pourquoi !
    Seulement quand un salaire ne suffit plus parcequ’on est pressuré de partout, il faut bien, en plus de la maison et du reste, aller au turbain pour faire vivre sa famille.
    J’en connais beaucoup, moi, qui aimeraient être femme au foyer si elles en avaient le choix, contrairement aux fantasmes des bourgeoises féministes de la gauche caviar qui n’ont même pas idée de ce que signifie aujourd’hui la condition de la femme.

  13. acide dit :

    C’est où qu’on donne des subventions quand on est Artiste Plasticienne?! Dites, ça m’interesse.
    Heureusement que ce texte est à lire avec humour. Je le prends ainsi. Tout n’est pas faux mais…loin d’être totalement dans la vérité malgré tout. Que de clivages, euh finalement trois si j’ai bien compté: les FAF(femmes au foyer), celles qui croient qu’elles sont modernes et qui sont prises pour des connes et les autres, les “bourgeoises intello” qui peuvent se permettrent de penser parce que bien loties….Mama mia! J’espere que personne ne prendra cela au sérieux, ce serait dommage.
    Sinon Bravo, l’ecriture est vive. Super agréable à lire.

  14. Evelyne Rousseau dit :

    dans les années 68-70 le leitmotiv de certains partis politiques était “le travail avilit l’homme”
    aujourd’hui pour les mêmes c’est “le travail libère la femme”
    cherchez l’erreur…….

  15. marcisa56 dit :

    Pour ma part, je connais des femmes au foyer heureuses et épanouies. Elles avaient, avant de se marier, une situation professionnelle qu’elle aimait. Elles ont eu des enfants, et elles assument vraiment le fait d’être mères, de s’occuper de l’éducation de leurs enfants, du suivi scolaire… Ce n’est pas un reproche aux autres femmes qui travaillent et qui le soir retrouvent une vie de femme au foyer, avec leurs enfants. Non. Mais simplement, pour dire qu’il existe des femmes au foyer vraiment épanouies, qui font du sport, qui vont au cinéma, qui ont l’esprit fêtard et qui sont très très loin d’être “coincées”. Merci de penser à elles également ! C’est une réalité. D’ailleurs, je pense que ces “femmes au foyer”, une fois que leurs enfants seront un peu plus grands, voudront reprendre un travail.

  16. Zdeubeu dit :

    Chérie, si tu me lis: Je t’aime !

    (Mon épouse est femme au foyer, pour notre plus grand bonheur familial !)

  17. Alice dit :

    Cet article m’ote les mots de la bouche (ou de la pensée ?).
    J’ai fait les études les plus poussées qui soient dans mon domaine: bac, Ecole Superieure de Commerce, MBA aux USA, travail dans le privé, puis CAPES et donc professeur, et là, depuis quelques années et 2 enfants, je n’ai plus qu’une envie: devenir femme au foyer! Occupation que j’avais toujours naîvement méprisée…. Et là, volte face total. Aucun travail à l’extèrieur n’a le “sens” et la vraie utilité de celui d’une femme au foyer. Je trouve tous les métiers à l’extèrieur de plus en plus stressants, soumis aux restrictions budgétaires dans tous les domaines et par conséquent absurdes, presque vides de sens. Quand je pense que j’avais pitié de ma grand mère femme au foyer qui subissait les moqueries ou critiques de son mari. Ce n’était rien en comparaison avec le fait de plonger dans l’arène d’un collège et de subir bien pire, et ce toute la journée.
    Tout ce dont j’ai envie c’est de me promener dans le jardin regarder pousser mes plantations et pouvoir aller chercher mes enfants à 16h 30 à l’école le coeur léger, afin d’être disponible physiquement mais aussi psychiquement, ce que je ne suis plus depuis des années.
    Merci encore à cet article, je me croyais folle !

  18. Gg dit :

    Et pourquoi ce ne serait pas l’Homme qui pourrait etre au foyer pendant que Mme va travailler ?

  19. Luc hebrard dit :

    REFLEXION
    Dans mon taf je ne travaille qu’avec des femmes et j’ai affaire toute la journée aux femmes à raison de 15 par jour ce qui fait que je dialogue avec 75 femmes environ par semaine et ça depuis 25 ans .Toutes conditions sociles , riches , pas riches , mariéés ,celibataires et crriéristes ,mères au foyer ,chomeuses etc …Je peux seulement vous dire qu’il n’y a pas de mode d’emploi pour le bonheur d’aprés ce que j’entends et lorsque je discute avec ces femmes de France Parisiennes ou Provinciales
    Ce que j’en aie déduit c’est qu’il faut faire un peu plus attention aux personnes qui compose une famille quand on a la CHANCE d’en avoir une et d’arréter de vouloir vivre un bonheur à crédit en voulant tout recevoir et ne rien donner ou si peu …
    A BIENTOT

  20. léa dit :

    Bonjour tout le monde,
    Je tiens à réagir à cet article car je pense personnellement que la vie de femme au foyer n’est pas ce qui est ici d’écrit. Personnellement j’aimerai pouvoir être femme au foyer, pas parce que la vie d’esclave me plait, mais parce que je considère que le métier de mère et épouse à plein temps est un des plus beau métier. Et cela peut être parce que justement seules les femmes peuvent le faire. Après rien empêche de faire quelque chose à coté. Etre femme au foyer ne signifie pas être obliger de rester coincer à la maison sans pouvoir sortir ! Nous pouvons bien évidemment prendre part dans une association, un club de sport, les scouts, nous pouvons écrire des articles, des livres, et surtout nous pouvons continuer de nous instruire. Ensuite nous pouvons l’enseigner à nos enfants. Etre femme au foyer n’est pas dégradant loin de là ! Sur ce, bonne continuation !

  21. Solenn dit :

    Dans votre article, j’ai cru deviner pas mal de caricatures, mais il y en a une qui me touche très personnellement, ma famille l’a vécu.
    Un job ingrat, alimentaire, désagréable, est un boulet attaché au pied : que l’on soit un homme ou une femme. Parce que ce qui est décrit : les conditions de travail déplorables, les collègues exécrables, le salaire médiocre, les trajets, le stress… Il n’y a pas besoin d’être femme pour souffrir de ce genre de travail. La différence c’est que bien des hommes ne se diront pas “allé, j’arrête tout, je reste à la maison pour m’occuper de notre foyer ” (il y en a qui le font, je ne le nie pas, mais pas en même proportion que les femmes).

    Ensuite, j’ai toujours trouvé (peut être naïvement) qu’on pouvait travailler et être femme/homme au foyer. Car, que l’on travaille ou pas, il faut bien toujours s’occuper de la maison, des enfants, faire vivre le foyer. Salariée, on n’en est pas moins mère et épouse. Et très souvent, les femmes au foyer qui ne “travaillent” pas, ont en fait une activité (très souvent associative, caritatives, des secteurs créateurs de lien social, des secteurs qui s’occupent de la jeunesse…) aussi prenante qu’un travail salarié.

  22. Lalali dit :

    C’est absolument vrai que les féministes ont beaucoup abusé et que le discours dominant dégradé a rendu le fait d’être femme au foyer presque analogue à une insulte. Mais de l’autre côté, je pense que certaines femmes ont aussi envie de travailler et que ça les épanouit. Un job alimentaire, ça ne concerne pas que les femmes, ça concerne aussi nombre d’hommes. Mais pour eux aussi, être au foyer est “dégradant”, tout autant voir plus. L’important est de pouvoir choisir. Et d’arrêter de stigmatiser l’un ou l’autre. Une amie m’a dit récemment : en fait moi, je pense qu’être femme au foyer ça me plairait bien. Et je la voyais très bien dans ce rôle. Je sais qu’une autre amie quant à elle ne peut pas ne pas travailler : elle a de l’ambition, elle veut aller loin et a beaucoup de projets. Le seul obstacle est le problème de la crise économique, et de la dégradation des conditions de vie. On a eu de meilleures conditions pendant les Trente glorieuses, mais souvenez vous qu’au XIXè et avant, les femmes des classes populaires (aussi bien chez les ouvriers que chez les paysans) n’étaient jamais des femmes au foyer car elles ne le pouvaient pas (je ne vous raconterai pas les bébés emmenés aux champs dévorés par des bêtes ou victimes d’autres accidents mortels).
    Peut être aussi on pourrait penser à avoir moins mais vivre mieux en famille, ce n’est pas faux.

  23. Agnès dit :

    Très intéressant de vous lire (vous toutes et vous tous). J’ai arrêté de travailler pour profiter de mes enfants et ainsi leur consacrer du temps. C’est un choix raisonné, accepté et encouragé par mon mari. J’ai vu grandir mes enfants et suis restée toujours disponible et épanouie, toute la famille en a profité. L’aspect financier a bien entendu été à considérer… Malheureusement il devient aujourd’hui difficile de faire comprendre à ceux et celles (principalement les femmes dites “actives”) que “mère au foyer” reste toujours et avant tout un choix pour la famille (n’en déplaise aux féministes et aux carriéristes…).

    • Solenn dit :

      Si vous avez pu vivre votre vocation de mère au foyer librement, comme un choix, c’est une excellente chose pour vous, Agnès. Et je souhaite de tout mon cœur que chacun ait la même possibilité. Mais très souvent, les aléa économiques font que, bien souvent, les deux conjoints travaillent par nécessité. Et lorsque l’un des deux s’arrête, c’est souvent pour les mêmes raisons. Combien de mère ou père au foyer l’ont été sur une courte période à cause du chômage ? De la même manière, combien de père ou de mère souhaiteraient rester chez eux et tenir leur foyer, élever leurs enfants en toute sérénité, mais ne le peuvent parce que contraints par des bas salaires de travailler tous les deux ?
      Un vrai “féminisme” consiste ici à défendre avant tout la possibilité de choisir : choisir de travailler ou choisir d’être femme au foyer.

  24. Arwen dit :

    Il existe en effet deux facteurs qui s’opposent à un choix véritable pour les mamans me semble t il: d’une part le facteur économique, bien sûr.
    Mais aussi le facteur “social” et par là, j’entends le fait que la femme au foyer n’est généralement considéré que comme une citoyenne de seconde zone, voire carrément une crétine. Mais çà, vous le saviez déjà. Mais j’entends aussi par “facteur social” un manque de transmission et d’éducation au rôle de mère au foyer. Hé oui, c’est censé être naturel, facile, ancré dans les gènes et tout et tout de s’occuper de sa progéniture, sauf que dans la réalité, je connais pas mal de filles qui sont débordés par ce quotidien (alors qu’elles géraient très bien leur carrière de cadre sup qq mois ou années avant).
    Personne ne leur a appris ce drôle de métier et certaines se réfugient donc dans le travail par peur. Oui oui, vous avez bien lu, par peur. Peur de ne pas y arriver, de devenir une harpie sans patience, credo, à bout… Bref, à force de dévaloriser le rôle de mère au foyer, la société crée des femmes qui n’ont plus confiance en leurs capacités à assurer ce rôle. Dommage….

  25. Katy dit :

    Si c’est possible financièrement, pourquoi les gens n’envisagent jamais que, et le mari et la femme, travaillent tous les deux mais à mi-temps? En Belgique où je vis, deux salaires mi-temps sont beaucoup plus intéressants financièrement qu’un seul salaire plein temps (grâce à la possibilité d’un complément chômage). De cette façon, ça donne une image plus égalitaire du couple aux enfants, les deux conjoints peuvent jouir des points positifs et négatifs des deux formules.

Un truc à dire ?